Le "CEO Jackpot Day" est déjà passé...

Carlos Brito, CEO d'AB InBev ©REUTERS

En ce 8 janvier, les CEO du Bel 20 ont déjà gagné autant qu'un travailleur moyen sur toute l'année. Pour leurs homologues britanniques, cette date est passée depuis le 4 janvier.

2018 a sonné à nos portes il y a 8 jours à peine et déjà les principaux patrons des Bel 20 ont gagné l'équivalent d'un an de salaire du travailleur belge médian, annonce la CNE. Le syndicat chrétien qualifie ce jour de "CEO jackpot day". Notons toutefois que pour leurs homologues anglais, ce jour était le 4 janvier: le "Fat Cat Thursday" ou le jeudi des gros bonnets.

La CNE se fonde sur l'étude du salaire annuel médian des CEO du Bel 20:  

• 1,65 million en 2015
• 2,08 millions en 2016, soit une hausse de 25,7%, ce qui représente 7.969,35 euros par jour travaillé.

"Sachant que le salaire annuel médian des travailleurs belges en 2016 est de 44.374 euros (salaire estimé sur base des statistiques disponibles), les CEO du Bel 20 gagnent le salaire annuel médian des travailleurs belges en 5,57 jours de travail (contre 6,79 jours en 2015)", poursuit le syndicat. Le "CEO jackpot day" tombe donc cette année le 8 janvier, contre le 10 janvier l'an dernier.

La CNE relève également qu'en 2016, un CEO gagnait 47 fois le salaire médian en Belgique, contre 38 fois en 2015.

8,2%
Progression salariale
En tenant compte de l'inflation, la rémunération réelle du travailleur belge n'a progressé que de 8,2% depuis 1996.

Le syndicat souligne que les rémunérations réelles, c'est à dire en tenant compte de l'inflation, du travailleur belge n'ont progressé que de 8,2% depuis 1996, contre:

• +3,6% en Allemagne
• +18% en France
• +18,4% aux Pays-Bas

©Document CNE

"Les travailleurs belges ont des raisons d'être frustrés actuellement. La Belgique a connu neuf années de baisse des rémunérations réelles depuis 1996 dont trois depuis la mise en place du gouvernement Michel (2015, 2016, 2017). Le salaire a baissé depuis la mise en place de ce gouvernement de 3,08%, ce qui est la plus importante perte de pouvoir d'achat depuis 1996", relève Nabil Sheikh Hassan, économiste au service d'études de la CNE.

Le tax shift du gouvernement fédéral ne soutient guère les rémunérations réelles, selon le syndicat chrétien, qui plaide pour "une évolution à la hausse en réel des rémunérations brutes". "En effet, une hausse de celles-ci permet une meilleure couverture sociale et un meilleur financement des fonctions collectives via des recettes accrues pour l'Etat et la sécurité sociale. Cela permettrait également d'éviter un problème majeur: actuellement, les travailleurs voient des augmentations nettes via le tax-shift gommées par des hausses de TVA, taxes et des pertes de droits de sécurité sociale."

Au Royaume-Uni, le High Pay Centre et le CIPD affirment que la rémunération annuelle moyenne des patrons des entreprises du FTSE-100 a diminué en 2016, pour atteindre 4,5 millions de livres (5,05 millions d'euros), contre 5,4 millions de livres (6,07 millions d'euros) en 2015. Malgré cette baisse, leur revenu demeurait 120 fois plus important que celui des employés britanniques.

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