Le management de Cameleon veut reprendre la société

©saskia vanderstichele

Alors que Cameleon a fait aveu de faillite il y a quelques jours, une partie du management est en train de préparer un projet de reprise.

Alors que Famous Clothes, la maison mère de Cameleon, a fait aveu de faillite devant le tribunal de l'entreprise francophone de Bruxelles mercredi dernier, une partie du management de la société, emmenée par Pascale Switten, la managing director de Cameleon, travaille actuellement à un projet de relance de la société.

En réalité, la survie de Cameleon était en discussion depuis plusieurs mois et, sous la houlette du médiateur d'entreprise Nicholas Ouchinsky (Lexlitis), différentes pistes de relance avaient été étudiées. Hélas, les deux vagues de Covid-19 ont eu raison des dernières velléités et la société fondée en 1988 par Jean-Cédric Van Der Belen, n'a pas eu d'autre choix que le dépôt de bilan. C'est à ce moment que Pascale Switten est sortie du bois avec un projet de relance porté, à ce stade, par une partie du management de la société active dans la vente de vêtements de marques des saisons précédentes.

3,5
millions d'euros
Le budget nécessaire à la relance de Cameleon.

Business plan

A ce stade, l'équipe réunie autour de Pascale Switten a réussi à lever un million d'euros. Elle-même a tenu à investir financièrement dans ce projet de reprise qu'elle compte présenter dans les meilleurs délais au curateur qui sera désigné par le tribunal de l'entreprise francophone de Bruxelles.

Depuis plus d'une semaine, l'équipe qui porte ce projet de reprise bénéficie du soutien d'Hub Brussels et de l'ASBL JobYourself. Ces deux entités envoient des équipes d'experts juridiques et financiers afin d'aider le management à préparer le meilleur dossier à présenter au curateur et à Finance Brussels, un des actionnaires de Cameleon qui pourrait être invité à remettre au pot dans ce nouveau projet. "Nous avons vu des experts et des avocats, et en tant qu'équipe, nous allons devoir monter en puissance", nous a expliqué Pascale Switten qui souhaite que son projet puisse "démarrer sur des bases saines et sereines".

Si elle ne veut pas rompre avec le concept qui a fait le succès et la renommée de Cameleon, elle veut à nouveau le rôle de précurseur que tenait Cameleon, mais que la société semble avoir perdu. Le projet de la nouvelle équipe prévoit la reprise de près de 85% des 110 équivalents temps plein nécessaires pour faire tourner Cameleon. Quant au business plan, échelonné dans le temps, il prévoit de rassembler 1,5 million pour le démarrage et de lever un million pour la fin décembre et un autre million d'ici à la fin du mois de février. L'équipe veut donc rassembler 3,5 millions pour redémarrer.

"Nous avons appris beaucoup de la première relance. Nous serons prêts quand nous pourrons rouvrir."
Pascale Switten
Porteuse d'un projet de reprise de Cameleon

"Je veux créer un précédent de reprise d'une entreprise par son personnel", nous a, pour sa part, expliqué Jean Olivier Collinet, l'administrateur-délégué de JobYourself, qui porte le projet-pilote Reload Yourself, visant à valoriser la reprise d'entreprises par des membres du personnel. Tout comme Hub Brussels, Jean Olivier Collinet se fait fort de mettre Cameleon en relation avec des experts dans différents secteurs afin d'accompagner l'équipe dans son projet de reprise.

"On sait qu'il y a une équipe bien entourée et motivée à reprendre. On entend qu'ils travaillent tous les jours et on analysera leur projet avec toute l'attention nécessaire", nous a confié Pierre Hermant, le CEO de Finance Brussels, assurant qu'il devra s'agir d'un projet "pérenne et rentable".

"Au moment du premier lockdown, nous n'avions pas de boule de cristal. Nous avons appris beaucoup de la première relance. Nous serons prêts quand nous pourrons rouvrir", a conclu Pascale Switten qui devra encore convaincre la curateur de valider l'offre à venir.

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