La contrefaçon coûte 83 milliards par an aux entreprises légitimes

Un échantillon de produits contrefaits saisis à Bruxelles: le manque à gagner dans les secteurs les plus sensibles se chiffre en dizaines de milliards. ©BELGA

Les contrefacteurs ont augmenté leur activité dans le secteur des cosmétiques, relève le rapport de l'Office européen pour la Propriété intellectuelle. Ils "surfent" aussi sur la pandémie...

La contrefaçon coûte 15 milliards d'euros par an aux États membres de l'Union européenne en termes de recettes fiscales et parafiscales (cotisations sociales) non perçues et plus de 83 milliards d'euros par an aux entreprises en ventes perdues. L'Office de l'UE pour la Propriété intellectuelle (EUIPO) publie ce mercredi son nouveau rapport sur les dommages économiques et sociaux causés par la contrefaçon à l'échelle du continent.

"La contrefaçon n'est pas un délit sans victime, rappelle son directeur exécutif Christian Archambeau. Les produits contrefaits privent les entreprises légitimes d'une partie de leurs ventes et les pouvoirs publics de recettes indispensables. Ils présentent des risques avérés pour la santé et la sécurité de celles et ceux qui les utilisent." Et ils permettent de financer la criminalité organisée.

"La contrefaçon n'est pas un délit sans victime."
Christian Archambeau
Directeur exécutif, Office de l'Union européenne pour la Propriété intellectuelle

Le manque à gagner des entreprises est analysé par secteur d'activité. Parmi ceux à forte intensité de droits de propriété intellectuelle, quatre sont particulièrement matraqués par les contrefacteurs: les cosmétiques et soins personnels, les vins et spiritueux, l'industrie pharmaceutique, les jeux et jouets. Ensemble, ceux-ci perdent jusqu'à 19 milliards d'euros de ventes par an dans l'UE, selon les estimations de l'EUIPO.  

15 milliards d'euros
Recettes perdues par les pays européens du fait de la contrefaçon
Les Etats membres de l'UE perdent 15 milliards d'euros par an en impôts et cotisations sociales non versés par les fabricants illicites.

À l'échelle de la Belgique, les ventes perdues pour ces quatre secteurs s'élèvent à 686 millions d'euros par an: 324 millions pour la pharma, 279 millions pour les cosmétiques, 64 millions pour les vins et 20 millions pour les jeux et jouets.

Jouets et médicaments risqués

La plus forte augmentation sur un an de la contrefaçon a été enregistrée dans les cosmétiques: les entreprises légitimes y ont perdu 2,5 milliards d'euros de plus (à 9,6 milliards) dans l'UE. Les contrefaçons y représentent désormais 14,% des ventes totales.

Les produits illégaux ne sont pas soumis aux mêmes contrôles que les produits authentiques et sont donc potentiellement dangereux au niveau de leur consommation ou de leur utilisation. La majorité des produits présentant un risque grave pour les consommateurs ont été repérés parmi les jouets, les articles de puériculture et les vêtements pour enfants. Les médicaments contrefaits soulèvent également de grands risques.

La crise du Covid-19 a offert un nouveau "terrain de jeu" aux contrefacteurs, ajoute l'Office. Ceux-ci "se sont tournés vers la production de faux kits de test, d’équipements de protection individuelle de contrefaçon et, avant même que les traitements aient été approuvés par les autorités, de faux médicaments censés guérir la maladie".  

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