KOIS lève 68 millions pour les soins de santé indiens

En raison du sous-financement considérable du secteur de la santé, l'Inde présente un nombre anormalement élevé de malades. ©AFP

La société d'impact investing belge vient de boucler une importante levée de fonds à laquelle a notamment participé AvH. Objectif? Booster les solutions innovantes dans la health tech indienne.

La société d'investissement à impact social KOIS, fondée par François de Borchgrave et Charles-Antoine Janssen, vient de lever quelque 68 millions de dollars, a-t-on appris ce lundi. Soit 93% de l'objectif visé pour ce nouveau fonds d'investissement baptisé HealthQuad et destiné aux entreprises indiennes innovantes dans le monde des soins de santé. La clôture, prévue en janvier 2021, pourrait permettre d'atteindre entre 130 et 140 millions de dollars.

15
millions $
Ackermans & van Haaren (AvH) assume le rôle d’investisseur de référence du fonds, et y investira 15 millions de dollars sur quatre ans.

Au rang des investisseurs, on croise du beau monde, du holding belge AvH – qui injecte à lui seul 15 millions – au fonds de pension TIAA – qui assure plus de trois millions d'enseignants outre-Atlantique – en passant par le bras financier du gouvernement suédois dans les pays en développement qu'est le Swedfund (équivalent de Bio chez nous) ou encore le géant pharma américain Merck (MSD).

Qu'est ce qui réunit tous ces investisseurs? "Il y a une dynamique aujourd'hui en Inde dans tout ce qui touche à la digitalisation des soins de santé", évoque Charles-Antoine Janssen, directeur des investissements. "On voit de plus en plus d'ingénieurs, informaticiens et entrepreneurs s'attaquer aux problèmes considérables des populations les plus défavorisées, en cherchant à développer des technologies particulièrement accessibles financièrement et peu coûteuses à produire."

"L’an dernier, 55 millions d'Indiens tombaient sous le seuil de pauvreté en raison du coût élevé des soins de santé."
Charles-Antoine Janssen
Directeur des investissements d'HealthQuad

Une réponse à l'urgence sur place. "On dénombre 0,9 lit d'hôpital pour 1.000 habitants en Inde, contre 3,9 en Chine ou 13,2 au Japon, de même que 0,8 médecin, contre 1,8 et 2,4", détaille Charles-Antoine Janssen, qui explique cette situation par un sous-financement considérable du secteur, qui représente 4% du PNB, contre 12% en Europe ou 17% aux US. Résultat: un niveau anormalement élevé du nombre de malades par rapport à la moyenne mondiale, malgré une moyenne d'âge pourtant bien inférieure. "Lan dernier, 55 millions d'Indiens tombaient sous le seuil de pauvreté en raison du coût élevé des soins de santé", regrette Charles-Antoine Janssen.

C'est là qu'interviendra le fonds: au chevet des innovateurs de la santé, dont les solutions peuvent être exportées à terme sur d'autres marchés, preuves faites.

Projet né en 2016

KOIS cherche à confirmer ce qui avait été entamé en 2016 avec un premier fonds, "très petit", de 10 millions de dollars.

Sept prises de participations en étaient sorties (e-commerce, télémédecine, intelligence artificielle...). Charles-Antoine Janssen pointe des résultats tangibles: "Un taux de rentabilité interne net en dollars de 27%, côté financier, mais aussi et surtout plus de 50 millions de fournitures livrées en zones reculées à -25% du coût, plus de 500.000 téléconsultations ayant permis une économie de 15 dollars aux patients, ou encore plus de 3.000 jobs créés, dont un tiers pour des femmes, côté sociétal."

Aux côtés d'acteurs locaux

Tout ceci en permettant dans la foulée une "croissance moyenne annuelle du chiffre d'affaires des sociétés en portefeuille de l'ordre de 57%, pour une augmentation de la valeur déployée par le fonds de 2,2 fois".

Une performance rendue possible par l'expertise des médecins, financiers et investisseurs indiens aux commandes. Charles-Antoine Janssen, lui, supervise le tout, fort de vingt années passées dans la pharma, notamment chez UCB où il est administrateur depuis 2012, après avoir remplacé son père, le baron Daniel Janssen, au CA de la Financière de Tubize en 2011.

KOIS est associé à 50-50 dans ce projet indien avec le fonds de private equity spécialisé dans la santé Quadria, plus gros acteur asiatique du secteur avec ses 2,2 milliards de dollars d'actifs sous gestion.

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