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La marque horlogère belge Rodania revient dans la course

Le directeur commercial de Rodania Jan Ausloos (à gauche) et le distributeur Patrick Gelder (à droite) ont repris la marque en juillet aux côtés de l'industriel horloger Christian Frommherz. ©Wouter Van Vooren

La marque horlogère belge se cherchait un nouveau souffle après le décès de Philip Cracco. Depuis, 10.000 unités ont été vendues en neuf mois. Un retour dans le cyclisme est officialisé.

Suite au décès de l'entrepreneur flamand Philip Cracco, le distributeur Patrick Gelder reprenait Rodania en juillet dernier aux côtés de l'industriel horloger Christian Frommherz et du directeur commercial de l'entreprise belge pendant près de quarante ans, Jan Ausloos.

Objectif? En revenir aux fondamentaux de la marque horlogère belge. Ce qui devait passer par le lancement d'une nouvelle collection et un retour dans le sponsoring sportif notamment.

10.000
montres
Près de 10.000 pièces ont été vendues, portant le chiffre d'affaires à un million d'euros pour neuf mois d'activité.

C'est désormais chose faite. En effet, d'un côté, après récupération de quelque 150 clients bijoutiers, ce sont près de 10.000 pièces qui ont été vendues juste avant le second confinement, portant le chiffre d'affaires à un million d'euros pour neuf mois d'activité.

Cyclisme

D'un autre côté, Rodania annonce avoir signé avec Volvo du côté des courses cyclistes. Deux véhicules du constructeur ouvriront donc à nouveau la route, habillés des couleurs de la marque horlogère belge, après un arrêt de la pratique en 2018.

Mais ce n'est pas tout. Par rapport aux projets initiaux, d'autres développements sont aussi à noter. L'entreprise vient en effet de terminer une ligne textile destinée aux deux roues, par exemple, qui devrait être officiellement lancée "au mois d'avril, soit au moment du vrai début de la saison cycliste", évoque Patrick Gelder.

Du reste, de nombreux efforts ont été consentis en matière de déploiement à l'étranger. Mais, covid oblige, sans réelle retombée commerciale à ce stade. Toutefois, il est à noter que deux structures de distribution ont d'ores et déjà été mises en place en France et en Hollande, quand des deals ont été signés avec des distributeurs pour la Russie, les Balkans, le Sultanat d'Oman, et la Turquie.

En Belgique, la marque peut par ailleurs s'appuyer sur la société de Patrick Gelder, GTime, qui distribue déjà des marques telles que Meistersinger ou Victorinox. Basée à Overijse, GTime emploie 17 personnes.

"On aimerait tripler notre chiffre d'affaires d'ici l'année prochaine."
Patrick Gelder
L'un des trois repeneurs

Prochaines étapes? "On aimerait tripler notre chiffre d'affaires d'ici l'année prochaine", évoque l'un des trois associés, "ce qui devrait être rendu possible par les différentes réouvertures de magasins à l'international, de même qu'un accroissement à 200 de nos clients bijoutiers en Belgique".

Pour y parvenir, l'ADN sera conservé, à savoir celle "d'une marque populaire, qui se doit de s'adresser au plus grand nombre, allant de la mamy de 65 ans qui a besoin d'une montre avec de grands chiffres parce qu'elle ne voit pas bien, aux jeunes qui cherchent quelque chose de plus bling-bling. Et ce, à bon prix (de l'ordre de 80 à 100 euros, NDLR)".

Aventure belgo-suisse

Rodania est née en 1930 dans le canton de Berne, en Suisse. Dans les années 50, un centre de distribution international voit le jour à Bruxelles. La gestion en est confiée à un jeune entrepreneur, du nom de Manfred Aebi. Ressortissant suisse, l'homme a vécu en Belgique avec sa famille et connaît donc bien le plat pays.

Dans les années 90, Aebi rachète l'entreprise alors en difficultés. Il déménage le QG de Rodania à Bruxelles pour y entreprendre toutes les activités logistiques. Et fait grandir la marque. Jusqu'à un pic: "à la grande époque, on était vendus par 600 bijoutiers-horlogers dans le pays", indique Patrick Gelder. "On pouvait trouver une Rodania à chaque coin de rue ou presque".

En 2007, pour continuer à se développer, la société voit monter à son bord le fonds d'investissement BV Capital Partners. La famille Aebi conserve quelques fonctions opérationnelles. Jusqu'en 2015, du moins, moment où la société est reprise par l'ancien patron d'Accent, Philip Cracco.

Une passation actionnariale qui n'aurait pu être que de courte durée puisque l'intéressé a failli revendre Rodania au wallon Ice-Watch dès 2018. Le deal capote. L'homme décède quelques années plus tard; ses enfants décident alors de céder l'entreprise au trio Ausloos-Gelder-Frommherz pour lui assurer une continuité.

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