analyse

Les entreprises se préparent dans le calme au coronavirus

A ce stade, les entreprises n'ont pas prévu de plan pour gérer un éventuel confinement de la population. ©EPA

Face à l'extension du coronavirus dans de nombreuses régions du globe, les entreprises cherchent avant tout à éviter de lever un vent de panique. Des mesures de précaution sont prises à l'égard de collaborateurs revenus de zones à risques.

Agissons, mais dans la discrétion et sans le proclamer sur tous les toits pour éviter d'alimenter les inquiétudes: les entreprises, elles aussi contraintes de s'adapter à l'extension du coronavirus, l'expriment de manière prudente.

La plupart des sociétés que nous avons contactées ce mercredi émettent en substance deux messages: d'une part, assurer la bonne marche des affaires via un suivi permanent de l'évolution de la maladie, et d'autre part informer le personnel le plus précisément possible, sans alarmisme. Dans certains cas, des mesures de précaution sont également prises. Chez Alstom et chez Engie par exemple, tous les voyages de collaborateurs vers la Chine ont été annulés. Chez Proximus, c'est toute l'Asie du Sud-Est qui est concernée. Mais aucune ne fait état d'un plan pour gérer un éventuel confinement de la population.

Certaines entreprises ne sont d'ailleurs pas, à ce stade en tout cas, en prise directe avec l'extension de l'épidémie. Belfius par exemple, qui travaille peu avec l’étranger, n'a rien prévu de particulier. "Nous communiquons sur l’intranet les mesures d’hygiène générale à prendre, comme nous le faisons en cas d’épidémie de grippe", précise Ulrike Pommée, porte-parole de la banque.

Mesures d'hygiène

"Pour le moment, les initiatives se limitent aux mesures d'hygiène habituelles en cas d'épidémie."
Hans Cardyn
Porte-parole de Comeos

Les enseignes de grande distribution s'en remettent pour leur part à la fédération sectorielle Comeos, chargée de gérer les contacts avec les agences gouvernementales et avec le SPF Santé publique. "Pour le moment, les initiatives se limitent aux mesures d'hygiène habituelles en cas d'épidémie. Rien d'autre à ce stade. L'évolution de la situation n'a pas d'impact sur les magasins: les flux de produits alimentaires ne sont pas des vecteurs de transmission de la maladie", explique Hans Cardyn, porte-parole de Comeos.

Chez Delhaize, on précise toutefois que les chauffeurs des camions venant d’Italie font l'objet de contrôles plus stricts, même si aucun fournisseur n'est originaire d'une des régions mises en quarantaine. Colruyt, de son côté, se prépare au cas où la situation devrait empirer. "Nous définissons des scénarios à différents niveaux, en proche collaboration avec Comeos et les autorités, en vue de proposer des solutions pour nos clients, notre personnel, et nos partenaires", indique Nathalie Roisin, porte-parole.

"Nous définissons des scénarios à différents niveaux, en collaboration avec Comeos et les autorités, pour nos clients, notre personnel, et nos partenaires."
Nathalie Roisin
Porte-parole de Colruyt

Certaines sociétés ont mis en place une cellule interne chargée de gérer l'impact de l'épidémie sur leurs activités. C'est le cas chez John Cockerill (ex-CMI). Cette cellule se réunit deux fois par semaine pour faire le point sur la situation. Le groupe basé à Seraing, très actif sur les marchés extérieurs, a par ailleurs étendu à la Corée du Sud et au nord de l’Italie (Lombardie et Vénétie) les mesures de prévention déjà prises pour les voyages de et vers la Chine.

Télétravail

15
jours
Dans plusieurs entreprises, les collaborateurs qui reviennent des zones à risque en Asie (il n'y a pas encore de mesures pour l'Italie) sont "écartés" durant 15 jours.

En quoi consistent ces mesures? Les collaborateurs de retour de Chine, du nord de l’Italie ou de Corée du Sud sont mis en télétravail durant deux semaines. A ce jour, une dizaine de collaborateurs de l'ex-CMI ont suivi ce protocole. "Le télétravail fonctionnant très bien chez nous, cela s’est imposé comme une mesure évidente", souligne Caroline Crèvecoeur, porte-parole de John Cockerill.

Le même type de mesure a été pris dans d'autres sociétés, comme la française AFD.Tech, active dans les réseaux télécom. Chez Engie aussi, les collaborateurs qui reviennent des zones à risques en Asie (il n'y a pas encore de mesures pour l'Italie) passent un examen médical et sont "écartés" durant 15 jours. Sur un plan global, "la situation est suivie au jour le jour. Nous agissons en fonction des directives émanant des autorités fédérales", dit Anne-Sophie Hugé, porte-parole de l'énergéticien.

15
jours
Dans plusieurs entreprises, les collaborateurs qui reviennent des zones à risque en Asie (il n'y a pas encore de mesures pour l'Italie) sont "écartés" durant 15 jours.

Les salariés de John Cockerill qui se trouvent actuellement en Chine, en Lombardie, en Vénétie ou en Corée du Sud sont par ailleurs invités à ne pas aller sur les marchés et à éviter les lieux très fréquentés. Ceux qui reviendraient d'une des régions les plus contaminées et qui présenteraient des symptômes suspects (toux, difficultés respiratoires, fièvre…) sont par ailleurs exhortés à consulter d'urgence un pneumologue à l’hôpital en précisant revenir du pays concerné. Jusqu'ici, aucun collaborateur n'a été atteint par la maladie, précise-t-on chez John Cockerill.

"Nous avons pu approvisionner rapidement nos collègues chinois en masques alors qu’il y avait une rupture de stock en Chine."
Caroline Crèvecoeur
Porte-parole de John Cockerill

Sur un plan général, John Cockerill a mis en place un dispositif de partage et d’anticipation, renforcé par des relais régionaux et encadré par une assistance professionnelle à ses voyageurs. "Grâce à ce circuit court, nous avons pu approvisionner rapidement nos collègues chinois en masques alors qu’il y avait une rupture de stock en Chine", précise Caroline Crèvecoeur.

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