interview

"L'ambition est de doubler le chiffre d'affaires d'ici cinq ans" (Kobe Verdonck, CEO de SD Worx)

©Tim Dirven

Le premier secrétariat social en Belgique, SD Worx, a un nouveau CEO et un appétit dévorant. Le leader belge des solutions de paie et de ressources humaines, peut se targuer d’avoir calculé les salaires de quelque 4,6 millions de travailleurs à travers 92 pays l’an passé. Après les années Steven Van Hoorebeke (2013-2019), marquées par la poursuite de l’expansion internationale du groupe et la diversification des sources de revenus, le secrétariat social entend bien maintenir le cap vers l’international avec, pour nouveau capitaine, Kobe Verdonck. Fort d’un parcours exemplaire dans les ressources humaines, le gantois de 48 ans nous confie partager les rêves de grandeurs de son nouvel employeur.

Quels objectifs vous a-t-on fixés lors de la prise de vos nouvelles fonctions?

Il faut revoir la société, qui a connu une croissance fulgurante ces dernières années. Mon rôle est d’’intégrer tout ce qui a été acquis et d’affirmer notre positionnement. Aussi, je dois m’assurer que le client soit au centre de notre organisation. Concrètement, l’ambition est de doubler le chiffre d’affaires d’ici cinq ans. Cela se fera organiquement mais aussi par des acquisitions qui ne tarderont pas à suivre.

"Notre futur restera belge, nous tenons à notre indépendance et à nos origines."

Où se situe SD Worx dans le paysage européen des fournisseurs de paie?
SD Worx a enregistré un chiffre d’affaires de 466,7 millions en 2018, pour un Ebitda d’environ 14% (61,4 millions d’euros). Pour le calcul des fiches de paie, nous sommes les deuxièmes en Europe et nous avons l’ambition de prendre la tête du secteur, occupée actuellement par ADP. Nous voulons devenir le spécialiste des ressources humaines en Europe.

CV Express
  • 1971: naissance à Gand.
  • 1995: obtention du master en droit de l’Université de Gand.
  • 1999: entrée chez Argus Integrated Solutions.
  • 2012-2014: responsable des ventes internationales chez NorthgateArinso.
  • 2014-2018: CEO de Raet.
  • Septembre 2019: CEO de SD Worx Group.

Et à l’échelle mondiale?
SD Worx est l’une des seules sociétés du secteur à disposer d’une offre globale. D’une part grâce à nos solutions qui fonctionnent au niveau mondial, mais aussi par nos partenaires qui nous aident à développer nos services dans une centaine de pays. En terme de chiffre d’affaires et de taille, nous ne sommes pas les plus grands, mais il n’y a pas dix sociétés dans le monde qui sont capables de délivrer autant de services que nous à si large échelle. SD Worx est la preuve qu’il est possible d’être une société globale avec un ancrage belge, qui est notre fierté. Et notre futur restera belge, nous tenons à notre indépendance et à nos origines.

"Pour le calcul des fiches de paie, nous sommes deuxièmes en Europe et nous avons l’ambition de prendre la tête du secteur."

Y a-t-il encore des parts de marché à prendre en Belgique?
Tout à fait. Nous sommes numéro un en Belgique mais nous comptons bien développer des services plus adaptés aux petites sociétés et aux start-ups, ainsi que pour le secteur public, où il nous reste de la marge. Chaque année, SD Worx gagne plus ou moins 50 à 60.000 employés en terme de volume de salaires calculés dans le pays. En 2018, on a calculé les salaires de plus d’un million de belges, et de 4,6 millions de travailleurs au niveau global. La Belgique représente plus de la moitié du chiffre d’affaires de l’entreprise, même si la croissance au niveau international est beaucoup plus rapide.

Votre volonté de conserver un fort ancrage belge se ressent aussi dans la composition du conseil d’administration…
Il s’internationalise, tout comme nos postes managériaux. 40% d’entre eux sont occupés par des non-belges. Cela continuera ainsi.

©Tim Dirven

SD Worx tente de maintenir son agilité et son esprit start-up. Comment faire, alors que l’entreprise ne cesse de grandir?
L’an prochain, cela fera 75 ans que nous existerons, nous sommes une société adulte mais nous avons conservé un esprit innovant et moderne. Nous ne voulons pas être une société avec une tour d’ivoire où tout se décide. L’action se passe au plus proche des clients et c’est là que les décisions se prennent.

Avec la digitalisation, quels sont les grands défis à relever pour les secrétariats sociaux?
La première tendance à repérer, c’est que le travail a changé. De plus en plus de travailleurs travaillent différemment de l’archétype de l’employé "traditionnel". Notre rôle est de couvrir toutes ces différentes configurations. Ensuite, avec la digitalisation, l’employé est devenu client, et non plus seulement le département des ressources humaines. L’employé utilise aussi nos outils et il a besoin de simplicité et d’accessibilité. Troisièmement, on ne peut pas toujours être le meilleur dans tout. On doit donc s’ouvrir à des partenaires, de sorte à intégrer leurs solutions dans nos plateformes. Le client ne demande pas que tout soit fait par SD Worx, il veut un écosystème qui puisse l’aider à répondre à ses besoins.

"SD Worx est la preuve qu’il est possible d’être une société globale avec un ancrage belge, qui est notre fierté."

L’un de ces besoins clés est la demande de solutions de mobilité. Comment vous positionnez-vous sur la question?
Nous avons déjà beaucoup de solutions relatives au plan cafétéria, on y travaille avec nos clients, en fonction de leur volonté d’adapter l’organisation de leur mobilité. Mais on veut aller plus loin, en regardant comment pouvoir intégrer des partenaires. On ne louera pas les vélos nous-mêmes, on ne prendra pas le leasing de voitures en charge mais pourquoi ne pas intégrer des solutions d’abonnements dans notre offre par exemple. Ce sont le genre de questions que nous étudions.

"Avec la digitalisation, l’employé est devenu client, plus seulement le département des ressources humaines."

Ce sont ces solutions que vous visez en priorité dans votre plan d’acquisitions?
Cela en fait partie. Il y a trois axes dans notre plan d’acquisitions. D’un côté le niveau géographique, l’ouverture de nouveaux marchés. Puis, nous ciblons l’ajout de solutions à notre portefeuille, notamment celles qui concernent la mobilité. Le troisième axe concerne le rachat de parts de marché. Mais on ne croit pas trop aux acquisitions qui visent uniquement à développer le volume, on préfère le faire nous-même.

Comment expliquer ce besoin constant de croissance dans votre secteur?
Dans notre métier, les investissements nécessaires sont de plus en plus conséquents et, donc, on se doit d’avoir une certaine taille. Les nouveaux entrants ne cessent d’arriver et c’est le rôle des acteurs disposant d’une certaine taille de les reprendre, ou de s’associer, avec eux. Il faut aussi grandir pour être à la hauteur des besoins de nos clients. Enfin, la digitalisation coûte extrêmement cher et la tendance n’est pas prête de s’inverser.

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