Le marché des offres d'emploi ne montre pas de reprise

Colruyt publie le plus d'offres d'emploi sur le site Indeed, devant Lidl et bpost. ©Photo News

Les offres d'emploi ont chuté de 42% au cœur du confinement et n'ont pas repris, depuis, en Belgique, montre une étude compilée par la plateforme Indeed.

La reprise traîne à se concrétiser en Belgique, si l'on en juge par l'évolution des offres d'emploi. Par rapport à la même période de l'an dernier, l'offre est en baisse de 42% au premier septembre, un niveau plancher qu'elle avait atteint dès avril et qu'elle n'a plus quitté depuis, selon les statistiques compilées par Indeed, le site d'offres d'emploi. En comparaison, les pays voisins font tous mieux, sauf le Royaume-Uni (-52%). La France et l'Irlande enregistrent actuellement une baisse de 38% du nombre d'offres d'emploi, les Pays-Bas de 26%, l'Allemagne de 23% seulement. Et outre-Atlantique, les États-Unis, où la reprise semble la plus rapide, sont revenus à -20%, toujours selon la plateforme d'origine américaine Indeed qui est active dans quelque 50 pays. "Contrairement à d'autres marchés, la Belgique ne voit pas encore de reprise", en déduit Arjan Vissers, le responsable de la stratégie d'Indeed Benelux.

3,75%
Colruyt et Lidl sont responsables de 3,75% de toutes les offres d'emploi publiées par Indeed.

"À la mi-juin, suite au déconfinement, le marché a montré des signes de reprise", poursuit-il, "mais la menace d'une seconde vague d'infections en a effrayé plus d'un." Reste à voir pourquoi la Belgique fait moins bien que les autres pays sous revue. Arjan Vissers cite les différences entre les régimes d'aides gouvernementales comme explication.

Distribution et soins de santé leaders

"L'évolution des offres d'emploi confirme pour le moment l'hypothèse d'une reprise en K."
Arjan Vissers
responsable de la stratégie, Indeed Benelux

Mais certains secteurs s'en sortent beaucoup mieux, comme le montre la liste des entreprises qui publient le plus d'offres d'emploi. Chez Indeed, les grands distributeurs Colruyt et Lidl mènent le bal: ils recherchent 2,52% et 1,23% de l'ensemble des profils publiés sur la plateforme. Si l'on compte environ 100.000 annonces (Indeed ne révèle pas leur nombre exact pour des raisons de concurrence), cela signifie que Colruyt vise quelque 2.500 postes et Lidl, 1.200. Bpost se classe troisième, devant i-mens et Familiehulp, deux acteurs du secteur des soins de santé. "C'est la principale nouveauté", commente Arjan Vissers. "Quatre entreprises du secteur de la santé apparaissent dans le Top 10 (les deux autres sont Ferm et la Croix Jaune et Blanche), alors qu'il n'y en avait aucune dans notre étude d'octobre 2019."

Si ce secteur continue d'engager beaucoup parallèlement à la persistance de la pandémie, il en est d'autres qui recrutent parce qu'ils bénéficient de la crise ou de ses effets: c'est notamment le cas de la grande distribution, mais aussi des entreprises de logistique d'e-commerce. "L'évolution des offres d'emploi confirme pour le moment l'hypothèse d'une reprise en K", analyse Vissers, "avec des secteurs qui rebondissent et d'autres qui restent dans les difficultés." Ici aussi, des différences apparaissent d'un pays à l'autre: la construction se porte mieux aux Pays-Bas, où le secteur n'a dû cesser son activité à aucun moment.

"Avec l'insécurité persistante, les entreprises ont besoin de flexibilité et de maîtrise de leurs coûts."
Arjan Vissers
responsable de la stratégie, Indeed Benelux

Les flexi-jobs très recherchés

Autre leçon à tirer des chiffres des annonces d'emploi, les flexi-jobs ont à nouveau le vent en poupe en Belgique. Ces emplois complémentaires où le salaire brut est égal au net ont aussi connu un creux lors du "lockdown", mais sont remontés depuis la mi-mai alors que dans le même temps les autres formes d'emplois stagnaient. De 1.744 flexi-jobs par million d'offres d'emploi au 16 mai, on est repassé à 2.270 à la mi-juillet, soit une hausse de 30%. La plupart de ces jobs sont destinés aux secteurs de l'alimentation, du commerce et de la vente au détail, relève Indeed. "Avec l'insécurité persistante, notamment sur la question de la deuxième vague d'épidémie, les entreprises ont besoin de flexibilité et de maîtrise de leurs coûts", explique Arjan Vissers. Et quid si l'on manque de candidats flexi-jobeurs? "Les personnes en quête d'emploi s'adaptent toujours à la demande", répond-il en balayant l'argument.

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