Game over pour les 123 magasins de Mega World (ex-Blokker)

En février 2020, les magasins belges et luxembourgeois Blokker avaient été repris sous la marque Mega World par le Néerlandais Dirk Bron. ©BELGA

Le tribunal de l'entreprise de Malines a prononcé la faillite de Mega World. 650 personnes se retrouvent ainsi sans emploi.

Le tribunal de l'entreprise de Malines a prononcé mardi la faillite de la chaîne de magasins Mega World (ex-Blokker), a indiqué l'administrateur provisoire Thierry Lammar.

Cette faillite n'est pas une surprise. L'entreprise a plus de 40 millions d'euros de dettes et avait demandé un plan de réorganisation judiciaire, rejeté précédemment par le tribunal de l'entreprise et par la cour d'appel d'Anvers, car les prévisions de bénéfices avaient été jugées irréalistes. Au total, 123 magasins n'ouvriront donc plus leurs portes et environ 650 personnes perdent leur emploi.

"Connaissant le passé de M. Bron et les dettes qu'il a gardées, nous n'étions pas dupes."
Christophe Bouvier
Délégué syndical de la SETca

Le tribunal a désigné les deux administrateurs provisoires, Thierry Lammar et Kristin Van Hocht, comme curateurs.

Une faillite attendue

Bien qu'attendue, la nouvelle est un coup dur et laisse un goût amer au personnel, selon le délégué syndical Christophe Bouvier, de la SETca. "La société a eu de nombreux propriétaires et certains étaient de bonne volonté. Ils ont essayé de redresser la barre plusieurs fois mais ça n'a pas suffi. Même si les travailleurs s'y attendaient, ils sont sous le choc. Connaissant le passé de Dirk Bron et les dettes qu'il a gardées, nous n'étions pas dupes", a-t-il ajouté.

40
millions d'euros
C'est la dette de Mega World.

En février 2020, le Néerlandais Dirk Bron avait repris les magasins belges et luxembourgeois Blokker sous la marque "Mega World". Ces magasins étaient déjà dans le rouge depuis quatre ans. Mais très vite, des doutes sont apparus sur la capacité du nouveau propriétaire à redresser la situation. Et la crise du Covid n'a rien arrangé. Les magasins belges et luxembourgeois restent dans le rouge avec des pertes de 2 à 4 millions d'euros par an pour la maison mère. Et l'entreprise a des dettes en matière de TVA, précompte professionnel et cotisations de sécurité sociale.

Pour Christophe Bouvier, la faillite est en grande partie due à la mauvaise gestion de Dirk Bron. "Nous l'avons rencontré plusieurs fois en lui demandant quel serait son plan de relance mais jamais rien n'a été mis sur la table. Les magasins n'étaient jamais approvisionnés et les livraisons n'arrivaient pas. Il était là pour faire du bénéfice rapidement, à court terme, et c'est tout."

Peut-être des possibilités d'avenir

"Qui sera le repreneur? Pour quel avenir ? Pour qui ? Sans doute pour les travailleurs les plus rentables."
Anne-Marie Dierckx
Déléguée syndicale de la CNE

Selon l'avocat Thierry Lammar, désigné curateur, il reste encore une lueur d'espoir pour l'avenir d'une partie des magasins. "Au cours de notre mandat d'administrateurs provisoires, nous avons noté l'intérêt de 2 ou 3 entreprises envisageant un redémarrage partiel. Nous allons à présent renouer ces discussions et travailler à une telle perspective d'avenir, mais bien entendu, leur sort ne repose pas seulement entre nos mains", a expliqué Thierry Lammar à Gondola, le magazine spécialisé dans la grande distribution.

Pour Anne-Marie Dierckx, beaucoup de questions se posent. "Qui sera le repreneur? Pour quel avenir et pour qui ? Sans doute pour les travailleurs les plus rentables." Même son de cloche du côté de la SETca : "Ils privilégieront les quelques magasins les plus rentables et les travailleurs qui coûtent le moins cher."

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