L'UWE joue l'apaisement, avant la grande explication

©Vadino

C’était assemblée générale ce mercredi à l’Union wallonne des entreprises. Sur le podium, c’était motus sur les prises de position du président Jacques Crahay. En coulisses, on n’a parlé que de cela.

L’Union wallonne des entreprises (UWE) a tenu son assemblée générale ce mercredi à Louvain-la-Neuve sur le thème positif et motivant "Wallonie, championne de l’innovation". Et ce, sans dire un mot, dans les discours officiels du moins, du débat intense que l’organisation patronale vit en interne depuis que son président Jacques Crahay s’est livré dans L’Echo à un plaidoyer "pour une économie plus en phase avec la société, une économie moins tyrannique".

"Notre modèle économique est dans l’impasse, il faut le changer. Les patrons savent qu’on ne peut plus continuer sur le modèle d’une croissance sans limite alors que les ressources sont limitées. Mais ils ne veulent pas en parler parce que cela met leur business à mal", a notamment asséné Jacques Crahay, s’exprimant comme aucun président de l’UWE ne l’a fait avant lui.

Les paroles de Jacques Crahay sont "sages, justes, visionnaires".
Elio Di Rupo
ministre-président de la région wallonne

Depuis lors, le patronat wallon ne parle que de cela. Il y a ceux qui applaudissent les propos "courageux" et "visionnaires" de Jacques Crahay et ceux qui ne décolèrent pas, estimant qu’il est sorti de son rôle de président pour faire passer des idées que tout le monde ne partage pas au sein de l’UWE. Le président s’était d’ailleurs aussi montré critique envers l’organisation patronale, estimant par exemple qu’on y vient "plus pour défendre son pré carré que pour essayer de réfléchir collectivement et défendre l’intérêt de l’ensemble".

"On ne peut pas tirer sur l’organisation que l’on préside, on doit au contraire être en phase avec elle, selon Jean-Pierre Delwart, qui a présidé l’UWE de 2009 à 2012. Qu’il veuille la faire évoluer, très bien. Qu’il la critique publiquement, ce n’est pas normal. Jacques Crahay a désormais deux options devant lui. Soit il fait amende honorable, soit il doit tirer les conséquences de sa prise de position unilatérale."

D’autres cadors de l’économie wallonne ont des mots plus durs envers Jacques Crahay, sous couvert d’anonymat.

Mais ce mercredi soir, c’était assemblée générale et personne n’a voulu relancer le débat, du moins pas sur l’estrade. Une fois bouclé le volet officiel, c’était assurément "le" sujet de la soirée.

On notera tout de même que l’invité du jour, le ministre-président Elio Di Rupo, a cité dans son speech Jacques Crahay et son intérêt pour "une activité économique environnementalement et sociétalement soutenable". "Des paroles sages, justes, visionnaires", appuiera Elio Di Rupo.

La suite en coulisses

Les deux têtes de l’UWE, Jacques Crahay et Olivier de Wasseige (l’administrateur délégué) ont quant à eux évité toute allusion et s’en sont scrupuleusement tenus à leur texte, aussi bref que neutre. On n’en conclura pas que le débat est clos, loin de là. Mais il devrait se régler en coulisses, une fois la poussière retombée, et passera par les instances de l’organisation, son conseil d’administration (qui compte une centaine de membres) et son bureau (qui regroupe une trentaine d’entre eux).

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