Ikea se prépare à un futur plus urbain et à des portefeuilles moins épais

©Hannes Hakansson

Jesper Brodin, le CEO d’Ikea, entend préparer le géant suédois de l’ameublement à s’adapter à une clientèle qui a moins d’argent et de temps à consacrer à son intérieur.

L’heure de l’ajustement stratégique se profile pour Ikea. Le géant suédois du meuble en kit se prépare en effet à adapter son offre à un monde toujours plus urbanisé et où le consommateur lambda aura moins d’argent et d’espace à consacrer à son ameublement.

Entré en fonction en septembre dernier, le nouveau patron d’Ikea, Jesper Brodin, veut un groupe plus agile. Fini les plans stratégiques sur cinq ou dix ans, place à une approche triennale mieux adaptée à une société qui se transforme rapidement.

"Durant les trois prochaines années, nous allons renforcer nos ambitions sur nos cœurs de cible, et dans ce cadre, nous allons transformer partiellement notre manière d’aller au-devant de nos clients", explique Jesper Brodin.

Le géant suédois, qui emploie aujourd’hui 194.000 salariés dans 412 magasins pour un chiffre d’affaires de plus de 38 milliards d’euros, a déjà amorcé l’évolution de son modèle. Après avoir multiplié les immenses paquebots jaune et bleu dans les périphéries, Ikea cible à présent les centres-villes, où il implante des magasins plus petits pour se rapprocher davantage du client.

À ce jour, une bonne douzaine de ces surfaces moyennes ont déjà été installées dans des villes comme Paris, Londres ou Copenhague.

"Nous avons un plan financier qui prévoit des investissements dans les bas prix. Cela reste la priorité numéro un."
Jesper Brodin
CEO d’Ikea

Avec ces magasins recentrés, le développement du commerce en ligne et l’amélioration du service de livraison à domicile, Jesper Brodin espère entrer quasi directement dans le living des clients. Les grands magasins ne sont pas abandonnés, mais d’autres priorités ont désormais la préséance.

"Nous devons réfléchir aux choix des lieux où nous ouvrirons nos grands magasins et investir beaucoup dans les centres urbains, puis étendre ce programme dans les grandes villes où nous sommes présents avant de s’attaquer à l’ensemble du marché", souligne le CEO d’Ikea.

Le géant suédois du meuble en kit n’entend pas pour autant abandonner la ligne de conduite "low cost" de son fondateur, Ingvar Kamprad, décédé en janvier dernier. "Nous avons un plan financier qui prévoit des investissements dans les bas prix. Cela reste la priorité numéro un", dit Jesper Brodin.

Les coûts engendrés par les efforts d’expansion du groupe ont entraîné l’an dernier un reflux de 33% du bénéfice opérationnel, ramené à 3 milliards d’euros.

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