Les banques débranchent la prise chez Issol

©Issol

Issol, spécialisée dans les panneaux photovoltaïques et les vitrages intelligents, est contrainte de déposer le bilan. Elle a souffert d’un manque de liquidités, l’empêchant d’honorer ses dettes et poussant les banques à débrancher la prise. Les curateurs jugent prématuré de s’exprimer sur une reprise potentielle.

Spécialisée dans les panneaux photovoltaïques et les vitrages intelligents, la société verviétoise Issol, en difficulté depuis des mois, a été contrainte de déposer le bilan. L’entreprise avait entamé une procédure de réorganisation judiciaire plus tôt cette année.

Tout semblait pourtant avoir bien commencé pour cette entreprise créée en 2006; en témoigne la richesse de son carnet de chasse. Issol a, en effet, drapé de verre intelligent des dizaines de bâtiments emblématiques à travers le monde, dont le tribunal de grande instance de Paris, une tour urbaine de 160 mètres de hauteur dessinée par Renzo Piano ou la tour passive Danube à Strasbourg.

Manque de liquidités

Aujourd’hui, alors que deux curateurs ont été désignés pour gérer la faillite de l’entreprise verviétoise, les comptes annuels attestent de capitaux propres négatifs de près de 573.700 euros à fin 2018, pour des dettes s’élevant à 5,3 millions. Ces chiffres justifient la décision des deux banques qui soutenaient la société, CBC et BNPP Fortis, ainsi que la SRIW, qui lui avait octroyé un prêt d’1,6 million d’euros en 2014, de retirer la prise.

4,8
millions
Le chiffre d’affaires d’Issol avait dégringolé ces dernières années, de 8,1 millions d’euros en 2017 à 4,8 millions un an après.

Par ailleurs, le chiffre d’affaires d’Issol avait dégringolé ces dernières années, de 8,1 millions d’euros en 2017 à 4,8 millions un an après. Dans son dernier rapport de gestion, Issol expliquait cette drastique diminution par une "chute substantielle des ventes de panneaux solaires standard ne pouvant être compensée par les ventes de panneaux et projets BIPV (Building Integrated Photovoltaïcs, NDLR)." La société avance aussi le retrait des droits de douane de l’Union européenne sur les panneaux solaires importés de Chine et l’effondrement conséquent des prix pour justifier l’impossibilité pour elle d’écouler ses produits.

Espoirs de reprise

S’ils estiment prématuré de se prononcer sur les chances de reprise, les curateurs se déclarent ouverts à toute proposition, que ce soit pour le fonds de commerce, pour l’immobilier ou pour l’ensemble. "Issol s’est construit une carte de visite très intéressante à l’international et dispose d’un savoir-faire important", précise Me André Renette, l’un des curateurs désignés.

"Si cela ne marche pas, c’est que le problème se trouve au niveau de la gestion."
stéphane bréda
FGTB

Même si Issol n’avait ni comité pour la prévention et la sécurité au travail, ni conseil d’entreprise à son bord (29 employés), les syndicats du secteur métal de la région liégeoise suivent le dossier de près. "L’actionnaire principal a reconnu devant le personnel que la société a souffert d’un problème de management et de rentabilité", souligne Stéphane Bréda, secrétaire de la régionale Métallo (FGTB) de Verviers. "L’entreprise a un bon produit, un personnel qualifié, une usine récente et des clients internationaux jusqu’en Chine. Si malgré tout cela, cela ne marche pas, c’est que le problème se trouve au niveau de la gestion." Il est allé interroger la Sogepa sur les possibilités que le holding public wallon intervienne à ce stade: "Elle le fera s’il y a un projet de reprise sérieux, avec un plan industriel et financier convaincant", dit-il. Au siège de la Sogepa, on nous confirme que pour autant que soient respectées ses règles d'intervention classiques, la société pourrait participer à un projet de reprise post-faillite.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés