Le nettoyage à Liège passe par la case Ogeo Fund

Alors que la justice liégeoise enquête sur la nébuleuse Nethys, c'est au tour d'Ogeo Fund d'être rattrapé par le scandale. ©BELGA

Les nouveaux dirigeants d'Enodia et Nethys poursuivent leur entreprise de nettoyage des scories héritées de l'ère Moreau. C'est le tour du fonds de pension.

Saga Nethys, épisode x... Le conseil d'administration d'Ogeo Fund, le fonds de pension lié à l'intercommunale Enodia (ex-Publifin) et à Nethys, a licencié les deux membres de son comité de direction, Hervé Valkeneers et Emmanuel Lejeune. Motif: un "déficit constant dans la gouvernance". Ce qui implique qu'ils ont été remerciés sans indemnités ni préavis.

Après les inculpations de Stéphane Moreau, Pierre Meyers et François Fornieri (anciens CEO, président et président du comité de rémunération de Nethys, respectivement) en janvier, puis celle de Diego Aquilina, l'ex-CEO de l'assureur Integrale, le 26 du mois, et le licenciement cette semaine de Luc Partoune, le CEO de Liege Airport dont Nethys est actionnaire, ces deux licenciements ajoutent encore un chapitre à ce feuilleton médiatique à rallonge. Un feuilleton dont la trame tourne toujours autour des mêmes ressorts, si l'on en juge par ce qui a "fuité" sur les rapports à charge des dirigeants d'Ogeo.

Reproches

Deux rapports se sont succédé dans cette affaire, un document d'inspection rédigé par la FSMA, le régulateur des marchés financiers qui contrôle également les fonds de pension, et un audit réalisé par le bureau Deloitte, mandaté depuis l'automne par les nouveaux dirigeants d'Enodia et Nethys pour faire la lumière sur les agissements douteux de leurs prédécesseurs sous l'ère Moreau.

On leur reproche également, selon Le Vif, d'avoir réservé 6 millions d'euros pour de futurs bonus, d'avoir perçu des doubles rémunérations, ou encore d'avoir versé des frais d'avocats considérables.

Ces deux textes ont été remis au conseil d'administration d'Ogeo Fund, qui en a tiré les conclusions que l'on sait. On y reproche entre autres aux deux ex-directeurs du fonds de pension d'avoir utilisé des cartes de crédit de l'entreprise à des fins privées et d'avoir effectué des investissements "erratiques". On leur reproche également, selon Le Vif, d'avoir réservé 6 millions d'euros pour de futurs bonus, d'avoir perçu des doubles rémunérations, ou encore d'avoir versé des frais d'avocats considérables.

Pas moyen, bien entendu, d'accéder aux deux rapports par la voie normale. Deloitte le réserve à ses mandants, et la FSMA, aux administrateurs de la société contrôlée.

En attendant que soit désignée une nouvelle direction à la tête d'Ogeo Fund, la tutelle de sa gestion sera assurée par la présidente du conseil, Julie Fernandez Fernandez, assistée de deux autres administrateurs, Bertrand Demonceau et Paul Cuvelliez. On sait déjà que les membres du conseil se réuniront le 22 février prochain pour "prendre les dispositions nécessaires en accord avec la FSMA".

"Toute la lumière"

Ce nouvel épisode de la saga a déjà donné lieu à quelques réactions politiques. "Je souhaite que l'on fasse toute la lumière sur cette affaire et que l'on aille jusqu'au bout des choses", a déclaré jeudi Christophe Collignon, ministre wallon des Pouvoirs locaux. Il a ajouté que "le nouveau management de Nethys (Renaud Witmeur et Laurent Levaux, NDLR) et la présidente d'Enodia (Julie Fernandez Fernandez) mènent un travail de qualité et agissent avec détermination et méthode".

Dans ses derniers comptes publiés (2019), Ogeo Fund faisait état d'une situation financière saine.

Ceci dit, pour les affiliés (les communes et les intercommunales) et les clients indirects (les travailleurs et les pensionnés) d'Ogeo Fund, il n'y a, a priori, pas de raison de s'inquiéter. Dans ses derniers comptes publiés (2019), Ogeo Fund faisait état d'une situation financière saine. On retiendra qu'ils avaient été révisés par Isabelle Rasmont, au nom du cabinet PwC, qui avait uniquement "tiqué" sur le fait qu'ils avaient été déposés, de même que le rapport annuel, avec deux mois de retard. Elle avait souligné le retard dans un rapport de carence daté du 18 juin, avant qu'Ogeo ne corrige le tir à fin août.

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