interview

"Essaouira me rappelle mon enfance" (Salvatore Curaba)

©BELGA

L’Echo vous emmène cet été à la découverte de villes du monde entier à travers les yeux de dirigeant(e) s d’entreprises en vue. Aujourd’hui, Essaouira par Salvatore Curaba.

Comme Salvatore Curaba est un boulimique de travail, il tente régulièrement de déconnecter, au moins en partie, de son environnement quotidien fait de stress, contrats et passion pour l’entreprenariat.

En Belgique, il mange, respire et vit pour son entreprise de services informatiques, Easi, et depuis quelques années pour le club de la Louvière qu’il préside avec fierté. Deux postes qui occupent l’homme à plein-temps, voire plus. Ces journées se déroulent donc entre le zoning de Nivelles où se situe le siège d’Easi et la cité des loups, sa ville d’origine. Il y a même ouvert un restaurant il y a moins d’un an, une excuse pour pouvoir y passer plus de temps. Un tel rythme de travail appelle des périodes de repos fréquentes.

Pour se ressourcer, l’ancien joueur de football du Sporting de Charleroi a choisi Essaouira, au Maroc, où il a posé ses valises depuis plusieurs années. "À chaque fois que j’y vais, j’ai l’impression de faire un retour dans mon passé. Cela représente beaucoup d’émotion pour moi."

©doc

Quand il évoque Essaouira, Salvatore Curaba en parle effectivement avec beaucoup d’émotion, et pour cause: "Essaouira c’est un dépaysement total, mais qui bizarrement me rappelle mon enfance. Cette partie du Maroc a réveillé en moi des souvenirs de vacances d’enfance en Sicile. Les gens qui partent à dos d’âne au milieu des champs d’oliviers, la terre aride, certaines odeurs. Des images qui étaient gravées en moi et qui inconsciemment m’ont fait aimer cet endroit dès que nous y sommes arrivés avec ma femme la première fois."

  • Ses lieux préférés 

L’Océan Vagabond - "Idéal pour admirer le coucher de soleil en sirotant un cocktail maison. Le point de rendez-vous des expatriés d’Essaouira."

Caravane Café - "Restaurant atypique. Un incontournable de la médina où se mélangent artistes, entrepreneurs et bonnes fourchettes."

  • Ce qu'il aime

La météo exceptionnelle - "La météo est incroyable dans la région. Il ne fait jamais trop chaud grâce aux courants marins et la proximité avec l’Atlantique. Et jamais trop froid. Et cela à n’importe quelle période de l’année."

  • Ce qu'il aime le moins

Les déchets qui jonchent le bord des routes - "Cela va mieux qu’il y a 10 ans, mais cela reste un problème majeur."

Il a décidé de faire construire un peu en dehors de la ville, sur les bordures du Golfe de Mogador qu’il affectionne particulièrement. Grand amateur de green tondu à la perfection, il n’a pas eu de mal à se décider pour un terrain en bordure du 18 trous local. Face à la mer et l’île de Mogador, le loup aime voir au loin. Tableau poétique et relaxant au possible, il ne s’en lasse pas. "J’y vais tous les deux mois environ, c’est devenu une bonne habitude avec les années."

L’endroit respire la quiétude et la relaxation, mais le serial entrepreneur ne déconnecte jamais réellement. "Je travaille non-stop parce que je ne peux tout simplement pas m’en empêcher, je suis un addict." Il est en connexion constante avec la Belgique pour opérer le suivi de ses différentes activités. Actuellement en plein mercato avec son club de football de La Louvière, il ne peut pas se permettre de s’éloigner de son téléphone et de sa pile de contrats.

À l’aube des 20 ans d’Easi, son entreprise spécialisée dans les logiciels informatiques B2B, il pense à l’après mais est toujours bien impliqué dans le présent. Alors dès qu’il le peut, il fait sa valise et décolle avec son épouse vers leur petit coin de paradis.

Jamais loin du business

Amoureux de la ville et de ses alentours, il est aussi systématiquement surpris par l’attitude des locaux. "Ce qui me frappe à chaque passage, c’est l’extrême gentillesse des gens. On est tellement à l’opposé des standards que nous connaissons dans nos sociétés occidentales à ce niveau-là, c’est bluffant." Une manière d’appréhender les relations sociales qu’il rêve de pouvoir appliquer au sein des sociétés qu’il dirige.

Le récent tournage de certaines scènes de la série événement "Game of Thrones" a fait naître un nouveau potentiel touristique pour les opérateurs locaux.

Anciennement baptisée Mogador par les Portugais, célèbre pour ses remparts, Essaouira est une ville à part au Maroc. Ayant été un port international et la capitale diplomatique du pays, il s’en dégage une fierté et un esprit international. Cet esprit se manifeste aujourd’hui par les touristes de passage et les expatriés qui peuplent la ville et ses alentours. Le récent tournage de certaines scènes de la série événement "Game of Thrones" a fait naître un nouveau potentiel touristique pour les opérateurs locaux.

Le tourisme est en plein essor dans la région, mais il est majoritairement exploité par des expatriés. De nombreux Belges et Français ont fait le même choix que Salvatore Curaba et certains ont poussé l’aventure jusqu’à ouvrir une entreprise sur place. Lui n’a pas encore franchit le pas, mais il fait partie d’une petite communauté d’entrepreneurs qui se retrouvent régulièrement dans les endroits branchés de la ville.

Ensemble, ils ont créé un fonds d’investissement pour soutenir l’entreprenariat local. "Le but est de soutenir et aussi coacher des entrepreneurs de la région, c’est aussi une manière d’être plus impliqué dans la vie locale." Une initiative qui sera complètement opérationnelle dans les prochaines semaines et financera des projets innovants avec comme principal critère l’ancrage local de l’activité et de son entrepreneur. Comme quoi, avec Salvatore Curaba, le business n’est jamais loin.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés