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Les familles Frère et Ricci cèdent leur place à Adecco dans Akka Technologies

Très présent dans l'aéronautique et l'automobile, le fournisseur français de conseils en ingénierie et en numérique aux entreprises industrielles a fortement été impacté par la crise sanitaire.

Le géant suisse de l'intérim Adecco débourse 2 milliards d'euros pour le fournisseur français de conseil en ingénierie Akka. Vendeuse, la CNP double sa mise en près d'un an.

Pour renforcer les fonds propres d'Akka Technologies et l'aider à accélérer sa sortie de crise, la Compagnie Nationale à Portefeuille (CNP) de la famille Frère injectait quelque 150 millions d'euros en octobre dernier dans le fournisseur français de conseils en ingénierie et en numérique aux entreprises industrielles, en sus de 50 millions remis au pot par la famille fondatrice Ricci. Après tout, la société, très présente dans l'aéronautique et l'automobile, a fortement été impactée par la crise sanitaire.

Mais cet épisode semble désormais révolu. En effet, le géant suisse de l'intérim Adecco va débourser 2 milliards d'euros pour s'offrir l'entreprise, apprenait-on ce mercredi, ce qui représente une prime d'environ 115% par rapport au cours de l'action de 22,82 euros vendredi passé.

115%
de prime
A 2 milliards d'euros, l'offre d'Adecco sur Akka représente une prime d'environ 115% par rapport au cours de l'action de 22,82 euros vendredi passé.

Objectif? Associer les activités de sa filiale Modis, spécialisée dans les métiers de l'ingénierie, à celles d'Akka en vue de créer un poids lourd - numéro deux mondial après Capgemini - dans l'industrie numérique, s'appuyant sur une équipe de 50.000 experts. Les deux sociétés seraient d'ailleurs particulièrement complémentaires géographiquement et sectoriellement, quand Adecco attend de la transaction plus de 200 millions d'euros de synergies de chiffres d'affaires et 65 millions de synergies de coûts, a-t-il fait savoir.

Akka, ce gros morceau

S'il s'agit de la plus grosse opération jamais réalisée en 25 ans d'histoire pour le géant suisse de l'intérim, c'est bien parce qu'Akka est un gros morceau - qui lui permettra d'ailleurs désormais de dépasser son rival hollandais Randstad en chiffre d'affaires.

Jugez plutôt: fondé en 1984, le fournisseur a réalisé un chiffre d'affaires d'1,5 milliard d'euros (-16,5% en un an) malgré la pandémie. Et ce, grâce à une équipe de plus de 20.000 collaborateurs de par le monde.

Parmi ses clients, Akka compte des géants à la Airbus, Safran ou encore Stellantis, du nom du constructeur automobile fusionné des voitures Peugeot, Chrysler et Fiat.

Son excédent brut d'exploitation (ebitda) tournait autour des 200 millions pré-Covid.

Dans le détail, le géant de l'intérim offre 49 euros par action en vue de l'acquisition des participations de la famille Ricci et de la CNP, qui contrôlent ensemble un peu moins de 60% d'Akka. Et lancera une offre publique d'achat sur le solde après la clôture de la première partie de l'opération, prévue pour le premier trimestre de 2022.

La CNP double sa mise

De quoi amener la CNP, aux 21,4% du capital, à se réjouir. Et pour cause, après aval des autorités compétentes, le véhicule de la famille Frère devrait tirer quelque 325 millions d'euros de la vente de la société, et ce, en près d'un an seulement. De quoi lui permettre d'augmenter un trésor de guerre, déjà bien fourni.

2,1
fois la mise
Après avoir investi 150 millions en octobre, la CNP devrait désormais tirer quelque 325 millions d'euros de la vente d'Akka. Et donc plus que doubler sa mise en près d'un an.

La CNP gère près de trois milliards d'euros d'actifs. On la retrouve aussi bien dans des sociétés non cotées telles que CLS dans l'exploitation de données satellitaires et Caffitaly dans les machines et capsules de café, que de sociétés cotées comme le deuxième groupe de télévision hexagonal M6 , dont son actionnaire majoritaire, RTL Group , a récemment acté la vente au premier acteur audiovisuel outre-Quiévrain qu'est TF1 (filiale de Bouygues ).

Du reste, force est de constater que le véhicule de la famille Frère semble avoir récemment initié une stratégie de diversification visant à renforcer son exposition à de nouveaux modèles d'affaires digitaux en forte croissance, tout en lui permettant de développer une certaine anticipation des grandes tendances et disruptions à venir. On notera ainsi sa participation annoncée cette semaine à un tour de table de 190 millions d'euros autour de la plateforme berlinoise de services bancaires clés en main Solarisbank, de même qu'en mai à une levée de fonds de 100 millions de livres du côté du chasseur de pépites londonien porté Stride, porté par le Belge Fred Destin.

Enfin, il convient d'évoquer après Akka une autre belle opération pour la CNP que sera l'introduction prochaine en bourse de la plateforme de vente en ligne de voitures d'occasion Cazoo dans le cadre de sa fusion avec la société américaine à acquisition (dite "Spac" dans le jargon) Ajax I. Pour preuve: quand la famille Frère est montée à bord en mars 2020, Cazoo valait moins de 1 milliard de dollars. Désormais, la société en vaut pas moins de 8,1.

Le résumé

  • Après avoir investi 150 millions en octobre dans Akka Technologies, la CNP devrait désormais en tirer quelque 325 millions d'euros suite à sa vente à Adecco.
  • Le géant suisse de l'intérim vise, en combinant l'activité à celle de sa filiale Modis, à créer un leader mondial dans l'industrie numérique.
  • Après clôture de l'opération portant sur les près de 60% détenus par les familles Frère et Ricci, il lancera une offre publique d'achat sur le solde.

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