Indemnités Nethys: des personnalités politiques au courant?

©BELGA

Des personnalités politiques ont assisté aux réunions "litigieuses" du comité de rémunération de Nethys, selon le Vif. Elles nient avoir discuté des indemnités.

Les noms de quatre personnalités politiques liégeoises sont citées dans un rapport du comité de rémunération de Nethys datant de juin 2020, révèle Le Vif ce jeudi. Deux représentants du PS, Jean-Claude Marcourt et Jean-Pierre Hupkens, ains que deux du MR, Daniel Bacquelaine et Pierre-Yves Jeholet, figurent en effet dans ce document, l'hebdomadaire y voyant la confirmation de l'existence de "mains invisibles" dans le dossier Nethys.

Le 4 juin 2020, les anciens dirigeants de Nethys, Pierre Meyers, François Fornieri et Jacques Tison, couchent sur papier les noms de ces quatre "mains invisibles" dans un rapport du comité de rémunération (CNR) relatif aux "indemnités versées aux membres du comité de direction". Selon ce document, deux réunions se sont tenues en présence de ces quatre personnalités, les 21 décembre 2018 et 14 janvier 2019 à Liège.

Le sort du management "abordé"

Le document précise que "les processus de privatisation des activités concurrentielles ont été abordés et confirmés". Autrement dit, un an et demi après la publication du rapport de la commission d'enquête parlementaire Publifin, qui réclamait la cession des activités concurrentielles de Nethys, le point a été fait pour accélérer la cadence, écrit Le Vif.

Un autre sujet a, lui aussi, été "abordé et confirmé", selon ce rapport du CNR: "La volonté générale de tenir compte, pour le sort à réserver aux membres du management en place, de l'importante création de valeur économique issue de leur action au profit des actionnaires de l'entreprise."

L'existence de ce document confirme, selon Le Vif, les propos tenus par l'ancien président de Nethys, Pierre Meyers, le 16 septembre 2019: "Nous avons tenu informés des progrès les principaux responsables politiques concernés."

Daniel Bacquelaine et Jean-Pierre Hupkens estiment que ce document fait partie de la stratégie de défense du CNR et du management de Nethys.

Avant octobre 2018, ces discrètes réunions ont également associé les démocrates humanistes, avait déclaré l'ex-ministre cdH Alda Greoli le 15 février à la RTBF. "D'autres mains invisibles ont donc aussi été à la manœuvre quand, le 22 mai 2018, le comité de rémunération a décidé d'octroyer les faramineuses indemnités de rétention qui ont jusqu'ici envoyé six personnes en détention préventive", ajoute Le Vif.

Démenti des quatre

Contactées par l'hebdo jeudi, les quatre "mains invisibles" présumées déclarent que jamais elles n'ont discuté, lors de ces réunions, des indemnités de rétention des managers ou des ventes des filiales de Nethys telles qu'elles ont été finalement conclues dans le secret. Daniel Bacquelaine et Jean-Pierre Hupkens estiment même que ce document, qui mouille des politiques, fait en réalité partie de la stratégie de défense des membres du CNR et du management de Nethys, actuellement sous les feux de la justice.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité