L'ULB lance un fonds à 20 millions pour ses spin-offs

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Theodorus IV est né. Comme ses prédécesseurs, il entend capitaliser, structurer et transformer une quinzaine de projets sortis des laboratoires de l’université en entreprises à succès. Et dépasser celui de Bone Therapeutics ou d’Ogeda?

Quand on a trouvé la bonne formule, on n’en change pas. Quinze ans après la création du premier fonds Theodorus destiné à soutenir ses spin-offs, l’Université libre de Bruxelles remet le couvert pour la quatrième fois en annonçant le premier closing de Theodorus IV à hauteur de près de 20 millions d’euros. Si à moyen terme, l’objectif est de le porter jusqu’à 25 millions – voire 30 millions –, l’idée n’est clairement pas de voir toujours plus gros. "Le fonds doit rester à la taille du deal flow. Notre ligne, c’est de donner un maximum d’opportunités aux spin-offs de l’ULB mais aussi d’offrir le rendement promis et attendu par les investisseurs", rappelle d’emblée Olivier Belenger, managing partner chez Theodorus.

550
En quinze ans, l’ULB et les fonds Theodorus ont contribué à la création de 33 entreprises pour un total de 550 emplois créés.

Pour le reste, comme ses frères aînés avant lui, le nouveau fonds investira dans une quinzaine de sociétés dans les six prochaines années (soit trois par an en moyenne), prioritairement des spin-offs de l’ULB même si l’ouverture à de nouveaux investisseurs suggère une plus grande liberté encore de capitaliser des jeunes entreprises innovantes issues d’ailleurs que du sérail universitaire.

"Actuellement, nous avons déjà une dizaine de projets plus ou moins matures, nous explique Marie Bouillez, partner chez Theodorus. Trois sont prêts à passer devant le comité d’investissement." Les secteurs privilégiés sont toujours les mêmes: les biotechs, les appareils médicaux et l’ingénierie.

Les deux font la paire

Le partenariat entre l’ULB et les fonds Theodorus est fructueux. Depuis 2003, il a contribué à la création de 33 entreprises qui ont levé plus de 220 millions d’euros et créé 550 emplois. "Le fait que ces sociétés soient créatrices d’emploi est important pour l’ULB dont l’une des missions stratégiques est de contribuer à la société, en générant de la dynamique au niveau local et régional", estime Pierre Gurdjian, président du conseil d’administration. Bone Therapeutics, Masthercell, Ogeda, Acar’Up ou encore Euro Heat Pipes (EHP) font partie de ces projets de l’ULB transformés en entreprises à succès par les fonds Theodorus et l’écosystème entrepreneurial structuré autour de l’université.

Ces succès sont donc le fait d’un pipeline de projets qualitatifs qui ne s’est pas fait en un jour. "Le pipeline s’est construit. Prenez comme exemple Bone Therapeutics, créée en 2006. Quatre ans plus tard, ils se demandent comment ils vont assurer leur production et le scaling-up de leur technologie. En tant qu’actionnaires, nous avons élaboré un modèle de société de services pour faire de la production pour tiers et c’est ce qui a abouti à la création de Master Cell", commente Marie Bouillez, en soulignant la valeur ajoutée des incubateurs comme Eebic, Cap Innove et i-Tech Incubator.

Des multiples qui font rêver

La force de Theodorus n’est pas seulement d’avoir accès à un catalogue de spin-offs de haut niveau, mais aussi de proposer des rendements attractifs pour ses actionnaires, tant publics que privés. Sur Theodorus I, par exemple. "Il y a eu 4,5 millions d’euros investis et 13 millions d’euros d’exités. La valeur totale du portefeuille est estimée à 18 millions d’euros, ce qui représente un multiple de 4", déclare Marie Bouillez. Et sur Theodorus II, un petit fonds capitalisé à hauteur de 5,4 millions d’euros, le rendement net attendu pour les investisseurs dépasse les 8%.

Quant à Theodorus III, la phase de désinvestissement vient juste de commencer mais s’annonce prometteuse. "La performance du fonds est bonne. Nous avons investi dans 18 sociétés et déjà réalisé deux exits, parmi lesquels se trouve Ogeda. D’ici 24 à 36 mois, environ 50% du portefeuille devraient être vendus ou en phase de vente", assure Olivier Belenger. En moyenne, les multiples réalisés sur les précédents fonds sont de l’ordre de 2,7 à 3,0

Un panel élargi d’investisseurs

La performance des fonds Theodorus et la présence constante des invests publics ces dernières années a évidemment attiré du beau monde. "Les investisseurs publics jouent pleinement leur rôle. Ils permettent un leverage d’un euro privé pour un euro public et constituent des relais puissants pour soutenir la croissance future des entreprises", insiste Olivier Belenger.

Pour Théodorus IV, les investisseurs de la première heure comme la SRIB, Sambrinvest ou le SFPI ont à nouveau répondu présents. À leurs côtés, BNP Paribas et la Sofina ont investi respectivement deux millions et un million d’euros. Enfin, une série de family offices, comme la famille de Spoelberch, vient compléter ce panel élargi d’investisseurs.

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