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Ecco Nova, le crowdlending durable qui veut remettre l'épargne au travail

©BELGA

La start-up liégeoise se pose en alternative éthique et rentable à l’épargne. Après une incursion aux Pays-Bas, Ecco Nova cible la France et l’Allemagne pour son développement futur.

Il n’y a pas que NewB dans la vie. Alors que l’arrivée tonitruante de la banque éthique belge a replacé l’investissement durable au centre des préoccupations citoyennes, d’autres alternatives émergent.

Pour le financement de projets dans les énergies renouvelables et l’immobilier durable, les Liégeois d’Ecco Nova ont déjà fait leurs preuves. Ici, l’initiative prend la forme d’une plateforme de crowdlending, fonctionnant sur le principe du financement participatif.

La différence avec le crowdfunding? "Avec Ecco Nova, les citoyens prêtent de l’argent pour financer un projet. Ils ne deviennent ni coopérateurs, ni actionnaires. Ils sont créanciers et on leur permet d’avoir une visibilité très claire sur les conditions d’entrée et de sortie de leur prêt", explique Pierre-Yves Pirlot, cofondateur de la plateforme.

Une communauté d’investisseurs

En quatre ans d’existence, Pierre-Yves Pirlot et Quentin Sizaire, les deux cofondateurs de 35 ans d’Ecco Nova, en sont à 25 projets financés, pour plus de 12 millions d’euros levés, en Belgique et aux Pays-Bas.

"Les citoyens sont invités à prêter de l’argent à des projets durables et rentables. Cela comprend des installations photovoltaïques, des éoliennes, des installations de cogénération et biomasse mais également, depuis un an, des projets immobiliers à haute qualité énergétique."
Pierre-Yves Pirlot

La recette du succès réside dans la capacité de l’entreprise à se créer une communauté de citoyens-investisseurs. "Les citoyens sont invités à prêter de l’argent à des projets durables et rentables. Cela comprend des installations photovoltaïques, des éoliennes, des installations de cogénération et biomasse mais également, depuis un an, des projets immobiliers à haute qualité énergétique", détaille Pierre-Yves Pirlot. "Aujourd’hui, nous sommes forts d’une communauté d’investisseurs citoyens de près de 5.000 personnes en Belgique et 2.000 aux Pays-Bas", ajoute-t-il.

Quentin Sizaire et Pierre-Yves Pirlot, deux ingénieurs liégeois de 35 ans, ont fondé Ecco Nova en 2016. ©Ecco Nova

À titre d’exemple, en septembre dernier, la plateforme d’Ecco Nova a permis de financer la plus grande installation de panneaux photovoltaïque sur toit en Belgique, sur le site d’ArcelorMittal à Gand. Lors de cette campagne, 1 million d’euros a été levé sous forme de prêts participatifs, dont 30% ont été contractés par les employés d’ArcelorMittal.

Réveiller l’argent qui dort

En plus des citoyens directement concernés par les projets listés (les riverains d’un projet, les employés d’une usine, etc.), Ecco Nova entend bien élargir son public cible à tous les épargnants déçus. Comme le rappelle Pierre-Yves Pirlot, "Il y a 274 milliards d’euros qui dorment aujourd’hui sur les comptes des belges alors même que la BCE fournit plein de liquidités."

De l’argent qui dort donc et, couplé aux objectifs de durabilité de plus en plus recherchés par les investisseurs, une opportunité pour l’entreprise liégeoise. "Il y a une réelle place pour faire de nouveaux investissements, en répondant, par la même, à la demande d’avoir un système financier plus transparent", ponctue-t-il.

"Ecco Nova, ce n’est ni un compte épargne, ni la ‘Sicav à Papa’."
Pierre-Yves Pirlot

Évidemment, qui dit prêt dit risque. "Ecco Nova, ce n’est ni un compte épargne, ni la ‘Sicav à Papa’", insiste Pierre-Yves Pirlot. Le principal risque réside dans le fait que, chez Ecco Nova, les prêts sont subordonnés aux prêts des banques. Ce qui signifie qu’en cas de problème, les banques seront remboursées en premier. "Le risque est rémunéré par un taux moyen brut de 5% sur les prêts réalisés. Nos analyses de risques sont également publiques", expose-t-il encore.

Pour 2020, Ecco Nova entend bien doubler le montant levé en 2019 (qui était déjà quatre fois supérieur à celui de 2018). Sept projets sont programmés pour le premier trimestre 2020, en plus du financement du complexe de la Havette, actuellement en cours, qui a déjà récolté près de 920.000 euros sur l’objectif visé de 2 millions.


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