Les cinq grands secteurs qui seront bousculés par la 5G

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Si l’internet mobile ultrarapide se fait attendre en Belgique, les possibles qu’il ouvre sont, eux, indéniables. Des voitures autonomes au suivi de milliers de conteneurs, en passant par les villes intelligentes: la révolution est en marche.

Aujourd’hui, que vous parliez à Bernard Delvaux (Sonaca), Eric Domb (Pairi Daiza), Charles-Henri de Maleissye (Fnac-Vanden Borre), Stéphane Sertang (Ginion) ou encore Nicky Terzakis (Air Belgium), le constat est le même: la 5G, concrètement, ce n’est pas pour tout de suite en entreprise.

"Si on n’a pas la 5G, on deviendra un pays sous-développé."
Denis Gorteman
CEO de D’Ieteren Auto

Rien d’étonnant. Car "que l’on parle des banques, du retail, de l’industrie ou des hôpitaux, les entreprises ne peuvent faire usage de ce que l’internet mobile ultrarapide a à offrir que s’il est rendu disponible. Or, pour cela, il faut d’abord voir arriver des réseaux qui font, pour l’heure, toujours défaut", résume Danielle Jacobs, directrice de Beltug, l’association des décideurs TIC aux plus de 1.650 membres issus de 450 entreprises. Or, le dossier a été bloqué courant de semaine, faute d’accord sur le dossier des enchères sur les bandes de fréquence. Pourtant, les possibilités offertes par cette technologie nouvelle, entre 10 et 20 fois plus rapide que l’actuelle 4G (la 4.5G) et avec quasi zéro délai entre envoi et réception de données, seront légion.

1/ Mobilité : avènement de la voiture autonome

La mobilité est l’un des secteurs qui se penche avec le plus d’attention sur l’évolution de la 5G. Et pour cause, une fois installée, la technologie révolutionnera encore un peu plus l’usage de nos véhicules. Les responsables de D’Ieteren en sont convaincus. Il y a quelques mois, Denis Gorteman, le CEO du groupe, évoquait que "si on n’a pas la 5G, on deviendra un pays sous-développé". Et ce parce que l’internet mobile ultrarapide pourrait devenir le canal de communication principal des véhicules avec le reste du trafic et de l’infrastructure. "Dans un premier temps, cela devrait augmenter la sécurité", glisse Jean-Marc Ponteville, le porte-parole de Volkswagen Belgique. La 5G permettra ainsi de connaître en temps réel l’évolution de la situation sur la route et deviendra un copilote redoutable. "Elle informera le conducteur si une voiture est en panne, donnera de l’information sur une priorité de droite masquée (dans le cas d’angle mort, NDLR), sur la présence de travailleurs sur un chantier", ajoute le porte-parole. Bref, "la 5G sera les yeux de la voiture autonome". Du reste, elle sera épaulée par le "V2x" ("vehicle-to-everything"), système de communication, lui aussi en cours de développement, qui permet à un véhicule d’échanger avec toute entité qui pourrait l’affecter.

2/ Smart cities : une gestion plus intelligente et verte des centres urbains

Intrinsèquement liée à la mobilité, la ville de demain sera elle aussi marquée par l’arrivée de l’internet mobile ultrarapide. Des feux de signalisation contrôlables à distance aux drones de livraison autonomes, en passant par des poubelles qui alertent en temps réel quand elles sont pleines, chaque coin de rue pourra se muer en petit bijou de technologie. Avec, en vue, une amélioration de la qualité de vie. L’on pourrait par exemple imaginer des systèmes de détection de pollution qui contrôleraient le trafic de voitures ou activeraient à distance des promotions endéans l’heure pour l’utilisation de trottinettes. 

3/ Santé : urgentiste à distance

L’heure est grave, votre vie en dépend. Vous êtes au sol, blessé, mais aucun médecin ne peut approcher de par la dangerosité de la situation. Grâce à la rapidité de la 5G et sa quasi-absence de latence, vous pourrez, à l’avenir, être opéré (ou assisté) à distance. En temps réel. Il suffira au docteur d’enfiler une paire de gants qui mimiqueront ses faits et gestes à plusieurs kilomètres de là, exécutés in situ par un robot. Un cas concret qui n’a rien de la science-fiction. L’équipementier suédois Ericsson en faisait déjà la démonstration fin 2017 à Bruxelles. Du reste, l’écosystème de capteurs à basse énergie pour le suivi médical devront offrir de multiples opportunités: lits connectés détectant la qualité de votre sommeil, capteurs détectant une chute chez une personne âgée,… la seule limite ici est l’imagination. Certes, l’internet fixe permet déjà nombre de ces applications, mais ces connexions terrestres pourraient être amenées à disparaître, dans le cas de maisons trop reculées pour y tirer de la fibre optique, qui permettra elle aussi une vitesse supérieure.

4/ Divertissement et tourisme : de l’e-sport en déplacement au paiement automatisé d’un ski pass

Du côté du divertissement, un réseau toujours plus rapide pourrait bien amener quelques (r)évolutions. La plus évidente concerne l’e-sport. Le secteur en plein boom est très largement concerné par les questions de connectivité et de latence. La moindre seconde de décalage peut avoir un impact considérable dans le déroulement d’une rencontre. Une question encore plus cruciale dans le domaine de la réalité virtuelle où la synchronisation du casque et des mouvements de celui qui le porte est essentielle. Ici, le virtuel sera permis partout, tout le temps.

Par ailleurs, le tourisme pourrait également trouver d’intéressantes innovations dans l’émergence de la 5G. La station de ski de Laax en Suisse a déjà mis en place un réseau (inutilisable pour le moment en l’absence de technologies adéquates) qui rendra possible, à terme, de payer son skipass automatiquement dès lors que vous êtes sur les pistes, de retrouver un ski ou un bâton égaré, ou encore de connaître en temps réel les disponibilités du côté des remontées mécaniques.

5/ Industrie et logistique : un suivi facilité à large échelle

Enfin, reste un secteur où la 5G pourrait changer beaucoup de choses: la logistique et l’industrie. Prenez un navire chargé de milliers de conteneurs. Comment vous assurer du suivi? De même, dans le cas de paquets qui doivent transiter entre une cinquantaine de sites de production, comment éviter les pertes, surveiller les vols?

La réponse est encore ici l’internet mobile ultrarapide, avec sa précision de l’ordre du demi-mètre. Si des technologies existent déjà en l’état, la quantité d’objets pouvant être suivis est décuplée, ouvrant les possibles. Tout cela pour une consommation d’énergie significativement réduite.

Reste un point noir: le jeu en vaut-il (financièrement) la chandelle? Comme pour chaque technologie, les coûts baisseront avec le temps. Pour l’instant, les business cases doivent être étudiés.

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