Le quotient émotionnel devient un critère de recrutement

Le quotient émotionnel devient un critère de recrutement

Si les études et l’expérience des candidats seront toujours privilégiées, il va falloir s’habituer à voir fleurir des notions de gestion des émotions lors des entretiens d’embauche. Selon une étude du cabinet Robert Half, pour 6 managers sur 10 le quotient émotionnel est devenu aussi important que le quotient intellectuel.

De prime abord, la notion de quotient émotionnel (QE) peut paraître un peu floue. Pourtant, on peut la résumer très simplement à la capacité pour un individu à prendre conscience des émotions, à les gérer et à les exprimer efficacement. Une fois la définition scientifique digérée, on peut tout de suite imaginer l’impact que le quotient émotionnel peut notamment avoir sur les capacités de leadership et la gestion de la communication. Deux domaines cruciaux lorsque l’on cherche la perle rare en entreprise.

Un QE élevé est essentiel car il concerne la capacité à se mettre à la place des autres.
Joël Poilvache
directeur chez Robert Half

Les premiers à s’intéresser à ce phénomène, ce sont les cabinets de recrutement. "Nous accordons beaucoup d’importance à l’intelligence émotionnelle, quelle que soit la nature de la fonction. Un QE élevé est essentiel à chaque étape d’une carrière, car il concerne la capacité à entretenir des relations et à se mettre à la place des autres", confirme Joël Poilvache, directeur chez Robert Half. Le cabinet de recrutement a diligenté une étude sur le sujet pour connaître le sentiment des managers et responsables du recrutement sur la question.

Un CV émotionnel

Il s’avère que les entreprises interrogées font désormais très attention au quotient émotionnel, quitte à laisser sur le côté le traditionnel quotient intellectuel.

On part du principe que le côté technique, intellectuel peut être appris une fois dans l’entreprise. Le côté émotionnel peut lui, au mieux, légèrement évoluer. Il est donc très important de l’estimer lors du recrutement.
Iris Houtaar
Sales associate director chez Robert Half

Parmi les managers chargés du recrutement dans leur entreprise, six sur dix trouvent le quotient émotionnel aussi important, voire plus important que le quotient intellectuel d’un candidat. Serait-ce pourtant la fin de cette notion historique? Certainement, selon Iris Houtaar, sales associate director chez Robert Half: "Cela va prendre le pas sur le quotient intellectuel, nous sommes clairement sur cette tendance." Au point, qu’on pourrait voir apparaître des "CV émotionnels" qui rassembleraient les différentes situations où les émotions et la communication auront été gérées par le candidat.

Le QE va supplanter le QI

74%
des recruteurs
74% des responsables du recrutement interrogés estiment qu’un quotient émotionnel élevé est "important" ou "très important" chez leurs travailleurs.

Du côté des recruteurs, on est en tout cas certains que le quotient émotionnel va supplanter l’intellectuel. "On part du principe que le côté technique, intellectuel peut être appris une fois dans l’entreprise. Le côté émotionnel peut lui, au mieux, légèrement évoluer. Il est donc très important de l’estimer lors du recrutement", selon Iris Houtaar.

Pas moins de 74% des responsables du recrutement interrogés estiment qu’un quotient émotionnel élevé est "important" ou "très important" chez leurs travailleurs. Selon eux, les travailleurs doués d’une solide intelligence émotionnelle collaborent plus efficacement, sont plus motivés, ont plus le moral et présentent de meilleures capacités managériales. D’où l’importance de tenir compte du quotient émotionnel dès le début du processus de recrutement.

À noter qu’en la matière, les employeurs du secteur public attachent plus d’importance à l’intelligence émotionnelle que leurs homologues du secteur privé. Le secteur privé est néanmoins conscient du problème: plus de la moitié (56%) des employeurs privés estiment que leur entreprise n’accorde pas suffisamment d’attention à l’intelligence émotionnelle lors du recrutement.

Des managers-psychologues?

La question de la capacité de jugement des managers en termes émotionnels se pose tout de même. Il sera nécessaire de former les managers et les responsables de recrutement à l’importance du quotient émotionnel et de proposer des grilles d’évaluation pour les guider. Dans un avenir pas si lointain, on verra peut-être des psychologues prendre part aux entretiens d’embauche.

Si l’on accorde une importance croissante à l’intelligence artificielle, l’intelligence émotionnelle est l’une des formes d’intelligence qui distinguera l’humain des ordinateurs dans les prochaines décennies. Il ne faut donc surtout pas sous-estimer son impact futur sur le monde de l’entreprise.

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