IBA récompense la loyauté, tout comme FNG, Tessenderlo et Celyad

La société cotée IBA, que préside Yves Jongen (photo), veut récompenser ses actionnaires de long terme, comme le font déjà FNG, Tessenderlo et Celyad. ©Dieter Telemans

Le spécialiste de la protonthérapie adopte à son tour le double droit de vote pour récompenser ses actionnaires de long terme. Et barrer la route aux spéculateurs...

Le fournisseur d'appareils de protonthérapie IBA est une des premières entreprises cotées à faire usage, en Belgique, d'une nouvelle latitude offerte par le Code des sociétés réformé: le double droit de vote. Réunis en assemblée extraordinaire, ses actionnaires ont approuvé ce mercredi la résolution. Désormais, ceux parmi ses actionnaires qui détiennent leurs titres depuis plus de deux ans recevront deux droits de vote par action, contre un auparavant. Condition supplémentaire, il faut que leurs actions soient inscrites au registre de la société (actions nominatives).

L'idée derrière cette mesure est de récompenser les actionnaires loyaux. "L'objectif est d'éviter la spéculation et de donner plus de voix à ceux qui sont là pour longtemps. Car nous voulons développer une stratégie à long terme et être en mesure de la réaliser", explique Thomas Ralet, vice-président d'IBA et responsable de la communication. Sous-entendu: il est plus difficile de travailler sereinement avec des actionnaires qui entrent et qui sortent tout le temps.

"L'objectif est d'éviter la spéculation et de donner plus de voix à ceux qui sont là pour longtemps."
Thomas Ralet
vice-président, corporate communication, IBA

Quatre et bientôt cinq

D'autres sociétés belges cotées ont déjà choisi la même voie. On en a repéré trois: le groupe chimique Tessenderlo, le groupe de mode FNG et la biotech Celyad. Contrairement à IBA qui a attendu 2020 pour le faire, ils ont tous trois saisi l'occasion dès l'an passé. Dans le même but qu'IBA? "Pour récompenser la fidélité des actionnaires à long terme", répond un porte-parole de Celyad.

Une cinquième Belge cotée va soumettre le dispositif à sa prochaine assemblée: il s'agit du groupe de textiles enduits et vêtements techniques Sioen. Son porte-parole nous l'a confirmé ce mercredi.

Ceci dit, le double droit de vote ne plaît pas à tout le monde. Le bureau de défense des minoritaires Deminor a déjà exprimé ses craintes à ce propos. Il reste très attaché au principe "une action, une voix", parce que celui-ci "garantit à chaque actionnaire une parfaite adéquation entre pouvoir de décision et intérêt économique". Certains estiment aussi que dans les sociétés contrôlées par un actionnaire détenant plus de la moitié du capital, le droit de vote double lèse les minoritaires en allégeant encore leur poids relatif lors des votes.

Chez Celyad, les titres conférant le double droit de vote ne représentaient en juin 2019, au lendemain de l'assemblée qui a approuvé son adoption, qu'un peu plus d'un demi pourcent du total.

À l'usage, on prendra sans doute la vraie mesure des avantages et inconvénients du système. Mais dans les sociétés à l'actionnariat éclaté, le risque semble réduit. Ainsi chez Celyad, les titres conférant le double droit de vote ne représentaient en juin 2019, au lendemain de l'assemblée, qu'un peu plus d'un demi pourcent du total.  

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