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Les champions de la saison des dividendes

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Une majorité des dividendes des actions belges sont en progression. Dans le Bel 20, mais aussi - et surtout - du côté des entreprises de taille plus modeste.

Après celle des annonces de résultats de sociétés cotées à la Bourse de Bruxelles ou celle des assemblées générales, c’est à coup sûr la saison des versements des dividendes que les actionnaires des sociétés affectionnent le plus. Proximus l’inaugurera dans le Bel 20, comme c’est le cas depuis plusieurs années déjà. L’opérateur télécom historique belge attribuera le 24 avril un montant brut de 1 euro par action.

Le coupon n°28 qui permettra de concrétiser cette opération sera détaché juste avant l’ouverture de la séance boursière de ce jour-là. Dans le jargon du monde de la finance, on dit que l’action Proximus cotera alors "ex-dividende". Ce n’est que deux jours ouvrables plus tard, soit le 26 avril, qu’il sera effectivement payé à ceux qui détenaient l’action jusqu’au moment de son détachement.

Après les AG

Suivant une procédure identique, ING prendra le relais de Proximus le 25 avril. Puis ce sera au tour d’UCB le 27 avril, d’Umicore et de WDP le 29 avril et GBL le 30 avril. La plupart des autres membres de l’indice phare de la Bourse de Bruxelles se livreront à cet exercice au fil des jours du mois de mai. C’est Ontex qui clôturera la saison de distribution des dividendes dans le Bel 20, le 31 mai. Encore qu’en raison d’un exercice décalé, ce rôle reviendra plutôt à Colruyt qui a coutume de rémunérer ses actionnaires vers la fin du mois de septembre.

Ontex est le champion de la croissance du dividende sur cinq ans, avec une hausse de 115%.

Le versement des dividendes a généralement lieu dans les jours qui suivent les assemblées générales (AG) qui réunissent les actionnaires. Pourquoi? Pour la simple raison que ceux-ci sont appelés à donner leur accord sur le montant proposé. Une démarche qui apparaît à vrai dire plutôt symbolique dans la mesure où les montants proposés par les dirigeants au titre de dividendes sont généralement acquis.

De mémoire de boursier, on n’a en effet pas le souvenir qu’une AG des actionnaires soit parvenue à les modifier. À de rares exceptions près comme Ageas et Cofinimmo entre autres qui disposent d’un actionnariat assez éclaté, les dirigeants sont très souvent issus de la sphère des actionnaires de référence qui, lors des AG, constitue le groupe le plus influent au moment du vote.

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♦ Une petite erreur s'est glissée dans cette image concernant WDP. Le 26 avril aura lieu la "record date", tandis que le paiement ne se fera que le vendredi 17 mai.

11 dividendes en hausse

Voilà pour les détails techniques. Voyons à présent ce que les dirigeants des entreprises du Bel 20 proposent à leurs actionnaires au titre de l’exercice 2018. Comme l’an dernier à la même époque, sur les 19 qui se sont prononcés sur le sujet, 11 proposent une augmentation du dividende. Les patrons fournissent indéniablement un bel effort quand on sait que les bénéfices ont progressé pour 9 sociétés du Bel 20, et reculé pour 8 autres.

Comme il y a douze mois aussi,le nombre d’entreprises qui relèvent leur dividende pourrait grimper à 12, si, en suivant les estimations des analystes suivis par Bloomberg, Colruyt annoncera en septembre une nouvelle amélioration de son dividende. Ces analystes entrevoient une hausse supplémentaire de 4,1% du montant brut à 1,27 euro.

KBC le plus généreux

Aperam avait été l’an passé celui qui avait fourni le plus gros effort, en ayant rehaussé de 20% le montant de son dividende annuel. Cette année, c’est le banquier KBC qui s’accapare le titre de champion. Son dividende final monte de 25%. Il atteint 2,50 euros bruts. Cela dit, la hausse pour le dividende total de KBC pour l’exercice 2018 (acompte + solde) est moins substantielle. Elle revient à 16,6% pour totaliser 3,50 euros bruts. KBC est suivi par Barco (+ 9,5%), nouveau venu dans la composition du Bel 20 depuis mars, d’Umicore (+ 6,7%) et de WDP (+ 6,67%), autre nouveau membre de l’indice.

KBC s’accapare le titre de champion. Son dividende final monte de 25%.

Pour 6 sociétés du Bel 20, les dividendes qui seront payés dans les prochaines semaines sont ce qu’on appelle des "soldes" ou "finaux". Ces sociétés avaient déjà versé un "acompte" sur leur dividende il y a quelques mois. En plus de KBC, ce sera le cas pour Proximus, ING, Umicore, AB InBev et Solvay. Aperam est la seule société du Bel 20 à répartir le versement du dividende sur quatre trimestres.

Pour deux sociétés, le montant du dividende reste inchangé. Il s’agit de Proximus et de Cofinimmo. Précisons que le gestionnaire immobilier paiera son dividende via deux coupons. Le premier (n°33) a déjà été détaché le 20 juin 2018 et le second (n°34) le sera le 13 mai prochain. Ces deux coupons seront payés à partir du 15 mai.

Les annonces parmi les plus décevantes ont été le fait de 3 sociétés contre 1 l’an passé (Engie qui vient de quitter le Bel 20). Il s’agit d’AB InBev qui, afin de juguler sa montagne de dettes, a réduit de 50% son dividende. Bien que dans des proportions moindres, celui d’Ontex a suivi une trajectoire similaire, de même que celui du spécialiste de l’acier inoxydable Aperam dans la foulée de la baisse de ses résultats en 2018. Ontex a abaissé son montant de 31,6% et Aperam de 2,8%.

Enfin, comme il y a douze mois, 2 entreprises passent le dividende. Il s’agit des groupes biotechs Argenx et Galapagos.

La promesse de Telenet

Telenet envisage désormais de répartir entre ses 111 millions d’actions qui constituent son capital, un montant représentant 50 à 70% de ses flux de trésorerie libre opérationnels.

Quant à Telenet, le câblo-opérateur qui avait versé en octobre dernier un montant brut inhabituel de 2,80 euros par action ne s’est pas encore prononcé sur le sujet à ce jour. On sait juste qu’il envisage désormais de répartir entre ses 111 millions d’actions qui constituent son capital, un montant représentant 50 à 70% de ses flux de trésorerie libre opérationnels. Il s’agit à tout le moins d’un tournant dans la politique dividendaire pour cet opérateur basé dorénavant sur les profits qu’il réalise. L’an dernier, la distribution d’un dividende s’était effectuée en ayant recours à une émission de dettes d’un montant proche de 600 millions d’euros!

Pour 2019, Telenet prévoit de réaliser des flux de trésorerie entre 380 et 400 millions. Ce qui permet d’escompter, pour l’an prochain, un dividende brut compris entre 1,7 euro et 2,5 euros par action.

Les dividendes sur 5 ans

Globalement, le rythme de croissance des dividendes a été moins important ces cinq dernières années qu’au cours des premières années 2000. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cela. Comme une croissance économique généralement moins vigoureuse et une inflation plus faible qu’avant la crise financière de 2008-2009. Mais encore la retenue dont font preuve de plus en plus de dirigeants de sociétés dans la gestion de leurs finances dans un environnement d’affaires devenu plus incertain. Leur volonté de privilégier les investissements à la rémunération des actionnaires constitue également une explication.

Certaines sociétés sont parvenues à plus que satisfaire leurs actionnaires.

Cela dit, il reste que certaines sociétés sont parvenues à plus que satisfaire leurs actionnaires. Du fait de la reprise progressive du montant de leurs dividendes après la crise financière, et bien que le niveau actuel de leur dividende reste inférieur à celui d’avant la crise, KBC (+ 250%) et Ageas (+ 57%) ont été les sociétés qui ont signé les meilleures croissances dividendaires depuis 2014.

Hormis le secteur financier, Ontex mérite le titre de champion dans ce registre. Depuis son retour à la Bourse de Bruxelles en juin 2014, et malgré la baisse de 31,6% du dividende décrétée pour 2018, le montant dividende a crû de 115%! Pas négligeable non plus, la croissance du dividende a été de 27% chez AvH (contre + 46% entre 2000 et 2004) au total des cinq dernières années, et de 25% chez Umicore. Quelques couacs ont tout de même été relevés. Ils sont le fait notamment d’AB InBev (-50%), un ex-champion en matière de croissance des dividendes, et de Proximus (-31%).

En dehors du Bel 20

Un bref tour d’horizon du côté des sociétés de taille plus modeste, celles qui ne font pas partie de la composition du Bel 20, peut valoir la peine. Beaucoup de ces sociétés n’ont guère à rougir des efforts qu’elles consentent à réaliser pour rémunérer leurs actionnaires. En témoignent les hausses de 50% du dividende chez Resilux pour le seul exercice 2018, de 49% chez Lotus Bakeries, de 20% chez Fagron, de 19% chez Texaf, de 16% chez VGP, de 11% chez Spadel, de 10,7% chez Sioen ou encore de 10% chez Brederode pour ne citer que ces exemples. Pour fêter le centenaire de son entreprise, le spécialiste du BTP Moury Construct propose un doublement exceptionnel de son dividende.

Sur 5 ans, le souci des dirigeants de ces sociétés de gâter leurs actionnaires n’est pas moins significatif.

Sur 5 ans, le souci des dirigeants de ces sociétés de gâter leurs actionnaires n’est pas moins significatif. Le montant du dividende a grimpé de 300% chez Jensen Group, de 133% chez Lotus Bakeries, de 120% chez Melexis, de 102% chez Texaf, de 87% chez Sioen, de 61% chez Spadel, de 60% chez Ter Beke et de 58% chez Resilux.

Quelques "ratés" sont néanmoins à relever, comme pour EVS (-50%), Van De Velde (-70%) et Euronav (-92%) notamment.

Petite piqûre de rappel

Depuis la dématérialisation des titres en cours depuis 2014, l’actionnaire n’a plus aucune démarche à effectuer pour toucher le dividende. Le montant qui lui est dû sera versé automatiquement par son institution financière où se trouve logé son portefeuille-titres.

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Ceux qui auraient par exemple découvert d’anciens titres de sociétés encore existantes dans un coin de leur grenier ne sont pas concernés par ces opérations de versements des dividendes. Depuis que les émetteurs ont procédé à la vente tous les titres au porteur qui étaient encore en circulation en 2015, il est devenu essentiel pour eux de se rendre à la Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) afin de récupérer la contre-valeur de ces titres. Et cela avant la fin de l’année 2025. Car, à partir de 2026, ces titres perdront toute valeur.

La CDC qui dépend du ministère belge des Finances se situe avenue des Arts à 1040 Bruxelles.

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