reportage

Le Texas, porte d'entrée des Etats-Unis pour les entreprises wallonnes

©EPA

Pour la onzième fois, une brochette de sociétés du sud du pays se rend aux Etats-Unis dans le cadre d’un partenariat noué entre l’Awex et la Texas A&M University. Une initiative fructueuse qui intéresse même certaines institutions flamandes.

Comment prendre pied sur le marché américain et y trouver des partenaires? Depuis plus d’une décennie, l’Agence wallonne pour l’exportation (Awex) propose aux entreprises et universités du sud du pays de se rendre au Texas pour y chercher de l’expertise et bénéficier d’un réseau d’excellence. Elle a noué avec la Texas A&M University un partenariat qui a fait de ce pôle universitaire renommé une tête de pont pour les PME wallonnes désireuses de déployer leur savoir-faire sur le marché américain.

900 millions de R&D

Texas A&M est une grosse université de 70.000 étudiants étalée sur un immense campus à College Station, à deux heures de route de Houston, dans le comté de Brazos. Elle est réputée pour son expertise dans les biotechnologies, l’agronomie et l’ingénierie. Son budget de recherche (900 millions de dollars par an) en fait l’un des plus importants pôles de R&D des Etats-Unis.

Pour la onzième édition de cette mission économique spécifique, pas moins d’une trentaine de start-ups, de sociétés plus matures et de facultés universitaires wallonnes ont fait le déplacement en terre texane. Certains participants viennent pour la première fois, d’autres sont à un stade de coopération plus avancé et entendent conclure des contrats de recherche ou de partenariat avec Texas A&M ou d’autres acteurs locaux. "Onze missions technologiques au même endroit. On peut dire que la persévérance paie. Nous avons dû refuser des entreprises", se réjouit Philippe Lachapelle, directeur innovation de la cellule de partenariat technologique de l’Awex.

La Wallonie se présente

"Nous avons dû refuser des entreprises." Philippe Lachapelledirecteur innovation de la cellule de partenariat technologique de l’awex

Cette année sera marquée par quelques nouveautés intéressantes, comme une présentation officielle de la Wallonie au Comité international de l’université texane, qui va permettre d’expliquer non seulement ce qu’a été cette relation jusqu’ici mais aussi de paver la voie pour de nouveaux projets.

Parmi ces futurs secteurs éventuels de collaboration: la défense. La ville d’Austin, toute proche, a en effet été sélectionnée parmi 150 villes américaines comme implantation pour le centre de l’innovation de l’armée de terre américaine, une institution qui travaille avec toutes les universités du monde.

La VUB est du voyage

"Au début, l’organisation était très réduite. Mais ils ont aujourd’hui environ 35.000 correspondants dans une quinzaine de pays, poursuit Philippe Lachapelle. On peut penser ce qu’on veut de la défense, mais le contexte international étant ce qu’il est malheureusement, cela ramène ce concept au-devant de la scène. Pour plusieurs petites entreprises wallonnes, cela peut être une opportunité supplémentaire d’utiliser notre relation privilégiée avec Texas A&M University comme porte d’entrée pour ce monde difficile à aborder quand on vient de Wallonie."

Autre particularité de cette édition, une université flamande est aussi de la partie. "Le département d’ingénierie de la VUB nous accompagne, relève encore Philippe Lachapelle. Ils sont en pointe pour tout ce qui est création de spin-off. Ils trouvent passionnant ce que nous faisons et viennent voir. On touche un public nouveau. On a aussi une deuxième firme juridique américaine qui nous a rejoints. Ces gens nous mettent en contact avec des start-ups américaines qui sont clairement intéressées à venir en Wallonie."

L’Awex a d’ailleurs créé à cet effet avec l’incubateur WSL une plateforme de soft landing destiné à attirer les jeunes pousses étrangères. Le partenariat avec les Texans marche en effet dans les deux sens. "On veut attirer des petites sociétés de technologies et les encadrer de la même façon en Wallonie. Des gens avec une ou deux personnes qui cherchent à voir comment pénétrer le marché européen, chercher des alliances et utiliser nos universités de la même façon que nous utilisons Texas A&M", conclut Philippe Lachapelle.

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