La salle de ventes Pierre Bergé Belgique forcée de réduire la voilure

Confrontée à des difficultés financières, la salle de ventes Pierre Bergé Belgique va devoir diversifier ses activités.

Confrontée à des difficultés financières, la salle de ventes Pierre Bergé en Belgique a dû se tourner vers la justice pour se mettre à l'abri de ses créanciers. Elle bénéficie du soutien de sa maison mère et a prévu une diversification de ses activités.

Les temps sont durs, y compris pour le secteur de l'art et du luxe. Cette semaine, la salle de ventes aux enchères Pierre Bergé Belgique a dû se tourner vers la justice pour se mettre à l'abri de ses créanciers par le biais de la procédure de réorganisation judiciaire (PRJ). En réalité, le tribunal de l'entreprise francophone de Bruxelles avait octroyé cette PRJ par un jugement rendu le 27 novembre. Cette semaine, les avocats de la salle de ventes se sont présentés devant les juges pour faire voter le plan prévu da le cadre de cette PRJ. 

D'entrée de jeu, le juge délégué Cédric van Zeeland a expliqué que la société était endettée à hauteur de 3 millions d'euros: 300.000 euros vis-à-vis des fournisseurs et 2,7 millions d'euros vis-à-vis de la maison mère de la salle de ventes, Pierre Bergé France. 

Amateurs en ligne

2,7
millions d'euros
Le montant de la créance due à Pierre Bergé France.

Pour expliquer les difficultés financières qui ont poussé Pierre Bergé Belgique à se mettre à l'abri de ses créanciers, Fanny Laune (Simont Braun), l'avocate de la salle de ventes, a d'abord évoqué des manquements et des détournements effectués par un administrateur de la société entre 2011 et 2012 et quatre procédures de contentieux en cours. "Ces événements pèsent sur le trésorerie et ont un impact sur la réputation, ce qui explique les difficultés", a expliqué l'avocate. L'administrateur en question a été poursuivi en justice et les quatre contentieux (problèmes de livraisons ou de stockages) ont été provisionnés à hauteur de 350.000 euros. 

Il faut également tenir compte de la modification du comportement des amateurs d'art qui, de plus en plus, se tournent vers les ventes en ligne "avec un volume énorme", a encore plaidé l'avocate, soulignant qu'il s'agissait d'un revers pour les salles de vente. En 2018, sur cinq ventes organisées par Pierre Bergé Belgique, deux ont débouché sur des résultats négatifs, une situation qui a poussé les responsables de la salle de ventes à réduire la voilure et à ne plus organiser que deux ventes en 2019

Diversification des activités

La salle de ventes va rester, mais nous avons développé une activité d'apporteur d'affaires.
Fanny Laune
Avocate de Pierre Bergé Belgique

Face à ce constat morose, les responsables de la salle de ventes ont décidé de diversifier les activités de Pierre Bergé Belgique. "La salle de ventes va rester, mais nous avons développé une activité d'apporteur d'affaires. Une convention à cet égard a été signée à la fin du mois d'octobre et nous en ressentons déjà les retours financiers. Cela a permis de rapporter 45.000 euros en décembre 2019", a expliqué l'avocate de la salle de ventes. 

A côté de cela, la salle de ventes a également décidé de travailler sur ses coûts fixes. Les ventes, qui se déroulaient au Cercle de Lorraine, vont déménager. Cette mesure permettra d'économiser 7.000 euros par vente. Des discussions ont été menées avec le transporteur qui gère également le stockage des oeuvres d'art. Les discussions en question n'ayant pas abouti, il a été mis fin au contrat avec le transporteur. Dorénavant, les oeuvres mises en vente seront stockées à Paris avant d'être acheminées à Bruxelles pour les ventes. 

Soutien de la maison mère

On l'a dit, la filiale belge avait une dette de 2,7 millions d'euros vis-à-vis de sa maison mère. Dans le cadre de la PRJ, cette dette va être ramenée à 20% de sa valeur, soit un montant de 540.000 euros que la maison mère a accepté de faire rembourser après la période de 18 mois nécessaire pour rembourser les autres créanciers. Au cours de l'audience, il a été répété que la salle de ventes bruxelloise pouvait compter sur le soutien de Paris. C'est dans cet ordre d'idée que Pierre Bergé Paris a décidé de prendre en charge les frais de loyer de sa filiale bruxelloise et les coûts d'une consultante, soit au total une ardoise annuelle de près de 100.000 euros. 

On a mis en place des mesures concrètes pour réduire les coûts et diversifier l'activité et on a également mis en place un plan d'apurement.
Fanny Laune

"Nous avons déposé un bilan provisoire au 31 décembre 2019 pour avoir une idée de la situation. On a toujours une perte de 500.000 euros (dont 350.000 euros de provision pour les litiges), mais on remarque une nette progression du résultat brut entre 2018 et 2019, période au cours de laquelle il est passé de moins 500.000 euros à moins 50.000 euros", a encore plaidé l'avocate de Pierre Bergé Belgique avant de préciser que cela permettait d'être optimiste pour l'avenir. "On a mis en place des mesures concrètes pour réduire les coûts et diversifier l'activité et on a également mis en place un plan d'apurement", a-t-elle conclu. 

L'issue du vote faisait peu de doutes, sachant que 14 créanciers sur 24 soutiennent la plan présenté et qu'ils "pèsent" environ 2,7 millions d'euros sur un total de 3 millions.

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