Ecover forcé de défendre en justice sa bouteille en "plastique des océans"

©Dries Luyten

Un concurrent d’Ecover l’a attaqué en justice, estimant que les publicités concernant sa nouvelle bouteille à liquide vaisselle étaient trompeuses. Ecover a gagné par deux fois.

En lançant "Ocean Bottle", une bouteille de produit vaisselle composée à 50% de plastique récupéré dans la mer, Ecover ne savait pas qu’il devrait affronter la concurrence devant les cours et tribunaux. En effet, après avoir perdu en première instance, la société Werner & Mertz, qui commercialise notamment du produit vaisselle sous la marque Froggy, a remis le couvert devant la cour d’appel de Bruxelles. Le producteur de Froggy estime que la publicité faite par Ecover pour mettre en avant son nouveau modèle de bouteille pour liquide vaisselle est trompeuse et mensongère. Il vise plus particulièrement l’affirmation selon laquelle la nouvelle bouteille contiendrait 50% de plastique récupéré dans les océans.

Origine du plastique

Le premier juge, estimant que le consommateur moyen n’avait pas de connaissances techniques suffisantes susceptibles de l’amener à prendre une décision commerciale qu’il n’aurait pas prise autrement, avait rejeté la demande de cessation introduite par Werner & Mertz.

Le consommateur moyen n’a pas changé son comportement en fonction des publicités.

En appel, le producteur du produit de vaisselle Froggy a remis le couvert, estimant entre autres que le plastique composant la nouvelle bouteille d’Ecover n’était pas ramassé dans les océans, mais bien collecté sur les plages, les rivages, les voies navigables et les alentours de la baie de Guanabara, à Rio de Janeiro. En outre, Froggy a également soutenu qu’une telle récolte de plastique dans les océans était quasiment impossible, le plastique étant endommagé par le sel marin, le soleil, les frottements dus au mouvement de l’eau ou des grains de sable. Pour Froggy, ces différents éléments devraient entraîner des coûts de recyclage beaucoup trop élevés.

©doc

Devant la 9e chambre de la cour d’appel de Bruxelles, Werner & Mertz a estimé qu’un consommateur moyen sera plus influencé par la proposition d’une bouteille composée de plastique ayant directement été récupéré dans les océans car il aura l’impression de collaborer, via l’achat de cette bouteille, au nettoyage des océans dont aucun État ne se charge et dont seules les œuvres collectives pourront venir à bout, peut-on encore lire dans cet arrêt rendu juste avant l’été.

Tout comme ce fut le cas en première instance devant le tribunal de l’entreprise du Brabant wallon, les juges de la cour d’appel ont décidé de ne pas suivre cette thèse. Ils ont notamment estimé que les allégations incriminées n’étaient pas susceptibles de modifier le comportement économique du consommateur.

La bouteille en question, a précisé Ecover, est inspirée de "la nature, qui a su s’adapter et créer les meilleurs designs", raison pour laquelle la bouteille reproduit la structure du plancton afin, précise Ecover, de réduire les quantités de plastique utilisé. En l’occurrence, l’Ocean Bottle nécessiterait 15% de plastique en moins que les bouteilles traditionnelles, une affirmation contestée par Froggy. Là également, les juges de la cour d’appel ont estimé ne pas avoir d’éléments en leur possession leur permettant de conclure que cette allégation portant sur les 15% de plastique en moins était fausse. Les juges ont donc rejeté la demande de Froggy, et Ecover peut continuer à écouler sa bouteille en forme de plancton.

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