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Les chèques consommation ratent (momentanément) leur cible

Une chaîne comme la Fnac ne peut en principe accepter les chèques consommation que pour l'achat de produits culturels. Une limitation qui ne semble pas toujours respectée. ©REUTERS

Censés aider les petites entreprises à faire face à la crise du covid, les chèques consommation ratent leur cible. Leur taux d'utilisation reste faiblard.

Lancés en 2020 pour soutenir les commerces touchés par la première vague de la crise sanitaire, les chèques consommation tardent à prendre leur envol. Les règles d'utilisation dissuadent certains commerçants qui finissent par y renoncer. En cause: la commission à verser aux organismes émetteurs (Edenred, Sodexo et Monizze) et leur disponibilité uniquement en version papier (pour les deux premiers).

Pour rappel, les entreprises peuvent octroyer jusqu’à 300 euros de chèques consommation à leurs employés, à dépenser dans les commerces employant moins de 10 personnes et réalisant un chiffre d'affaires inférieur à 700.000 euros ou dans l'horeca, les centres sportifs et les vendeurs de produits culturels.

150
millions €
Depuis 2020, les clients des organismes émetteurs ont donné pour 150 millions d'euros en chèques consommation.

Des chaînes comme McDonald's ou Point Chaud peuvent ainsi accepter les chèques consommation, au grand dam de commerces indépendants modestes mais encaissant plus de 700.000 euros de revenus. D'autres acteurs interprètent les règles à leur façon. Exemple: la Fnac. L'enseigne ne peut en principe accepter les chèques consommation que pour l'achat de biens culturels (livres, CD, DVD). Mais des clients contactés par le Tijd affirment avoir payé des smartphones ou des haut-parleurs avec ces chèques.

Vivement le 9 juin

Du côté des organismes émetteurs, on défend le système contre vents et marées. "Depuis l'an dernier, nos clients ont donné pour 150 millions d'euros en chèques consommation à leurs collaborateurs, dont 30% ont été dépensés", souligne Olivier Bouquet, CEO d'Edenred Belgium.

Comeos, la fédération du commerce de détail, juge les critères d'utilisation trop limitatifs et demande à élargir leur utilisation à tous les magasins. "Les chèques consommation sont inutilisables dans plus de 90% des magasins", dit Lora Nivesse, porte-parole de Comeos.

Pour Dominique Michel, CEO de l'organisation, différencier les magasins est absurde: "Tous les magasins ont souffert de la crise du corona, n'est-ce pas? Si votre magasin a été contraint de fermer, peu importe qu'il s'agisse d'une chaîne de magasins de vêtements ou d'une petite boutique au coin de la rue. Toutes deux ont subi des pertes. Si la consommation est désormais encouragée via le chèque consommation ou bientôt la prime corona (de 500 euros que pourraient bientôt verser à leur personnel les entreprises qui ont engrangé de bonnes performances durant la crise, NDLR), alors il faut pouvoir l'utiliser partout et pas seulement dans les petits commerces. Cela doit être rectifié."

Du côté des organisations de classes moyennes, on mise sur la réouverture de l'horeca et des salles de sport le 9 juin prochain. "Pour nous, le système ne pose pas problème en soi. mais il ne produira vraiment son effet qu'à partir du moment où il sera accepté dans beaucoup d'endroits", estime Thierry Evens, porte-parole de l'UCM.

"Le petit commerce a un grand besoin de cash à court terme."
Christophe Wambersie
Secrétaire général du SNI

Christophe Wambersie, secrétaire général du Syndicat neutre pour indépendants (SNI), voit lui aussi la réouverture de l'horeca comme un jalon déterminant. "Le petit commerce a un grand besoin de cash à court terme", dit-il.

Un signal positif: le gouvernement prépare un élargissement de l'utilisation des chèques consommation à l'ensemble du commerce de détail. La 'prime corona' de 500 euros que pourraient verser à leur personnel les entreprises restées performantes durant la crise plaiderait dans ce sens.

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