La cloche de la rentrée ne sonnera pas pour les télétravailleurs

Les bureaux vont encore rester déserts quelque temps, même si certains employeurs envisagent un retour partiel des troupes à l'automne. ©Getty Images

À l'heure de la rentrée, les grands employeurs affirment ne pas revoir dans l'immédiat la façon de travailler mise en place pour lutter contre la pandémie.

On sait désormais que les cloches des écoles retentiront le 1er septembre. Dans les bureaux, cela ne sera pas forcément le cas.

Mi-mars, alors que le gouvernement décrétait le confinement pour éviter la propagation du virus, les entreprises avaient, du jour au lendemain, envoyé leur personnel, si leur tâche le permettait, en télétravail. Certains sont revenus à leur poste, mais les chiffres de contamination sont repartis à la hausse.

Même si le dernier CNS n'a rien précisé sur le sujet, le 1er septembre se déclinera donc en "business as the new usual" auprès de la plupart des employeurs.

Prudence et rigueur

Au sein de la Banque nationale de Belgique, on va même un pas plus loin. "Les employés ne peuvent plus venir à la Banque pour des 'raisons de confort'.  Ce n'est que lorsque cela est vraiment nécessaire, et après approbation de la hiérarchie, que leur présence est autorisée." L'institution rappelle qu'elle fait partie des infrastructures qualifiées de "critiques".

"Nous avons établi différents critères pour préparer le retour (partiel) sur les sites. Ces critères ne sont, pour le moment, pas remplis".
Solvay

Sans être aussi catégorique, Solvay suit une position semblable pour ses employés de bureau; les usines continuent, elles, à tourner normalement. "Nous avons établi différents critères pour préparer le retour (partiel) sur les sites." Primo, il faut que le site soit prêt à accueillir les collaborateurs dans le respect des mesures de distanciation. Secundo, il faut respecter les mesures gouvernementales. Enfin, il faut que la situation épidémiologique le permette. "Ces critères ne sont, pour le moment, pas remplis."

Telenet a annoncé cette semaine qu'il maintenait le travail à domicile jusqu'à la fin de l'année. Les employés qui ne peuvent pas travailler à domicile pour des raisons sociales ou techniques devront réserver un emplacement de travail via une application.

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Un poste de travail sur cinq est disponible dans les bureaux d'Engie.

Ne pas fermer la porte, mais tout de même conseiller de ne pas la franchir, c'est aussi la politique d'Engie. "On tient compte du bien-être de tous les collaborateurs." Néanmoins à peine 300 des 3.500 salariés se déplacent quotidiennement vers les bureaux, où un poste de travail sur cinq est disponible et, comme chez Telenet, une réservation préalable est nécessaire.

Revenir un jour

Et pourtant, un jour il faudra revenir. Chez Belfius, on estime qu'après 6 mois de télétravail massif, il est nécessaire de penser à un retour "encadré". Il sera organisé dès la mi-septembre de façon graduelle. "On gardera toujours une part importante de télétravail", assure l'entreprise.

"Après 6 mois de télétravail massif, il est nécessaire de penser à un retour encadré."
Belfius

Il ne faut cependant pas croire que depuis la mi-mars les bureaux sont déserts.

BNP Paribas Fortis a organisé un travail en équipes, composées en fonction de la continuité des activités et de l’espace disponible, depuis le 8 juin. "Trois équipes alternent une semaine au bureau et deux semaines de télétravail. Les équipes ne peuvent en aucun cas être mélangées."

Cette stratégie est aussi appliquée chez Ethias. "Par prudence, nous envisageons de maintenir ces mesures jusqu’à la mi-octobre. Nous réévaluerons alors la situation en fonction de l’évolution épidémiologique. Si le niveau de risque s’atténue, les collègues d’une même équipe pourront à nouveau se réunir une partie de la semaine et faire du homeworking l’autre partie de la semaine."

Une nouvelle norme

Quoi qu'il en soit, le retour à la situation d'avant mi-mars n'est pas pour demain. Pour le respect de la distanciation, les postes de travail risquent de ne pas tous être accessibles pendant un bon moment. Le port du masque pourrait aussi devenir une nouvelle norme lors des déplacements dans les locaux. Quant aux restaurants d'entreprise, nombre d'entre eux restent à ce jour portes closes ou en accès limité.

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