Le modèle coopératif en plein essor

Avec ses 116.000 coopérateurs, la banque NewB (ici lors la première assemblée générale ordinaire en 2013) incarne le succès grandissant du modèle coopératif. ©Photo News

Le nombre de coopérateurs qui se rallient à de nouveaux projets en témoigne: les coopératives répondent à des besoins concrets qui vont au-delà des intérêts financiers.

Cent seize mille coopérateurs pour un projet bancaire: la nouvelle banque NewB est un exemple emblématique du succès grandissant d'un modèle économique plus participatif.

"Avec la crise qui montre les limites du modèle dominant, il y a une quête de sens. Les coopératives y répondent."
Flora Kocovski
Directrice générale de W.Alter

Si les sociétés coopératives rassemblent du monde, c'est parce qu'elles répondent à un besoin. "Avec la crise qui montre les limites du modèle économique dominant, il y a une quête de sens, une envie de transformation. Les coopératives y répondent en développant une activité qui répond à des besoins. Avec elles, l’argent n’est plus un moteur de rémunération des actionnaires, mais un moyen de développement", explique Flora Kocovski, directrice générale de W.Alter (ex-Sowecsom), filiale de la SRIW dédiée aux coopératives.

En témoignent, selon elle, les secteurs d'activité des coopératives: alimentation, banque, énergie, immobilier. Du concret, du tangible. Dans l'alimentaire, elles s'inscrivent en outre pour la plupart dans une démarche de proximité.

SCRL et "vraies" coopératives

En Belgique, 25.600 sociétés ont le statut coopératif. Mais c'est une acception très large: parmi celles-ci figurent un grand nombre de professions libérales, attirées par la facilité avec laquelle les associés peuvent rejoindre ou quitter la société.

La réforme du code des sociétés de 2019 établit une distinction entre les SCRL et les "vraies" coopératives, agréées par l’Alliance coopérative internationale. Elles doivent répondre à sept critères, parmi lesquels un droit de vote égal (une voix par coopérateur, quel que soit son apport financier), une rémunération limitée du capital souscrit – le bénéfice doit être affecté en priorité au développement de l'entreprise – ou encore une contribution au développement durable de la communauté. En Belgique, on en dénombrait un peu plus de 600 en 2017. Elles seraient entre 1.000 et 2.000 aujourd'hui.

10
millions €
Depuis 2015, W. Alter a financé 89 projets coopératifs à hauteur de 10 millions d’euros.

Le nombre de dossiers soumis à W. Alter est en hausse sensible. "Depuis 2015, nous avons financé 89 projets à hauteur de 10 millions d’euros. Cela paraît peu mais cela s’explique par la taille modeste de la plupart des projets", explique Flora Kocovski. Et les emplois induits peuvent être importants. Exemple : la coopérative athoise Coprosain, qui n’emploie qu’une soixantaine de personnes, mais soutient une soixantaine d’exploitations en amont.

Un contre-exemple récent est venu récemment noircir le tableau: l'abandon, par la Coopérative des betteraviers transformateurs (CoBT), du projet de construction d'une sucrerie à Seneffe. Un échec dû à l'insertion de l'activité dans un seul segment, le sucre, déjà occupé par deux gros acteurs, et sans doute aussi à la frilosité des organismes créditeurs.

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