Dreamforce, lieu incontournable du futur technologique des entreprises

Marc Benioff, patron de Salesforce, a fait de Dreamforce un rassemblement incontournable du secteur technologique. ©Bloomberg

Initié par le fondateur de Salesforce, le salon Dreamforce à San Francisco est rehaussé par la présence de Barack Obama et de Tim Cook. Entre innovation, business et conscience sociétale, plongée au cœur de l’une des plus grandes conférences technologique au monde.

Une bénédiction amérindienne résonne dans le Moscone Center bondé de San Francisco. ça y est, l’un des plus grands événements Tech de la planète peut officiellement débuter. Tim Cook, Barack Obama et Emilia Clarke sont les stars de cette année mais la véritable étoile, c’est Marc Benioff et son entreprise Salesforce. Le gourou américain a fait de cet événement local et initialement dédié à ses équipes lors de son lancement en 2003, un rassemblement incontournable du secteur technologique. 170.000 participants, 13 millions de spectateurs en ligne, 2.700 sessions sur 3 jours, les chiffres de l’édition 2019 donnent le vertige.

Durant 3 jours, toute la ville est parée de bleu, la couleur de Salesforce. Les routes sont fermées, l’aéroport de San Francisco voit défiler des "trailblazers" (les membres de la communauté de Salesforce) durant toute la semaine et la ville vit au rythme des pas pressés des participants et de leur cri de rassemblement aussi perturbant qu’agaçant.

On a parfois plus l’impression d’être dans un festival de musique que dans une conférence technologique. Dreamforce tente de perpétuer cette tradition des grandes fêtes qui ont fait la renommée de la Silicon Valley.

Des clients devenus adeptes d’une communauté

Mais il ne faut pas se méprendre, la raison principale de la présence des 170.000 participants est professionnelle. La plupart d’entre eux sont des clients de Salesforce comme 150.000 entreprises à travers le monde et sont là pour apprendre et développer leur business. Plus précisément, améliorer leur relation avec leurs clients, le cœur du business initial de Salesforce.

170.000 participants
Avec 170.000 participants à son édition 2019, Dreamforce est devenue l’une des plus importantes conférences technologique au monde.

Le tour de force de l’entreprise californienne est d’avoir réussi à faire de ses clients des adeptes d’une communauté, une grande famille comme seules les entreprises technologiques américaines sont capables de le faire. Une communauté qui joue son rôle d’ambassadeur dans le monde entier pour évangéliser les entreprises et les profils digitaux.

En Belgique, Salesforce n’a pas la renommée qu’elle possède aux Etats-Unis, en tout cas au niveau du grand public. Ici à San Francisco, le nom de l’entreprise californienne est synonyme de rêve américain et d’exemple à suivre.

Chez nous, la centaine de commerciaux belges doivent encore longuement expliquer le but de leur appel lors de leurs démarches commerciales. Pourtant, deux tiers des entreprises du Bel20 sont des clients de Salesforce. L’entreprise se refuse à dévoiler les chiffres précis de ses revenus belges et les noms de ses clients. On sait simplement que des Proximus, Engie, AB InBev ou Barry Callebaut sont des fidèles de la marque au nuage bleu.

L’homme au nuage bleu

Derrière Salesforce, c’est l’histoire d’un homme: Marc Benioff. Devenu un véritable gourou pour certains avec ses best-sellers, entrepreneur mégalo pour d’autres, il a ouvert en grande pompe cette édition 2019 de Dreamforce, événement à la gloire des services de son entreprise.

Son show à l’américaine bien rodé a pourtant été interrompu à plusieurs reprises par des activistes critiquant le récent contrat signé entre Salesforce et la police aux frontières américaines. La signature de ce contrat a valu à Salesforce une grosse polémique ces derniers mois et sa communauté qu’il chérissait tant s’est exprimée pour dénoncer le non-respect des valeurs de l’entreprise. Car pour Salesforce, les valeurs c’est essentiel. On vous le répète à longueur de journée ici.

Au-delà des valeurs que l’ensemble des participants revendiquent, ils viennent surtout à San Francisco pour être inspirés et parler innovation. En s’aventurant dans les nombreuses sessions thématiques on découvre comment l’intelligence artificielle va devenir le moteur de l’hyperpersonnalisation du parcours d’achat d’un client, comment la masse de données récoltées par les entreprises peut être utilisée pour faire décoller ses ventes ou l’impact de l’utilisation des senseurs dans l’industrie, la technologie étant rarement dissociée du business. On y débat aussi de l’impact sociétal des entreprises technologiques et leurs responsabilités, thématique transversale tout au long de la semaine sur laquelle s’est positionné depuis longtemps Salesforce sous l’impulsion de son maître à penser, Marc Benioff.

Barack Obama en guest star

Avec cet événement, Salesforce a réussi ce que beaucoup de marques rêvent de faire: se positionner comme fournisseur de contenu, une organisation de changement. Et non plus comme une simple entreprise identifiée sur base de ses produits. Un tour de force qui lui confère aujourd’hui un statut spécial au sein de la Silicon Valley et lui évite la défiance récente qu’ont pu connaître des sociétés sœurs comme Facebook, Apple ou Twitter.

Pour assurer sa stature et asseoir son positionnement, Salesforce a choisi l’ex-président américain Barack Obama pour clôturer son événement et officialiser le statut d’incontournable de l’entreprise au nuage bleu qui n’en finit plus de grandir et d’étendre son champ d’activité.

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