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Le CEO belge est plus jeune mais plus formé qu'ailleurs

©EPA

Près d’un patron sur quatre est entré en fonction avant ses 45 ans en Belgique. Il faut dire que la quasi-totalité des numéros un disposent d’un diplôme avancé.

La sphère de l’entreprise belge fait visiblement confiance aux jeunes. En effet, près d’un patron sur quatre au sein de plat pays a pris les rênes avant de souffler ses 45 bougies, ressort-il d’une récente étude du chasseur de têtes Heidrick & Struggles, réalisée sur un échantillon de 906 CEO actifs dans quelque 16 pays. Une tendance que l’on ne retrouve que chez nos voisins scandinaves dans une mesure similaire. Résultat, la moyenne d’âge d’entrée en fonction tourne autour des 47 ans en Belgique, quand elle frôle les 50 ans pour les autres CEO de par le monde.

Ce qui l’explique? "Le fait qu’en général, le CEO d’une entreprise en Belgique est plus formé que ses pairs", souligne Marie-Hélène De Coster, managing partner du cabinet en Belgique. "Près de neuf patrons sur dix chez nous ont décroché un diplômé d’études supérieures, quand cette proportion tourne autour des 40% dans des pays comme l’Australie ou l’Italie."

Pas forcément titulaires d'un MBA

47 ans
L’âge moyen de la nomination des CEO du Bel 20 est de 47 ans, soit deux ans de moins qu’au niveau international. Et pour cause, de nombreuses entreprises font confiance aux jeunes.

Mais il n’en va pas toujours d’un MBA. En effet, ce que certains voient comme la clé d’accès aux fonctions supérieures n’a concerné qu’un gros quart des embauches au cours de l’année écoulée, les autres nouveaux patrons étant plutôt titulaires de diplômes avancés dans leurs matières – une proportion qui se reflète aussi à la grosse louche sur l’ensemble des CEO actuellement en fonction dans le monde. Quand en Belgique, le rapport est d’un sur trois.

Cela tient au fait notamment que, dans le pays, deux tiers des patrons ont occupé une fonction préalable au "c-level" (CFO, COO, CIO…) avant d’accéder à la fonction première. Rien d’anormal, selon le cabinet. En effet, "au vu des fluctuations au niveau économique et politique, si les entreprises sont prêtes à prendre un risque sur l’âge (pour des questions notamment de dynamisme, de vision modernisée, NDLR), elles cherchent quand même des gens avec un bagage. Avoir une expérience à ce niveau dans sa carrière reste encore et toujours bienvenu pour viser le poste de CEO", détaille Marie-Hélène De Coster. De quoi se frotter à la finance et à la gestion en amont, les deux types d’expériences les plus valorisées pour atteindre le rang de numéro un, mais aussi aider à gérer parfois jusqu’à trois ou quatre générations de travailleurs présentes sous un même toit.

©Mediafin

Non-nationaux en vogue

Du reste, pour rester dans la veine des profils recherchés, force est de constater qu’en Belgique, être étranger aide à devenir grand patron. 43% des CEO à la tête d’entreprise chez nous sont venus d’ailleurs. Soit un niveau similaire à ce que connaissent les Pays-Bas et la Suisse, qui trustent le haut du classement, mais tranche résolument avec la situation française, par exemple, où près de neuf patrons sur dix sont issus de l’Hexagone.

Un CEO sur dix est une femme aujourd’hui – le plus haut score après la Norvège –, quand la France est à 8%, le Royaume-Uni à 7%, les Pays-Bas à 4% et l’Allemagne (comme la Suisse) à 2% seulement.

Et "on peut s’en féliciter", avance Marie-Hélène De Coster. "Cela démontre une qualité de vie, un attrait du pays pour les hauts profils étrangers qui les encourage à envisager une carrière ici". Du reste, la tendance s’explique évidemment par "une centralité géographique et une accessibilité très large".

Du côté des éléments positifs, l’on peut aussi noter la diversité constatée dans le plat pays, d’après le cabinet. Un CEO sur dix est une femme aujourd’hui – le plus haut score après la Norvège –, quand la France est à 8%, le Royaume-Uni à 7%, les Pays-Bas à 4% et l’Allemagne (comme la Suisse) à 2% seulement. Seul lot de consolation, "cette année, dans chacun des 16 pays observés par l’étude, on a pu compter une CEO femme au minimum". Un élément "positif, même s’il est clair qu’on y est pas encore", qui devrait continuer à être scruté de par ce que peut apporter la diversité aux organisations, évoque la spécialiste.

Alors, si des quotas ont aujourd’hui fait leur apparition au niveau des conseils d’administration, il n’en est rien au niveau des comités exécutifs, "car encore faut-il avoir assez de promotion interne que pour que des femmes atteignent des fonctions managériales. Ce qui n’a parfois rien d’une sinécure dans certaines industries".

Un CEO d'une entreprise du BEL 20 a gagné autant qu'un travailleur belge moyen en un an

En une dizaine de jours, un CEO d'une entreprise inscrite au BEL 20 a gagné autant qu'un travailleur belge moyen en un an, selon le PTB. "Ce 9 janvier, après 6 jours de travail, un CEO aura gagné autant qu'un travailleur en un an", souligne le parti de gauche radicale. Les chiffres sont tirés d'une étude de la Vlerick Business School sur les salaires des CEO en Belgique.

"Ils montrent la choquante réalité des inégalités salariales" dans notre pays, insiste le PTB qui plaide pour que chaque entreprise rende public l'écart salarial existant en son sein, comme cela se fait aux Pays-Bas.

Entre 2014 et 2018, l'écart entre les salaires des CEO des vingt plus grosses entreprises de la Bourse de Bruxelles et ceux des travailleurs s'est creusé. Durant cette période, les salaires de ces CEO ont augmenté de 16%, alors que ceux des travailleurs n'ont augmenté en que de 5,5%. "Nous demandons qu'on mette fin à la politique de gel des salaires et que le salaire minimum soit augmenté à 14 euros de l'heure", conclut le parti. 

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