Un administrateur sur trois est une femme

Ilham Kadri (Solvay), est une des rares femmes CEO d'une entreprise cotée à Bruxelles. ©ID - Lieven Van Assche

Pour la première fois dans l’histoire de la Bourse de Bruxelles, un tiers des administrateurs des sociétés cotées sont des femmes. C’est ce qui ressort de notre enquête bisannuelle. Mais la diversité reste le parent pauvre au sein des conseils d’administration.

Qui détient le pouvoir de décision dans les entreprises belges? Pour répondre à cette question, L’Echo/De Tijd passe au crible depuis plusieurs années les conseils d’administration des sociétés cotées sur Euronext Bruxelles. Cette étude permet de faire émerger certaines évolutions fondamentales. Ainsi, depuis le début du siècle, les Flamands dépassent en nombre les francophones au sein des conseils d’administration. La haute finance francophone a dû s’effacer au profit des "réseaux" flamands. Il y a près de dix ans, sous l’impulsion de la loi sur les quotas, la féminisation des conseils d’administration s’est accélérée.

La loi de 2011 sur les quotas oblige les sociétés cotées à nommer un tiers de femmes au sein de leur conseil d’administration. La plupart d’entre elles devaient appliquer cette règle pour 2017. Les plus petites entreprises ont disposé de plus de temps.

Pour la première fois de notre histoire, le plafond de verre a été percé. Lisez: sur les 126 entreprises concernées, plus d’un administrateur sur trois est une administratrice (365 sur un total de 1.098). Il y a deux ans, ce chiffre ne dépassait guère 25%. Et il y a dix ans, moins de 10% des administrateurs étaient des femmes.

Dans huit des 126 sociétés concernées, plus de la moitié des administrateurs sont des femmes. Nyrstar arrive en tête du classement avec trois femmes administratrices dans un conseil qui compte quatre membres. Plusieurs bastions masculins ont disparu – comme par exemple le promoteur immobilier VGP, le producteur de bouteilles en PET Resilux ou le groupe d’informatique Crescent (anciennement Option). VGP se retrouve même sur la deuxième marche du podium, aux côtés de Melexis (60% de femmes). L’entreprise est dirigée par Françoise Chombar, une des quatre femmes CEO de la Bourse de Bruxelles. Les autres sont Michèle Sioen (de l’entreprise éponyme), Marleen Vaesen (Van De Velde) et Ilham Kadri (Solvay). On trouve des femmes présidentes chez le géant pharmaceutique UCB, à la tête des groupes immobiliers Xior et QRF, ainsi qu’à la GIMV et à la Banque Nationale.

©Mediafin

Régentes

C’est d’ailleurs au sein de cette dernière que l’on observe la plus forte hausse du nombre d’administratrices. Sous l’impulsion du ministre des Finances, Alexander De Croo (Open VLD), le Conseil de régence (c’est-à-dire l’équivalent du conseil d’administration de notre banque centrale), s’est clairement féminisé. Jusqu’à tout récemment, il ne comptait qu’une seule femme dans ses rangs. Aujourd’hui, la BNB compte sept régentes. Et le Conseil de régence est présidé par Claire Tillekaerts, la patronne de Flanders Investment & Trade (FIT).

Avec cette nomination, Tillekaerts rejoint le petit club des grandes patronnes, aux côtés notamment de Hilde Laga, Evelyn du Monceau, Michèle Sioen ou encore Chantal De Vrieze. Dominique Leroy ne fait plus partie de ce cercle d’administratrices. Elle n’est plus CEO de Proximus, ni membre du conseil de la biscuiterie Lotus.

Pizzas et bolides

Parallèlement, on constate une baisse de 50% du nombre de bastions masculins qui ne sont plus que huit. Il s’agit pour la plupart de (très) petites sociétés comme Softimat, Sucraf ou Settlements, mais aussi Kiadis Pharma, Asit Biotech et le holding Brederode, où la testostérone règne encore en maître.

La Bourse de Bruxelles se défend bien par rapport à sa consœur londonienne. Il y a quelques semaines, le Financial Times a calculé que sur les 350 plus grandes entreprises cotées à Londres, plus de 100 d’entre elles comptaient moins d’un tiers de femmes à leur conseil. Au début de l’année, aucun de ces 350 conseils n’était exclusivement masculin, mais à la mi-juin, les actionnaires de la chaîne de pizzas Domino’s ont nommé un conseil composé exclusivement d’hommes. Idem chez le constructeur automobile Aston Martin. "The all-male board has made a return", concluait le quotidien économique.

Diversité

Suite au débat sociétal actuel sur la diversité, nous avons pour la première fois examiné où en étaient les entreprises belges cotées. Conclusion: peut mieux faire.

Car si de nombreuses nationalités sont représentées au sein des conseils d’administration du Bel 20, 11 d’entre eux sont exclusivement composés de blancs. Sur les 212 administrateurs, seuls huit ne sont pas blancs. La personnalité "non blanche" la plus remarquable est Ilham Kadri, la patronne franco-marocaine du groupe chimique Solvay. Parmi les autres personnes de couleur, on compte six administrateurs d’origine indienne (chez Sofina, Ageas, Barco et Aperam) et une administratrice d’origine asiatique (chez AB InBev).

Qui sont les administrateurs et administratrices les plus puissants sur Euronext Bruxelles? Découvrez-le dans L’Echo de ce samedi.

 

 

Qui sont les administrateurs et administratrices les plus puissants sur Euronext Bruxelles ? Découvrez-le dans L’Echo de ce samedi.

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