L'Autorité belge de la concurrence recrute à sa tête

Le président de l'ABC Jacques Steenbergen ne se représentera pas. ©Dieter Telemans

Le gendarme de la concurrence se cherche un nouveau président et un nouvel auditeur général... deux ans après l'ouverture de la chasse aux têtes.

L'Autorité belge de la concurrence (ABC) se cherche toujours un président et un auditeur général. Un nouvel appel aux candidatures a été lancé voici trois semaines, et une des clauses de cet appel a déjà fait l'objet... de contestation devant le Conseil d'Etat! Lequel a déjà statué pour annuler cette clause qui empêchait les anciens candidats ayant échoué à l'examen de se représenter. Oui, vous avez bien lu: "les anciens", car il s'agit d'une vaste opération "Rebelotte". Car le premier appel à candidats pour ces fonctions avait été lancé il y a deux ans!

Les mandats de trois directeurs du gendarme de la concurrence, dont celui du président de son comité de direction, venaient en fait à échéance en 2019. Mais comme ces postes doivent faire l'objet d'une nomination par le Roi (le Conseil des ministres) et qu'on aurait des élections législatives en 2019, on avait prudemment décidé de hâter les choses et de lancer la procédure dès octobre 2018, dans l'espoir de finaliser les nominations avant les élections et l'inévitable longue période d'affaires courantes qui suivrait avant la formation d'un nouvel équipage au fédéral. C'était bien vu, mais trop tard...

On repart d'une feuille blanche

Le précédent gouvernement de plein exercice avait mis la clé sous le paillasson deux semaines après la clôture de la liste des candidats. On avait donc remis sine die l'ensemble de la procédure, puisque ce niveau de nominations échappe, par coutume, aux compétences d'un fédéral en affaires courantes.

"J'ai 71 ans, et j'ai déjà consacré 20 ans de ma carrière au régulateur. Il ne faut pas exagérer! Ce ne serait pas de bonne gouvernance, que je me représente."
Jacques Steenbergen
Président du comité de direction, ABC

Ces dernières semaines, sans doute mue par la perspective qu'enfin un gouvernement soit formé, la mécanique a été relancée. Et comme il s'est passé trop de temps et que, dès lors, les candidats d'alors ne sont peut-être plus intéressés aujourd'hui, on recommence tout. Zélés, les responsables du nouvel appel avaient introduit une clause baptisée "development buffer" empêchant les anciens candidats jugés à l'époque "peu" ou "pas aptes" à se représenter. Dispositif annulé le 29 septembre par le Conseil d'Etat, qui l'a jugé discriminatoire.

Entre-temps, un directeur des études économiques a été nommé ad interim, de sorte que cette fonction a été retirée de l'appel. On ne cherche donc plus que deux profils, celui du président actuellement assumé par Jacques Steenbergen, et celui de l'auditeur(trice) général(e) actuellement assumé par Véronique Thirion. Ils peuvent postuler pour un deuxième mandat, mais Jacques Steenbergen ne le fera pas: "J'ai 71 ans, et j'ai déjà consacré 20 ans de ma carrière au régulateur. Il ne faut pas exagérer! Ce ne serait pas de bonne gouvernance, que je me représente."

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