start-ups

Les étudiants entrepreneurs ont leur première structure d'investissement

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Créée par l’incubateur liégeois VentureLab et le réseau de business angels Be Angels, elle sera opérationnelle à la fin du mois. Les investisseurs bénéficieront du tax shelter pour start-ups.

Favoriser l’entrepreneuriat dès les bancs de la fac’, c’est l’objectif du VentureLab, le premier incubateur de start-ups accessibles aux étudiants et aux jeunes diplômés (depuis moins de deux ans) des universités et hautes écoles des provinces de Liège et du Luxembourg. Lancé fin 2014 au sein de HEC-ULg, il a permis l’accompagnement de 57 projets entrepreneuriaux dont une douzaine s’est transformée en entreprises l’an dernier. Cette année, deux ont déjà éclos.

Les projets sont variés: applications mobiles, biopharma, mode, musique, smart cities, alimentaire, etc. C’est dans le giron du VentureLab qu’est ainsi né Docteur Macaron, un fabricant de macarons créé par un étudiant en… médecine de l’ULg et référencé chez Delhaize.

Public-privé

Né à l’initiative du professeur Bernard Surlémont de HEC-ULg, le VentureLab dispose d’un budget de 600.000 euros, financé à hauteur de 60% par des fonds publics (Feder, Agence pour l’Entreprise et l’lnnovation…) et à 40% par du privé (BNP Paribas Fortis, Mithra, RTL…). De quoi lui permettre d’assumer ses frais de fonctionnement: espaces de co-working, formation, coaching…

Des personnalités du monde entrepreneurial comme l’éditeur Luc Pire, le fondateur de la marque de produits Bio Lima, Philippe Woitrin, le fondateur de la société de gestion des risques financiers Finalyse, Hubert Brogniez, le CEO d’Internet Attitude et cofondateur de Defimedia Olivier de Wasseige, etc., accompagnent ces jeunes pousses. Plus de 4.000 heures de coaching sont ainsi dispensées chaque année. Pour en bénéficier, les étudiants entrepreneurs doivent s’acquitter d’un montant de 100 à 200 euros par mois, remboursable une fois que leur société dégage des profits.

Cinq incubateurs

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Les débuts sont prometteurs. Quatre de ces jeunes starters, dont un âgé d’à peine 21 ans, ont d’ailleurs accompagné la semaine dernière en Allemagne le ministre wallon de l’Economie en charge du numérique Jean-Claude Marcourt. Une première. Sous la houlette du socialiste, une enveloppe de 5 millions d’euros sur cinq ans a d’ailleurs été dégagée pour développer le système dans cinq villes. Outre Liège, les villes de Mons, Charleroi, Namur et Louvain-la-Neuve auront elles aussi leur incubateur.

Mais il manque encore deux pierres à l’édifice. La première, c’est le statut de ces étudiants entrepreneurs. L’ULg a créé un statut "académique" pour ces businessman-woman. Comme les sportifs ou les artistes, ils peuvent par exemple bénéficier de facilités horaires (cours, examens...). Au niveau social, par contre, leur statut est encore précaire. Le ministre fédéral des PME, le MR Willy Borsus, planche actuellement sur la question.

La seconde, c’est le financement de ces jeunes. "Jusqu’à présent, nous les coachons, leur donnons accès aux sources de financement comme la Sowalfin, les fonds régionaux, etc., raconte Hubert Brogniez, coach au VentureLab. Mais ce genre d’outil n’est pas assez adapté aux petites structures auxquelles il ne manque parfois que quelques milliers d’euros pour pouvoir démarrer."

90.000€
La première structure d’investissement pour étudiants entrepreneurs devrait être dotée de 80 à 90.000 euros répartis entre quatre à cinq entreprises.

D’ici la fin février sera dès lors lancée la première structure d’investissement pour étudiants entrepreneurs: SIBA VentureLab (SIBA pour Structure d’Investissement de Business Angels). Elle est portée par VentureLab et Be Angels, le réseau de business angels belges francophones, spécialisé dans ce type de structure. 80 à 90.000 euros devraient être levés. Ceux-ci seront réinvestis dans 4 à 5 projets d’entreprises, parmi ceux qui sont issus de VentureLab et portés par lui. "L’avantage de ce genre de structure, c’est sa totale transparence en termes de financement, indique Joseph de Gheldere, managing director de Be Angels. Ce qui nous a séduits dans ce projet, c’est la qualité de l’équipe de coachs et les résultats spectaculaires du VentureLab."

Parmi les investisseurs, figurent des coachs de l’incubateur, des entrepreneurs de la région liégeoise… Ces investisseurs pourront bénéficier du nouveau Tax shelter pour start-ups offrant un abattement fiscal de 45%.

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