Le fournisseur des boulangers-pâtissiers Bruyerre multiplie les acquisitions

Jean-François Collet, le CEO de la société Bruyerre. ©Kristof Vadino

Basée à Gosselies, Bruyerre enchaîne les rachats de sociétés. Objectif? Sécuriser sa place de leader au sud pays, mais aussi entamer un déploiement en Flandre.

C'est une nouvelle page qui s'écrit dans l'histoire plus que centenaire de Bruyerre. Le fournisseur carolo des boulangeries-pâtisseries, fondé en 1909, a en effet décidé de passer en mode conquête. Et en ce sens, il multiplie les acquisitions.

Tout d'abord, le groupe a racheté en août dernier la société Jacoby, leader liégeois dans la vente de matériel de boucherie et à destination de l'horeca (en ce compris la cuisine de collectivité), après avoir acquis l'an passé encore le distributeur de matériel professionnel Pieces.pro, basé à Alleur.

Bruyerre

  • Fondée en 1909, l'entreprise est basée à Gosselies.
  • Grâce à ses activités de fournisseur de matériel et matières premières aux boulangers-pâtissiers, elle enregistrait 85 millions d'euros de chiffre d'affaires environ l'an dernier. Les 100 millions sont visés en 2021.
  • Elle compte à ce jour 240 collaborateurs et 5 points de vente (Nossegem, Tournai, Charleroi, Namur et Liège).
  • Le capital est à 100% familial.

L'opération a permis à Bruyerre d'ajouter 9 millions d'euros de chiffre d'affaires à son activité et 25 personnes à ses effectifs. Et ce, tout en lui ouvrant les portes des Renmans et autres Sodexo avec ses activités de petit et gros matériel (trancheuse, cellule de refroidissement, lave-vaisselle industriel,…). Un créneau que la société entend désormais développer sur le reste de sa présence géographique, là où Jacoby était principalement reconnu en provinces de Liège, de Namur et de Luxembourg.

Mais l'appétit ne s'arrête pas là. Une autre transaction vient d'être clôturée courant du mois de l'autre côté de la frontière, avec la reprise du grossiste en matières premières Schoevaerts, basé à Vilvorde.

Incursion en Flandre

Première incursion de Bruyerre au nord du pays, ce rachat signe une ambition forte pour l'avenir du groupe de Gosselies. En effet, si chaque année une croissance à deux chiffres est enregistrée - "ce qui n'est pas mal par les temps qui courent", sourit le CEO Jean-François Collet -, "il est clair qu'un risque de stabilisation des activités pointait le bout de son nez, à terme, en Région wallonne".

C'est ainsi que l'entreprise à 100% en mains familiales a en parallèle décidé d'ouvrir, fin septembre, un magasin à Nossegem, alors qu'elle était jusqu'ici uniquement présente au sud avec ses quatre points de vente (Gosselies, Namur, Liège et Tournai).

Ensemble, ces deux poids d'entrée au marché flamand, distants d'une quinzaine de kilomètres, témoignent des nouvelles ambitions de la famille Collet. Tout comme, d'ailleurs, la présence du bâtiment flambant neuf érigé au pied de l'autoroute de Louvain, qu'il n'y a désormais plus qu'à emprunter pour entamer l'aventure.

Succession

Après tout, l'heure est propice aux réflexions stratégiques pour Bruyerre puisque Jean-François Collet, représentant de la troisième génération, prépare sa succession.

"A mon âge, il fallait penser sérieusement à la succession. Pour autant, la transition se fera de manière progressive."
Jean-François Collet
CEO de Bruyerre

C'est ainsi que sa fille, Justine, est notamment montée au conseil d'administration dans l'optique, à terme, de remplacer le patron. "A mon âge (63 ans, NDLR), il fallait y penser sérieusement. Mais pour autant, la transition se fera de manière progressive", indique celui dont l'épouse est connue des carolos comme la fleuriste des Fleurs Marie-Thérèse.

A la clé, la jeune fille de 31 ans devrait se voir confier un groupe de 240 collaborateurs à ce jour, fort de 85 millions d'euros environ de chiffre d'affaires en 2019 - pour 20,9 millions de marge brute - ayant pu également profiter de l'acquisition, plus lointaine déjà, du grossiste namurois Vanhoebrock, et, demain, du rachat des 50% qui lui manquaient encore dans son homologue de plus petite taille que sont les établissements Delsemme.

100
millions d'euros
Fort de sa croissance interne et externe, Bruyerre vise les 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2021.

D'après les prévisions de Bruyerre, les 100 millions d'euros de chiffre d'affaires devraient être atteints en 2021.

Recentrage stratégique

Et pour cause, le groupe dispose d'un positionnement unique sur le marché, avec sa large gamme de matériel (petit et gros) et ses matières premières prisées des boulangers-pâtissiers, en ce compris de la grande distribution. Rien que pour les croissants par exemple, 25 références sont proposées, tout comme 7 pour la levure.

L'activité chocolaterie et confiserie avait, elle, été cédée en 2018 au fabricant de pâtes à tartiner et de pralines Corné 1932, basé à Grand-Bigard, dans une optique de recentrage stratégique. Bruyerre continue pour autant la commercialisation de produits de chocolaterie, mais sans plus les fabriquer. A l'époque, l'activité représentait une trentaine d'emplois, pour près de 5 millions de chiffre d'affaires (soit 6 à 7% des activités du groupe).

Justine Collet est actuellement directrice générale adjointe de l'entreprise, après des études en sciences de gestion (UCLouvain) à Mons.

Seules les branches familiales de Jean-François et Thierry Collet sont encore représentées au capital, l'entrepreneur ayant racheté les participations de ses neveux et nièces non-actives "pour ne pas trop se perdre".

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