Les entreprises voient une relance de leur activité au plus tôt d'ici 16 mois

95% des entreprises voient venir un accroissement des dépenses en ligne, mais seules 54% se disent prêtes à renforcer leurs capacités en e-commerce. ©Tim Dirven

Selon une enquête du bureau d'étude Kantar, la crise du covid-19 a poussé 76% des entreprises à modifier leurs activités pour suivre l'évolution du marché.

La crise du covid-19 a levé un vent d'incertitudes, tant chez les consommateurs que dans les entreprises. Pour étudier l'impact réel du coronavirus sur l'activité économique, le bureau d'études britannique Kantar a sondé 4.500 sociétés privées (dont 70 belges) dans 40 pays.

Sept d'entre elles sur 10 se disent impactées par la crise. Celle-ci a contribué à réduire leur activité de 34% en moyenne entre avril et juin et devrait l'abaisser de 25% au second semestre. Elles invoquent principalement la récession (86%), les difficultés financières (57%) et des problèmes de capacité, liés à la chaîne d'approvisionnement, à la production ou à la distribution (29%).

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Pour 7 entreprises sur 10, la crise du covid a contribué à réduire leur activité de 34% en moyenne entre avril et juin.

Les entreprises sondées ne se voient pas sorties tout de suite du marasme. Elles n'attendent pas un retour à la normale avant 16 à 18 mois en moyenne. Pour 20% d'entre elles, il faudra même attendre deux ans, et 7% des sociétés sondées craignent un creux de 3 ans ou plus.

Solutions de repli

Pour contrer cette crise, les entreprises privilégient les solutions de repli: gel des investissements, réduction du personnel. "Les entreprises belges ont un comportement plus prudent que la moyenne. Elles se focalisent davantage sur les règles d'hygiène (91% contre 79% en moyenne) et sont plus nombreuses à opérer des coupes dans les dépenses, avec 64% contre 50% pour la moyenne globale", précise Corinne Mostaert, partenaire chez Kantar.

"Avec la pandémie, les entreprises ont oublié le long terme et privilégient le court terme."
Maria Darmi
Directrice générale de Kantar Belgium

Paradoxalement, alors que deux tiers des sociétés sondées pensent qu'une adaptation stratégique à long terme est nécessaire, la majorité se concentre sur des changements organisationnels et structurels. "Avec la pandémie, les entreprises ont oublié le long terme et privilégient le court terme", résume Maria Darmi, directrice générale de Kantar Belgium.

L'exemple de la digitalisation est très parlant à cet égard. Nonante-cinq pour cent des entreprises estiment que les consommateurs dépenseront davantage en ligne, mais seuls 54% d'entre elles (et même 37% des entreprises belges) envisagent d'investir dans le développement de leurs capacités en e-commerce.

Pourtant, jamais une récession n'a été accompagnée d'un changement de modes de consommation d'une telle ampleur. Et 90% des entreprises sondées (86% des Belges) estiment que ces changements sont appelés à se prolonger dans le futur. "En général, les gens n'aiment pas le changement et ont tendance à revenir à ce qui était la norme. Mais, avec la crise actuelle, ils sont conditionnés à l'installation de nouvelles habitudes, comme l'e-commerce", dit Maria Darmi.

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