Les grands employeurs n'ont plus peur du télétravail

Même si des plans de retour progressif au bureau ont commencé à être enclenchés au sortir du confinement, la règle reste le télétravail pour la plupart des grands employeurs. ©Getty Images

Le Comité de concertation pourrait instaurer le télétravail obligatoire ce vendredi soir. Les grands employeurs du pays se disent préparés à toute éventualité.

"Laissez-nous nous organiser." Voilà le discours tenu par Dominique Carlac'h, la vice-présidente du Medef, la fédération patronale française, au micro de BFM business ce vendredi matin alors que le gouvernement Castex étudie la possibilité de demander aux entreprises de fixer un nombre de jour minimal de télétravail.

"En mars nous avons mis presque tout le monde en télétravail du jour au lendemain et tout s'est très bien passé."
Anne-Sophie Hugé
Porte-parole d'Engie Belgique

Chez nous, la situation pourrait bien s'avérer similaire si le Comité de concertation, dont des annonces sont prévues ce vendredi soir, venait à réinstaurer le télétravail obligatoire pour les postes non-essentiels le permettant. Cependant, cette éventuelle décision ne semble susciter ni appréhension ni impatience dans le chef des grands employeurs du pays.

Mars et le confinement sont passés par là, en effet, et le télétravail fait désormais partie des habitudes dans beaucoup d'entreprises. "En mars nous avons mis presque tout le monde en télétravail du jour au lendemain et tout s'est très bien passé", rappelle à ce sujet Anne-Sophie Hugé, la porte-parole d'Engie en Belgique.

Le télétravail est resté la règle

Même si, dans certaines entreprises, des plans de retour progressif au bureau ont commencé à être enclenchés au sortir du confinement, la règle reste le télétravail pour la plupart des grands employeurs. "Tous les employés dont la fonction le permet travaillent à domicile depuis le mois de mars", indique Elisabeth Van Damme, la porte-parole de GSK (9.000 employés en Belgique). Même son de cloche chez Solvay (1.250) et Audi Brussels (3.000): les fonctions administratives s'y effectuent depuis la maison.

"En ce qui concerne les agences, nous serons en mode lockdown à partir de lundi et seuls les rendez-vous essentiels seront maintenus."
Hans Mariën
Porte-parole de BNP Paribas Fortis

Pour d'autres, un retour timide dans les bureaux commençait à être observé. L'énergéticien Engie (17.000) proposait, par exemple, depuis plusieurs semaines à ses travailleurs de revenir au bureau sur base volontaire, à raison de deux fois par semaine et à condition qu'une capacité maximale de 50% d'occupation ne soit pas dépassée. Des mesures similaires ont été prises chez Proximus (14.000 employés) ou à la Stib (1.140 au siège), comme le révèle le journal Le Soir dans un article consacré aux grands employeurs bruxellois.

Chez d'autres, dont les grandes banques, c'est la subdivision du capital humain en équipes se succédant au fil de la semaine qui a été préconisée. "En ce qui concerne les agences bruxelloises, nous serons en mode lockdown à partir de lundi et seuls les rendez-vous essentiels seront maintenus", précise Hans Mariën, le porte parole de BNP Paribas Fortis (11.200, dont 3.500 en agences).

Mais pour tous, quelles que soient les mesures mises en place depuis la fin du confinement, le télétravail n'est plus vu comme un frein à l'activité. Et la décision du Comité de concertation ne devrait pas avoir grande influence. "Nous nous adapterons, comme nous nous sommes adaptés en mars", résume Anne-Sophie Hugé.

Priorité aux fonctions essentielles

Les grands employeurs ne se limitent évidemment pas au secteur tertiaire. D'autres fonctions, industrielles, techniques ou liées à la production, ne peuvent tout simplement pas s'effectuer à distance.

Si le télétravail venait à être imposé à tous ce vendredi, il ne fait aucun doute qu'il ne concernera pas les fonctions dites "essentielles". Par là, il faut comprendre que les usines de production de Solvay, Audi ou ArcelorMittal, les centres de dispatching d'Elia, Engie ou Sibelga ou encore les laboratoires de GSK, UCB et Pfizer continueront d'accueillir leurs employés qualifiés. "Les employés dont la fonction exige qu'ils travaillent sur site sont déjà encadrés par des règles sanitaires très strictes. Je doute que leur situation changera après les annonces du Comité de concertation", pointe ici Elisabeth Van Damme de GSK.

"Les employés dont la fonction exige qu'ils travaillent sur site sont déjà encadrés par des règles sanitaires très strictes."
Elisabeth Van Damme
Porte-parole de GSK Belgique

En effet, pour les fonctions "sur site", les mesures prises lors du confinement du mois de mars et de l'imposition du télétravail sont, chez la plupart des grands employeurs, restées d'application. C'est ici bien sur la notion d'"essentiel" que pourront porter les éventuelles questions, mais d'Audi à Solvay en passant par ArcelorMittal, les usines et ateliers de production n'ont jamais arrêté de tourner et il est peu probable que cela change.

En ce qui concerne les postes "volants", comme les techniciens de maintenance d'Engie, Sibelga ou de Proximus, il s'agira certainement de prioriser les interventions, comme ce fut le cas en mars dernier. "Nos activités de production et d'intervention respectent déjà des plans de continuité mis en place dès le début de la crise. Par ailleurs, les accès à nos sites sont limités au personnel essentiel et les équipes se relayent sans jamais entrer en contact direct", détaille Anne-Sophie Hugé pour Engie.

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