Il manque au moins 8.000 chauffeurs de camion en Belgique

A l’heure actuelle, un chauffeur sur trois a plus de 50 ans. Le métier "le plus gris de Belgique". ©Kristof Vadino

Le manque de chauffeurs de poids lourd pèse sur la croissance belge. Pour le secteur, il s’agit donc de convaincre que le métier peut s’avérer plus intéressant qu’il n’y paraît.

Alors que de plus en plus de marchandises sont expédiées en Belgique avec le boom de l’e-commerce, le manque de chauffeurs de camion devient un problème de plus en plus criant. Selon les chiffres compilés par la Fédération belge de l’Automobile et du Cycle (Febiac) et de Transport Logistiek Vlaanderen (TLV), dont L’Echo a pris connaissance, près de 8.000 emplois seraient vacants dans le secteur.

Les chiffres se basent sur les offres d’emploi du VDAB: (5.439 postes vacants), du Forem (2.510 postes vacants) et d’Actiris (8 postes vacants). Le secrétaire général de TLV, Lode Verkinderen pense même que ces estimations sont peut-être trop basses car beaucoup d’annonces ne sont même plus publiées, car on sait pertinemment que l’on ne trouvera pas les candidats requis.

Pertes économiques

Ce manque de chauffeurs a un impact négatif sur la croissance économique, on en est persuadé chez TLV. "Nous sommes certains qu’en raison des emplois qui ne trouvent pas preneur en Belgique et dans les pays limitrophes, certaines marchandises ne peuvent pas être livrées aussi vite que prévu et que ça impacte la croissance économique", estime Lode Verkinderen, secrétaire général chez TLV.

"Nous sommes certains qu’en raison des emplois qui ne trouvent pas preneur en Belgique et dans les pays limitrophes, certaines marchandises ne peuvent pas être livrées aussi vite que prévu et que ça impacte la croissance économique."
Lode Verkinderen
secrétaire général chez TLV

La Febiac et TLV, qui lancent le salon We Are Transport au Palais 5 du Heysel ce vendredi jusqu’à dimanche, essayent donc de convaincre que le métier de chauffeur peut être attractif. Un métier qui, selon le secteur, peut être plus intéressant qu’il n’y paraît, avec des salaires nets qui peuvent atteindre facilement plus de 2.000 euros par mois sans avoir fait l’université. "Chauffeur peut rester un métier intéressant. Ce n’est pas comme travailler à l’usine où l’on a un patron sur le dos à longueur de journée. Chaque jour est différent et constitue en quelque sorte une nouvelle aventure", défend ainsi Joost Kaesemans, directeur de la communication à la Febiac.

"Il y a des zones en Belgique où il n’y a presque plus de chômage. Certaines professions sont plus attractives que d’autres, parfois à juste titre, parfois à tort. À nous de faire comprendre en quoi consiste le métier de routier", pointe Verkinderen.

Menace autonome

Il y a à l’heure actuelle 52.360 chauffeurs de camion salariés en Belgique, soit une progression de 8% sur les dernières années. Le métier est en train de changer car la concurrence internationale est passée par là, si bien que le métier devient de plus en plus focalisé sur le transport intrabelge. "Force est de constater que par rapport au début du siècle où les Belges étaient les rois de la route, nous avons perdu la croissance dans le secteur de la longue distance", avoue Verkinderen.

Pour les chauffeurs, ce n’est pas toujours possible de faire un 9h-16h, mais beaucoup "dorment chez eux la nuit."

La question est néanmoins de savoir s’il sera encore facile et légitime d’attirer des jeunes dans ce métier, dans la mesure où l’on prédit l’arrivée du camion autonome dans 10 à 15 ans. D’abord, il convient de dire que l’autonomisation des camions arrivera en deux temps. D’abord, les camions autonomes arriveront sur les grands axes routiers et, seulement plus tard, ils pourront circuler de manière autonome dans les villes. "Dans l’état actuel de la technologie et de la législation, il y a une très grosse différence entre un camion autonome et un camion sans chauffeur", insiste le secrétaire général de TLV

La Febiac et TLV indiquent que les tâches annexes, comme le chargement et le déchargement, devront encore être effectuées même avec des camions autonomes. "On peut leur garantir un métier pour 10 à 15 ans. Très peu d’employeurs peuvent garantir un emploi pendant aussi longtemps. Mais on ne cherche pas que des jeunes mais aussi des gens en cours de carrière, qui veulent se réorienter", détaille Lode Verkinderen.

La dynamique du nombre d’emplois proposé va en tout cas continuer, car à l’heure actuelle, un chauffeur sur trois a plus de 50 ans. Le métier "le plus gris de Belgique".

Autant de problématiques qui animeront le secteur lors du salon de vendredi "We Are transport", premier du nom. En 2017, Febiac organisait son salon Truck And Transport. Il accueillait déjà 30.000 visiteurs presque exclusivement B2B, de quoi donner l’importance du secteur pour la Belgique et son économie.

Il y a à l’heure actuelle 52.360 chauffeurs de camion salariés en Belgique, soit une progression de 8% sur les dernières années. ©Kristof Vadino

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