interview

"J'aime les villes qui tournent 24 heures sur 24, comme Kuala Lumpur" (Hans De Cuyper, AG Insurance)

Hans De Cuyper, AG Insurance ©Kristof Vadino

L’Echo vous emmène cet été à la découverte de villes du monde entier à travers les yeux de dirigeant(e) s d’entreprises en vue. Aujourd’hui, Kuala Lumpur par Hans De Cuyper.

Dix ans. C’est une belle tranche de vie que Hans De Cuyper a passée en Asie. Il dirige aujourd’hui AG Insurance, la filiale belge du groupe Ageas. Mais auparavant, il a roulé sa bosse en Asie du Sud-Est.

D’abord à Hong Kong, où est basé le siège asiatique d’Ageas (ex-branche assurance de Fortis, rebaptisée après le démantèlement du groupe). Hans De Cuyper y débarque en 2004"Je me souviens du jour où j’y suis arrivé en mission exploratoire, pour voir si cela me tentait. À peine arrivé à l’hôtel, j’ai posé ma valise et appelé ma famille. Je lui ai dit: ‘On y va’. Je n’avais encore rencontré personne, même pas vu où j’allais travailler. Mais ça m’a tout de suite plu."

Pendant trois ans, il savoure Hong Kong, "son énergie, sa dimension internationale, multiculturelle". Puis en 2007, il prend la direction de la Malaisie et s’installe à Kuala Lumpur, en tant que CFO puis CEO d’Etiqa, joint-venture dont Ageas détient 31%. Sa femme, ses deux enfants et lui y resteront six ans. "C’était super."

Singes et serpents dans le jardin

"Kuala Lumpur ne se compare pas à Bangkok, Singapour ou Hong Kong. Kuala Lumpur est plus petite, plus aérée, plus verte. C’est une ville agréable à vivre. Nous habitions dans le centre, à moins de 10 minutes des twin towers de la Petronas", le géant pétrolier dont le double siège aux 88 étages est devenu l’icône de la ville. "Nous avions un jardin en pleine ville, avec des singes et des serpents. Fantastique."

"Le climat est très agréable, humide c’est vrai, mais je n’ai pas connu de température inférieure à 20 degrés."

La capitale malaisienne est aussi une ville multiculturelle. "Pour les expatriés, c’est une alternative à Singapour ou Hong Kong, plus saturées et plus chères. Kuala Lumpur est aussi bien développée, avec beaucoup d’équipements neufs, une grande qualité de service, un trafic pas trop embouteillé. On ne vient pas à Kuala Lumpur pour son patrimoine culturel. Le pays est islamique et a moins à proposer sur ce plan-là que la Thaïlande ou les pays de l’ex-Indochine. Ce qui est magnifique, c’est la nature environnante. Les montagnes, la forêt tropicale de Taman Negara, la mer turquoise de la côte Est, les paysages de Bornéo…" Grand sourire.

À Kuala Lumpur même, c’est la qualité de la vie qui fait craquer Hans De Cuyper. "Le climat est très agréable, humide c’est vrai, mais je n’ai pas connu de température inférieure à 20 degrés. Cela amène les gens à profiter des heures plus fraîches, en soirée. Tout le monde est dehors, mange en rue, cela met de la vie! J’aime les villes qui tournent 24h/24."

Pour Hans De Cuyper, la cuisine mérite une mention spéciale. "Tout est bon, du grand resto au street food. Assis en rue sur une chaise en plastique avec des collègues ou des amis, tu manges malaisien, indien, chinois, javanais, italien… Et tu te régales, pour trois fois rien."

Dynamisme

Il a dû s’adapter à un management nettement plus hiérarchique – on exécute, on ne débat pas – et a apprécié l’égalité entre homme et femme dans le contexte professionnel.

"On ne l’imagine peut-être pas dans un pays islamique et pourtant, la Malaisie est plus avancée que le nôtre sur cette question."

"Quand j’observe le dynamisme commercial de l’Asie, je me demande toujours: pourquoi chez nous les magasins sont-ils ouverts quand les clients travaillent, et fermés en fin de journée quand les gens sont disponibles? En Asie, cela se passe autrement."

Et s’il pouvait ramener au pays tel ou tel trait de l’économie malaisienne, que choisirait-il? "Quand j’observe le dynamisme commercial de l’Asie, je me demande toujours: pourquoi chez nous les magasins sont-ils ouverts quand les clients travaillent, et fermés en fin de journée quand les gens sont disponibles? En Asie, cela se passe autrement."

Hans De Cuyper est aussi d’avis que "l’Europe pourrait s’inspirer de la qualité de service qui existe en Asie. Je sais que nos régimes d’emploi sont contraignants et coûteux et qu’on ne peut pas se permettre d’avoir dix personnes dans un lobby d’hôtel ou dans un magasin mais on gagnerait à s’inspirer de la souplesse et du sens du service asiatiques."

"Pourquoi pas?"

C’est tout l’intérêt d’aller voir ailleurs, estime Hans De Cuyper. "Si tu restes toujours à la même place, ton cadre ne bouge pas. Mais si tu vas voir ailleurs comment ça se passe, tu élargis ton cadre de pensée. Tu comprends alors que ce que tu as toujours considéré comme immuable peut très bien être envisagé différemment. Ça m’a amené à me poser souvent la question: pourquoi pas?"

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