Le premier fonds européen pour spin-offs naît en Wallonie

Vincent Blondel, le recteur de l'UCLouvain, inscrit la création de VIVES Inter-University Fund dans le prolongement du lancement de l'alliance des universités européennes: dans la recherche et les spino-offs, l'heure est aux collaborations à travers les unifs et les frontières. ©BELGA

L'UCLouvain est à l'origine du premier fonds d'investissement inter-universitaire européen voué à faire fructifier les spin-offs. Banques et invests y participent.

C'est une première à l'échelle européenne: cinq universités, dont deux belges, lancent un fonds d'investissement commun dédié à leurs populations de spin-offs ainsi qu'aux start-ups et scale-ups liées à elles. Et, ce qui ne gâte rien, les initiateurs sont les belges, avec l'Université de Louvain et la Sopartec, sa filiale de valorisation de la recherche, dans le double rôle du promoteur et gestionnaire. Le nouveau bébé s'appelle VIVES Inter-University Fund (VIVES IUF) et s'apparente aux fonds VIVES existants (I et II), à cette différence près qu'il travaillera pour les cinq universités partenaires et sur un territoire étendu aux quatre autres pays concernés.

Le projet avait déjà été évoqué voici quelques mois, mais il est à présent mûr et a pris corps. Outre l'UCLouvain, les partenaires sont la KULeuven, son université soeur, l'Université de Paris, l'Université du Luxembourg et celle de Wageningen aux Pays-Bas. Proximité géographique, affinités historiques et complémentarités sectorielles expliquent le choix des participants.

32 millions d'euros
fonds levés
VIVES Inter-Université Fund a dispose déjà de 32 millions d'euros d'engagements auprès d'un bel aréopage d'actionnaires. Il vise les 50 millions l'an prochain.

Le nouveau fonds a déjà levé 32 millions d'euros et prévoit d'y ajouter 18 millions l'an prochain pour en totaliser 50. Outre certaines des universités partenaires, dont l'UCLouvain qui, via la Sopartec, y a mis 3 millions d'euros, le premier tour de table réunit des banques et assureurs, des invests, des holdings publics et des "family offices", en majorité belges. On peut citer Belfius Insurance, BNPP Fortis Private Equity, ING Belgique, InvestSud, Namur Invest, IMBC (Invest de Mons Borinage Centre) Nivelinvest, Sambrinvest, Finance.Brussels, la SFPI et Securex. Des contacts ont été noués avec le Fonds européen d'investissement, filiale de la BEI, qui pourrait participer à la deuxième levée de fonds en 2021.

Santé, agritech, ingénierie et espace

"VIVES IUF investira dans quatre secteurs, explique Bruno van Lierde, qui préside le conseil de la Sopartec et siégera à celui du nouveau fonds: la santé, domaine dans lequel l'UCLouvain et la KUL excellent, l'agritech (l'agriculture du futur), qui est le domaine de prédilection de l'université de Wageningen, les services de l'ingénieur au sens large, qui englobent notamment les télécoms, le digital ou encore l'internet des objets, et l'espace, secteur clé de l'université du Luxembourg." Le fonds injectera jusqu'à 5 millions d'euros par dossier et interviendra dans deux à quatre entreprises par an. Il aura une durée de vie totale de 12 ans, mais concentrera sa phase d'investissement sur les cinq premières années.

"VIVES IUF investira dans quatre secteurs: la santé, l'agritech, les services de l'ingénieur et l'espace."
Bruno van Lierde
président de Sopartech, administrateur de VIVES IUF

Le choix de la santé est-il guidé par la crise pandémique? "Non, cela avait été défini a priori, répond Bruno van Lierde, mais la crise rend d'autant plus utile ce qui pourra être fait dans ce cadre. Ce choix est lié à l'historique de recherche des universités représentées ici, ainsi qu'à l'écosystème biotechnologique développé dans les trois Régions en Belgique et à l'impact sociétal qu'on pourra dégager."

Impact sociétal

Car comme les deux premiers fonds VIVES, le nouveau aura à la fois un objectif de rendement pour ses actionnaires et d'impact positif pour la société. "Parmi les services que rend l'université à la société figurent le soutien à l'innovation et sa contribution au développement économique et social", souligne Vincent Blondel, le recteur de l'UCLouvain.

"Elle le fait de diverses manières comme l'encouragement au déploiement du parc scientifique à Louvain-la-Neuve, la formation à la création d'entreprise, la stimulation du statut d'étudiant-entrepreneur, le développement de l'esprit d'entreprise, la création d'espaces de co-working et de salons... Nous avons créé une centaine de spin-offs ces dernières années, dont certaines sont devenues de grandes résussites comme IBA, IRIS, Odoo... C'est clairement inscrit dans nos missions. L'université est une mine d'or en matière de créativité et de recherches pointues." Et comme l'UCLouvain participe avec une cinquantaine d'autres homologues en Europe à la formation d'une alliance d'universités européennes, c'est assez naturellement que, dans le cours de ses réflexions, elle est parvenue à cette idée de lancer un fonds inter-universitaire européen.

"L'université est une mine d'or en matière de créativité et de recherches pointues."
Vincent Blondel
Recteur, de l'UCLouvain

Concrètement, c'est la Sopartec qui gérera VIVES IUF. "C'est la même équipe qui a déjà engrangé des succès importants comme Iteos, introduite avec succès au Nasdaq cette année, ou comme la biotech Novadip , grâce à laquelle on vient de réaliser une greffe osseuse en 3D au départ de cellules souches", commente Bruno van Lierde. Le flux de dossiers sera alimenté par l'écosystème de l'UCLouvain et par ceux des quatre partenaires. Le comité d'investissement a déjà tenu une première réunion, lors de laquelle une demi-douzaine de dossiers ont été évoqués.

"Il est encore trop tôt pour citer un premier dossier d'investissement, mais cela ne saurait tarder", ajoute le président de la Sopartec. La société gérant le portefeuille jouira d'une entière autonomie dans l'analyse et le choix des dossiers; autrement dit, elle ne devra pas appliquer une clef de répartition entre les universités (les écosystèmes) partenaires.

La société a été constituée devant notaire à Louvain-la-Neuve le 16 juillet dernier.

A découvrir

Dans ce podcast, le chercheur-entrepreneur Cédric Blanpain (ULB-Chromacure) détaille les pistes les plus prometteuses dans la lutte contre le cancer et le vieillissement. Il nous parle également de l'écosystème biotech en Wallonie.

Ecoutez le podcast avec Cédric Blanpain

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