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Le secteur de l'intérim affiche une insolente santé en Belgique

Quand on consulte le top 5 du secteur, on remarque qu’il est composé de filiales de groupes étrangers comme le néerlandais Randstad, le suisse Adecco, le japonais Recruit Holding et Tempo-Team. ©-

Les entreprises de travail intérimaire affichent des performances et une santé financière supérieures à la norme en Belgique, selon l’analyse de Graydon. Le secteur crée de l’emploi et réduit son endettement sans discontinuer depuis cinq ans. Près de la moitié des 671 sociétés du secteur devraient encore progresser sur les douze mois à venir.

Le secteur du travail intérimaire se distingue en Belgique par sa bonne santé financière. C’est le bureau d’analyses économiques Graydon qui a fait ce constat après avoir étudié ce marché sous toutes les coutures. "Le secteur de l’intérim est florissant. Les entreprises belges font de plus en plus souvent appel à du personnel temporaire. Le nombre moyen de travailleurs de ce secteur a considérablement augmenté ces dernières années. Nous pouvons prévoir de la croissance pour près de la moitié des entreprises du secteur dans les douze prochains mois, souligne Glenn Philips, spécialiste du secteur chez Graydon. Le secteur du travail intérimaire s’en sort bien mieux que toutes les entreprises belges regroupées", ajoute-t-il.

Boom de l’emploi

"Le rachat des grandes sociétés d’intérim par des groupes étrangers est une tendance constante."
glenn Philips
spécialiste de l’intérim chez Graydon

Les chiffres de l’emploi sont particulièrement éloquents. De 2012 à 2016, le nombre moyen de travailleurs dans le secteur est passé de 127.000 à 148.000. Sur 2015, la progression est de 7%. On sait déjà qu’on dépasse les 150.000 en 2017 et Graydon table sur 160.000 pour cette année.

Le nombre d’entreprises d’intérim s’élève à 671, dont 35,5% sous forme de sociétés anonymes. L’évolution de ce total n’est, elle, pas significative, selon Glenn Philips, car on a assisté ces dernières années à beaucoup d’opérations de concentration (fusions…).

©Mediafin

La marge brute sur les ventes des entreprises du secteur est en progrès constant depuis 2013 (voir tableau ci-contre), tandis que leur taux d’endettement est en baisse constante depuis cinq ans, pour revenir à 63% en 2017 (contre 75,2% en 2012). Graydon, qui passe en revue les comportements de paiement des acteurs du marché, a calculé que 75% des sociétés du secteur affichent un faible profil de risque.

L’âge moyen des sociétés d’intérim est de 26 ans et quelques mois. Le taux de faillite s’établit à 0,5%. Alors que 37,9% de l’ensemble des entreprises belges s’affichent en croissance, selon les mesures faites par Graydon, celles du secteur intérimaire sont 49,5% à enregistrer des hausses. Inversement, seules 17,6% des boîtes d’intérim accusent un déclin, alors que pour l’ensemble des secteurs en Belgique ce taux monte à 25,56%.

Quand on consulte le top 5 du secteur, on remarque toutefois qu’il est composé de filiales de groupes étrangers. Il s’agit du géant néerlandais Randstad (28.351 emplois équivalents temps plein, selon le décompte effectué par le Crisp pour 2016), de l’américain Manpower (14.165 emplois), du suisse Adecco (10.934 emplois), du japonais Recruit Holding (via sa filiale Start People, 9.894 emplois) et de Tempo-Team (9.201 emplois), cette dernière renvoyant au même actionnaire final néerlandais que Randstad (le groupe Goldschmeding). Deux places derrière, apparaissent les trois premiers groupes belgo-belges, à savoir Asap.be, AIB (alias AGO) et Daoust.

"Que les grandes sociétés d’intérim se fassent racheter par des groupes étrangers est une tendance constante, commente Glenn Philips qui cite entre autres l’appétit des fonds de private equity pour ce secteur. C’est aussi logique. Elles ont besoin de capitaux conséquents pour évoluer dans un contexte de digitalisation du marché. Numérisation et robotisation coûtent en effet beaucoup d’argent."

Plus qu’une soupape

Dans son étude sur l’actionnariat des entreprises wallonnes, le Crisp (Centre de recherche et d’information socio-politiques) avait observé qu’en termes d’emplois, huit des vingt premières entreprises belges présentes au sud du pays relevaient du secteur de l’intérim. Lui aussi avait souligné à cette occasion la santé de ce marché et le rôle important qu’il joue dans la création d’emplois.

Selon Glenn Philips, le secteur ne se contente plus, comme jadis, de servir de "soupape" aux employeurs des autres secteurs en fonction des aléas de la conjoncture; il permet aussi, désormais, aux autres entreprises de "sortir" une série de fonctions de leur effectif courant.

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