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Les CEO du Bel 20 sont nommés plus tôt et durent plus longtemps

Ilham Kadri fait partie de cette nouvelle génération de capitaines d'industrie, plus jeunes et issus de la diversité. ©BELGA

La crise pandémique a (aussi) bousculé les profils de CEO les plus recherchés par les entreprises cotées en Belgique et dans les principaux pays du monde.

Il y a davantage de chance aujourd'hui qu'il y a un an que le CEO d'une société cotée en bourse soit une femme, qu'il ait une autre nationalité que celle du siège de son entreprise, qu'il ait une expérience transfrontière et qu'il ait un niveau de qualifications très élevé... Ce sont quelques-unes des tendances dévoilées dans la nouvelle étude qu'a consacrée le cabinet Heidrick & Struggles aux profils des CEO de 1.095 sociétés cotées dans 24 pays, dont la Belgique.

11,1
ans
Nos CEO belges occupent le poste durant 11,1 ans en moyenne, contre seulement 6,6 années pour l'ensemble du panel étudié par le cabinet Heidrick & Struggles.

La Belgique se distingue sur plusieurs plans par rapport à la moyenne des 24 pays. Les sociétés composant l'indice Bel 20 d'Euronext Bruxelles nomment des dirigeants plus jeunes: 48% d'entre eux ont été nommés CEO avant leurs 45 ans, révèle le cabinet de chasseurs de têtes. Seule l'Irlande fait mieux, tandis que la moyenne globale est de 25%. Et leur âge moyen de nomination s'élève à 46 ans chez nous, contre 47 ans il y a deux ans, et contre une moyenne de 49 ans pour les 24 pays. Nos CEO se montrent aussi plus fidèles à leur entreprise: ils occupent le poste durant 11,1 ans en moyenne, contre seulement 6,6 années pour l'ensemble du panel.

"Cette loyauté des CEO belges envers leur entreprise peut sans doute s'expliquer par la chance qui leur est donnée d'être nommés jeunes sans forcément avoir d'expérience comme CEO."
Marie-Hélène De Coster
partner en charge, Heidrick & Struggles Bruxelles

Les deux sont liés. "Cette loyauté des CEO belges envers leur entreprise peut sans doute s'expliquer par la chance qui leur est donnée d'être nommés jeunes sans forcément avoir d'expérience comme CEO", explique Marie-Hélène De Coster, partner en charge chez Heidrick & Struggles Bruxelles.

Nouvelle agilité demandée

À peine 33% des CEO belges nommés en 2020 avaient déjà exercé une telle fonction auparavant, contre 38% il y a un an et 43% il y a deux ans. Les autres étaient auparavant directeurs financiers (29%), chief operating officers (10%), chief strategy, chief technology, chief marketing ou chef de département... Du coup, il y a aussi davantage de nommés en provenance du vivier interne à chaque compagnie qu'avant: 62% des cas pour le Bel 20 (et 65% pour les 24 États).

"Si des responsables de niveau C-suite (chief-...) ont pu prouver leur résilience, leur adaptabilité et leur agilité pendant la pandémie, ils ont certainement un ticket pour devenir CEO", note Marie-Hélène De Coster. Le Covid-19 a renforcé le besoin d'agilité, d'empathie, de communication et d'inclusion au sommet des entreprises. "Les entreprises cherchent des CEO ayant un éventail d'expériences plus large", résume la partner.

18,6%
Au sein du Bel 20, les femmes occupent au total 18,6% des postes dans les comités de direction (30 femmes pour 161 postes).

C'est une des raisons pour lesquelles le nombre des nominations a fortement augmenté dans les 24 marchés au premier semestre 2021, avec 103 CEO nommés sur la période, contre 49 et 89 lors des deux semestres précédents. "Les exigences du nouvel écosystème post-covid ont créé de nouvelles attentes, tant dans le chef des CEO que dans celle des conseils d'administration qui les nomment."

De même, des progrès ont été enregistrés sur le front de la diversité. De juillet 2020 à juillet 2021, dans les 24 pays, 11% des nouveaux CEO ont été (sont) des femmes, contre à peine 3% un an plus tôt. Elles occupent aujourd'hui 6% de ces fonctions dans les marchés analysés – et 10% en Belgique.

Vers des quotas au comité de direction

Au sein du Bel 20, les femmes occupent au total 18,6% des postes dans les comités de direction (30 femmes pour 161 postes), a calculé de son côté Marie-Hélène De Coster. Elle rappelle qu'en France, le Sénat vient d'approuver en première lecture une proposition de loi qui prévoit d'imposer un quota de femmes dans les comités de direction des entreprises de plus de mille salariés: 30% d'ici à 2027 et 40% d'ici à 2030. Sacré défi, alors qu'actuellement seules 5% des sociétés françaises cotées sont dirigées par une femme. "Ce mouvement est en route, commente Marie-Hélène De Coster. On a déjà franchi le pas pour les conseils d'administration en Belgique, or ce sont le plus souvent les anciens CEO qui font les nouveaux administrateurs: pas de raison, dès lors, qu'on ne féminise pas beaucoup plus les directions."

"Ce sont le plus souvent les anciens CEO qui font les nouveaux administrateurs: pas de raison, dès lors, qu'on ne féminise pas beaucoup plus les directions."
Marie-Hélène De Coster
Partner en charge, Heidrick & Struggles Bruxelles

À propos, le secteur qui compte le plus de CEO féminins est aujourd'hui la chimie (13% de femmes), devant la banque (10%), puis l'automobile et l'aérospatial (9%). Le pays le plus féminisé par le haut est l'Irlande (14%), devant les États-Unis (12%) et Singapour (11%).

La diversité en termes d'expérience a également gagné du terrain ces derniers mois, avec notre pays en pointe: 42% des patrons du Bel 20 travaillaient auparavant dans un autre secteur d'activité, contre 28% au niveau global. Pour Marie-Hélène De Coster, cette tendance devrait encore s'accentuer à l'avenir: "Les différents secteurs collaborent plus entre eux qu'avant. Songez aux soins de santé et à la digitalisation, aux biens de consommation et à la logistique, etc. Ils ne fonctionnent plus en silos, et cela se reflète aussi sur le choix du CEO: on cherche à avoir le meilleur de deux ou de plusieurs mondes."

Le résumé

  • La pandémie a redistribué les cartes des modes de sélection des CEO à la tête des entreprises cotées, ainsi que le montre la 11ᵉ édition du baromètre international "Route to the Top" établi par le cabinet de chasseurs de têtes Heidrick & Struggles.
  • L'étude a analysé les profils de 1.095 CEO dans 24 pays, dont la Belgique (Bel 20).
  • Il y a davantage de chance aujourd'hui qu'il y a un an que le CEO d'une société cotée en bourse soit une femme, qu'il soit étranger et qu'il ait une expérience transfrontière...
  • Ces derniers mois, on a enregistré beaucoup plus de nominations de CEO qu'il y a 12 et 18 mois, signe qu'on recherche de nouvelles compétences telles que l'agilité et l'empathie.
  • La diversité par le genre et en termes d'expérience a également progressé.

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