Le Brexit, un fardeau depuis 2016 pour les entreprises

©EPA

Les relations commerciales belgo-britanniques concernent surtout l’agroalimentaire, la chimie-pharmacie et le textile. Les grandes entreprises ont eu le temps et surtout les moyens de se préparer, les PME un peu moins.

S’il est validé samedi par Westminster (ce qui est loin d’être acquis), l’accord conclu entre Européens et Britanniques sur le Brexit épargnera sans doute bien des tracas logistiques, administratifs et financiers aux entreprises exportatrices et importatrices. Les secteurs qui exportent le plus vers le Royaume-Uni sont l’agroalimentaire, la chimie-pharmacie et le textile, essentiellement présents en Flandre. 

Si le deal est confirmé, les entreprises recevront un ballon d’oxygène bienvenu, après trois années déjà passablement chahutées pour certains acteurs. Un petit sondage express auprès de différentes entreprises belges ayant des relations commerciales suivies avec le Royaume-Uni permet de dire que si les gros acteurs ont eu le temps et les moyens de se préparer, même au pire, il n’en va pas toujours de même des PME.

"Psychologiquement, nous nous sommes préparés au pire, mais dans la réalité, à notre niveau, nous subissons plutôt les choses."
Arnaud Bonnel
Patron de Food n’Joy

"Psychologiquement, nous nous sommes préparés au pire, mais dans la réalité, à notre niveau, nous subissons plutôt les choses", ironise Arnaud Bonnel, le patron de Food n’Joy. Cette PME familiale basée à Dottignies, qui emploie une trentaine de personnes, produit des fonds de tartelettes et des verrines sucrées et salées. Le Royaume-Uni, son 3e marché après la Belgique et la France, lui rapporte 15% de ses revenus.

L’entreprise hennuyère a subi les premiers effets du Brexit quasiment dès le lendemain du référendum de 2016. "Celui-ci a eu un impact sur la parité livre-euro, ce qui a fait monter nos prix et poussé nos clients à renégocier les tarifs. Il y a aussi la perte de confiance du consommateur britannique, qui consomme moins, en particulier des produits de consommation plaisir comme les nôtres", explique Arnaud Bonnel.

Et comme d’autres entreprises alimentaires, Food ‘n Joy subit l’effet de la constitution de stocks par les clients britanniques qui ont voulu anticiper un Brexit dur et d’éventuelles pénuries à la date initiale fixée au 31 mars dernier. Une fois les stocks constitués, la demande a reculé.

Chez Mydibel, qui exporte 96% de sa production de pommes de terre (660 salariés pour un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros), l’expérience des marchés lointains (plus de 50% de ses ventes se font hors d’Europe) est un puissant adjuvant. "Cela fait deux ans que nous nous préparons et préparons nos clients à tous les scénarios, y compris à celui d’un Brexit dur. Et comme nous sommes accoutumés aux marchés d’exportation lointains, le problème du Brexit est sans doute moins important que pour d’autres. Nous sommes prêts", dit Marc Van Herreweghe, le CEO de Mydibel.

58 millions €/an
Pour un groupe comme GSK, très présent au Royaume-Uni et en Belgique, les coûts ultérieurs et récurrents liés au Brexit devraient atteindre 58 millions d’euros par an.

Côté pharma, pour UCB, qui dispose d’une filiale au Royaume Uni, et GSK Vaccines, filiale belge du géant d’outre-Manche, l’enjeu principal est d’assurer la continuité de l’approvisionnement des médicaments, vaccins et produits de santé, tant en Belgique qu’au Royaume-Uni.

  • Chez UCB, qui vend pour près de 150 millions d’euros au Royaume-Uni, l’enjeu concerne le marché britannique uniquement. "Notre filiale est surtout dédiée à la recherche et n’exporte pas chez nous. L’enjeu, c’est surtout la recherche de talents", dit Laurent Schots, porte-parole d’UCB.
  • Chez GSK, les flux de produits vont dans les deux sens. Le groupe a donc mis en place un plan d’urgence pour le Brexit d’un coût estimé à 80 millions d’euros. Les objectifs sont multiples. Il s’agit notamment d’organiser la certification des médicaments dans l’UE ou encore d’adapter les emballages. A plus long terme, GSK estime à 58 millions d’euros par an les coûts ultérieurs et récurrents liés au Brexit. Ceux-ci pourraient inclure des surcharges douanières, le coût de double tests de nouveaux traitements ou encore la libération des lots.

Pas de surcharge administrative

"L’administration britannique a une approche très pragmatique. Sa volonté est de ne pas multiplier les contraintes supplémentaires sur les entreprises exportatrices."
Thierry Huet
Patron du fabricant de biscuits Desobry

Si l’accord conclu ce jeudi passe la rampe du Parlement britannique, la situation actuelle devrait grosso modo rester en l’état, jusqu’en 2021 en tout cas. "Le niveau des taxes sur les exportations devrait rester à peu près le même et on devrait éviter une surcharge de papiers pour les formalités douanières", estime Fabio Mauro, directeur de l’Awex en charge de l’Europe occidentale.

Comme d’autres administrations, l’Agence wallonne à l’Exportation s’est attachée à préparer les entreprises au scénario du pire. Thierry Huet, le patron du fabricant de biscuits Desobry, affiche son optimisme. "L’administration britannique a une approche très pragmatique. Sa volonté est de ne pas multiplier les contraintes supplémentaires sur les entreprises exportatrices", assure-t-il. On demande à voir...

S’il est validé samedi par Westminster (ce qui est loin d’être acquis), l’accord conclu entre Européens et Britanniques sur le Brexit épargnera sans doute bien des tracas logistiques, administratifs et financiers aux entreprises exportatrices et importatrices.

Les secteurs qui exportent le plus vers le Royaume Uni sont l’agroalimentaire, la chimie-pharmacie et le textile, essentiellement présent en Flandre. Si le deal est confirmé, les entreprises reecevront un ballon d’oxygène bienvenu, après trois années déjà passablement chahutées pour certains acteurs.

Un petit sondage express auprès de différentes entreprises belges ayant des reations commerciales suivies avec le Royaume Uni permet de dire que si les gros acteurs ont eu le temps et les moyens de se préparer, même au pire, il n’en va pas toujours de même des PME.

"Psychologiquement, nous nous sommes préparés au pire, mais dans la réalité, à notre niveau, nous subissons plutôt les choses", ironise Arnaud Bonnel, le patron de Food n’Joy. Cette PME familiale basée à Dottignies, qui emploie une trentaine de personnes, produit des fonds de tartelettes et des verrines sucrées et salées. Le Royaume Uni, son 3e marché après la Belgque et la France, lui rapporte 15% de ses revenus.

L’entreprise hennyère a subi les premiers effets du Brexit quasiment dès le lendemain du referendum de 2016. "Celui-ci a eu un impact sur la parité livre-euro, ce qui a fait monter nos prix et poussé nos clients à renégocier les tarifs. Il y a aussi la perte de confiance du consommateur britannique, qui consomme moins, en particulier des produits de consommation plaisir comme les nôtres", explique Arnaud Bonnel.

Et comme d’autres entreprises alimentaires, Food ‘n Joy subit l’effet de la constitution de stocks par les clients britanniques qui ont voulu anticiper un Brexit dur et d’éventuelles pénuries à la date initiale fixée au 31 mars dernier. Une fois les stocks constitués, la demande a reculé.

Chez Mydibel, qui exporte 96% de sa production de pommes de terre (660 salariés pour un chiffre d’affaires de 250 millions d’euros), l’expérience des marchés lointains (plus de 50% de ses ventes se font hors d’Europe) est un puissant adjuvant. "Cela fait deux ans que nous nous préparons et préparons nos clients à tous les scénarios, y compris à celui d’un Brexit dur. Et comme nous sommes accoutumés aux marchés d’exportation lointains, le problème du Brexit est sans doute moins important que pour d’autres. Nous sommes prêts", dit Marc Van Herreweghe, le CEO de Mydibel.

Côté pharma, UCB, qui dispose d’une filiale au Royaume Uni, et GSK Vaccines, filiale belge du géant d’outre-Manche, l’enjeu principal est d’assurer la continuité de l’approvisionnement des médicaments, vaccins et produit de santé, tant en Belgique qu’au Royaume-Uni.

Chez UCB, qui vend pour près de 150 millions d’euros au Royaume-Uni, l’enjeu concerne le marché britannique uniquement. "Notre filiale est surtout dédiée à la recherche et n’exporte pas chez nous. L’enjeu, c’est surtout le recherche de talents", dit Laurent Schots, porte-parole d’UCB.

Chez GSK, les flux de produits vont dans les deux sens. Le groupe a donc mis en place un plan d’urgence pour le Brexit d’un coût estimé à 80 millions d’euros. Les objectifs sont multiples.Ils s’agit notamment d’organiser la certification des médicaments dans l’UE ou encore d’adapter les emballages. 

A plus long terme, GSK estime à 58 millions d’euros par an les coûts ultérieurs et récurrents liés au Brexit. Ceux-ci pourraient inclure des surcharges douanières, le coût de double tests de nouveaux traitements ou encore la libération des lots.

 

Pas de surcharge administrative

Si l’accord conclu hier passe la rampe du Parlement britannique, la situation actuelle devrait grosso modo rester en l’état, jusqu’en 2021 en tout cas. "Le niveau des taxes sur les exportations devrait rester à peu près le même et on devrait éviter une surcharge de papiers pour les formalités douanières", estime Fabio Mauro, directeur de l’Awex en charge de l’Europe occidentale.

Comme d’autres administrations,

l’Agence wallonne à l’Exportation s’est attachée à préparer les entreprises au scénario du pire.

Thierry Huet, le patron du fabricant de biscuits Desobry, affiche son optimisme. "L’administration britannique a une approche très pragmatique. Sa volonté est de ne pas miultiplier les contraintes supplémentaires sur les entreprises exportatrices", assure-t-il. On demande à voir...

Lire également

Publicité
Publicité