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La start-up belge Morrow Optics développe les lunettes du futur

La puce électronique posée sur les branches de la monture n’est presque pas visible. ©jonas lampens

Munies de nanotechnologies, les lunettes de Morrow Optics permettent de corriger la presbytie. Développée par l’ancien directeur de l’Imec, l’innovation a été présentée ce week-end au salon mondial de l’optique à Milan.

Vous reculez votre journal pour mieux lire ces lignes? Ce réflexe dont se moquent gentiment les plus jeunes se généralise au-delà d’un certain âge. Cette baisse de la vision de près est due à l’évolution de l’œil, la célèbre presbytie. "En vieillissant, le cristallin perd de sa souplesse et influence la vue. C’est un phénomène qui débute dès l’âge de deux ans mais qui s’accélère fortement à partir de 45 ans", explique dans un cours express sur l’optique Paul Marchal.

S’il n’est pas encore concerné par le problème, il connaît déjà le sujet par cœur. Depuis deux ans, avec sa start-up Morrow Optics, il développe un moyen pour résoudre ce problème. Durant tout le week-end au salon d’optique de Milan, il a présenté sa solution qui ressemble à première vue à une simple paire de lunettes. Mais un petit détail posé sur les branches fait toute la différence. "Nous avons mis en place une nanotechnologie permettant en une pression sur la branche de mettre en place la correction pour la presbytie", explique le responsable, démonstration à l’appui.

Suivant le mode choisi, la correction des verres change. Une petite révolution possible grâce à une technologie de pointe. "Les verres sont composés d’une feuille de cristaux liquides ce qui permet de changer l’index de réfraction", dévoile le docteur en électronique.

Pour développer ces lunettes 2.0 dont le prix tournera autour des 500 euros, Paul Marchal a pu s’appuyer sur son expérience. Avant de lancer sa start-up, le patron a été durant plusieurs années le directeur de l’Imec, l’institut de microtechnologie belge, reconnu mondialement.

10 millions d’euros levés

Les lunettes étant désormais opérationnelles, ne reste plus qu’à trouver des revendeurs. "Pour cela, on souhaite travailler avec des opticiens indépendants. Nous sommes déjà en discussion avec une dizaine en Belgique", explique Paul Marchal.

"On souhaite travailler avec des opticiens indépendants. Nous sommes déjà en discussion avec une dizaine en Belgique."
Paul Marchal
fondateur de morrow optics

En attendant les revendeurs, Morrow Optics a déjà convaincu les investisseurs. Depuis sa création, la société a déjà levé près de 10 millions d’euros, via deux tours de table, le second il y a quelques mois. Aujourd’hui, ils sont une petite quinzaine à s’affairer sur les lunettes. Quelques évolutions sont encore attendues. Pour le moment, "l’option" qui ne corrige pas la presbytie est un verre neutre. "Nous avons donc d’abord développé des lunettes solaires. Mais dès l’année prochaine, nous pourrons intégrer des verres correcteurs pour les autres problèmes de vue", ajoute encore Paul Marchal, qui peut s’appuyer sur un marché potentiel énorme. "La presbytie n’est pas une maladie mais une évolution naturelle. C’est comme les cheveux gris. Tout le monde est concerné à un moment ou l’autre", sourit Paul Marchal. De quoi lui faire espérer l’équilibre pour 2022.

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