Garder ses salariés reste un défi pour les employeurs

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L'étude menée par Acerta au début du mois indique que six entreprises sur dix craignent de voir leurs bons salariés partir en 2020.

Des salariés qui quittent l'entreprise, des travailleurs belges de plus en plus rares face à l'afflux de candidats étrangers... plus que jamais l'emploi reste au coeur de la vie des entreprises avec un constat: six entreprises sur dix craignent en 2020 de perdre de bons travailleurs.

L'étude menée par le spécialiste RH Acerta dans la première quinzaine de décembre auprès de 117 employeurs et directeurs de ressources humaines laisse entrevoir que la pénurie sur le marché de l’emploi ne sera pas résolue en 2020. Et si les employeurs affirment ne pas vouloir voir leurs bons éléments quitter l'entreprise, force est de constater que rien ou peu n'est fait pour les garder.

> Savoir retenir ses salariés

Ils sont 68% à indiquer qu'il est important de lier le personnel à l'entreprise. Mais ils sont 30% à déclarer que mettre en place des mesures de rétention est difficile; 30% d'entre eux reconnaissent donc ne rien faire.

Bien entendu, les options de rémunération jouent toujours un rôle. Mais nous remarquons tout de même que les employeurs sous-estiment l’effet de certains atouts.
Benoît Caufriez
Acerta

Pour Benoît Caufriez, directeur d'Acerta Consult, les mesures de rétention possibles se situent au niveau de la formation, d'entretiens de feed-back, de possibilités d'évolution, de possibilité de mobilité interne, de possibilité d'entreprendre des défis.

"Bien entendu, les options de rémunération jouent toujours un rôle. Mais nous remarquons tout de même que les employeurs sous-estiment l’effet de certains atouts. Prenons par exemple la formation. Ils ne comprennent donc pas toujours qu’offrir les formations adéquates représente également un élément de la politique de rétention."

> Savoir profiter de l'afflux de nouveaux candidats travailleurs

Autre défi: les offres d'emploi sont de plus en plus confrontées à un manque de candidats. Et pourtant, le marché du travail connaît en Belgique un afflux de collaborateurs non belges ou allophones. En soi, cette situation n'est pas un frein. Les employeurs sont même disposés à engager ces travailleurs. "À l’heure actuelle, 32 % des sondés occupent plus de 20 % de non-Belges, de nouveaux Belges ou d’allophones. Mais ces chiffres portent sur les ouvriers. Ce taux est loin d’être atteint pour les employés: 63 % des employeurs occupent moins de 5 % de non-Belges, de nouveaux Belges ou d’allophones."

63%
patrons
63% des employeurs occupent moins de 5% d'employés non-belges, nouveaux Belges ou d’allophones.

Pour Benoît Caufriez, il y a donc une certaine marge de manoeuvre pour pourvoir aux postes vacants d'employés. Néanmoins, il reconnaît que cela passera par le besoin d'apprendre rapidement le français.

> Savoir gérer ses talents

Trouver le bon travailleur reste donc un défi. D'où l'importance de savoir garder sa main-d'oeuvre et de savoir gérer ses talents. "Si les entreprises souhaitent tendre vers une employabilité maximale des travailleurs occupés, elles doivent veiller à ce qu'ils acquièrent des compétences qu’ils n'ont pas encore aujourd'hui en vue de conserver leur employabilité à l’avenir aussi."

Chaque aptitude a une date d'échéance.
Benoît Caufriez
Acerta

On sait que le monde dans lequel on vit évolue. Benoît Caufriez explique donc l'importance de mettre à jour les aptitudes des salariés. "Chaque aptitude a une date d'échéance. La capacité d’être flexible et de s’adapter au changement est une des compétences qui ne cessent de gagner en importance."


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