Les institutions sans but lucratif créent 10.200 emplois par an

Le secteur de la santé humaine, qui reprend la majorité des hôpitaux, a créé 27.700 emplois nets sur la période 2009-2017. ©Photo News

Le secteur associatif belge crée relativement plus d'emplois que le reste de l'économie. Les hôpitaux et les maisons de repos s'y taillent la part du lion, selon une étude de la Fondation Roi Baudouin et de la BNB.

Le saviez-vous? Les institutions sans but lucratif (Isbl) créent plus d’emplois que le reste de l’économie en Belgique. Elles totalisent 497.400 salariés après avoir enregistré une progression moyenne de l’emploi de 2,3% sur la période 2009-2017 alors que, dans le même temps, les autres secteurs de l’économie voyaient leur contingent de salariés croître de 0,5% par an seulement. Les Isbl, qui sont actives dans des domaines aussi divers que les hôpitaux, les maisons de repos, les entreprises de travail adapté, les centres culturels, les unions professionnelles, les syndicats, les partis, les associations sportives ou les organisations d’aide aux plus démunis, ont créé 81.700 emplois nets sur la période, soit une progression de 19,7%. Cela représente 10.200 nouveaux postes par an. Avec pour conséquence que leur part dans l’emploi salarié total est passée de 11,1% à 12,6%.

497.400
emplois
Les Institutions sans but lucratif emploient 497.400 salariés, soit 12,6% de l'emploi salarié total en Belgique.

Deux secteurs se taillent la part du lion dans cette population, la santé humaine et l’action médico-sociale, en grande partie représentées par les hôpitaux et les maisons de repos, la première comptant 157.000 emplois, la seconde 194.000 salariés. À bonne distance, le secteur des services suit avec 62.700 emplois.

Ces chiffres proviennent d’une nouvelle étude publiée par la Fondation Roi Baudouin et la Banque nationale (BNB) et consacrée au poids économique du secteur associatif dans notre pays. Ils n’ont pris en compte que les Isbl employant des travailleurs salariés et/ou déposant des comptes annuels. Leur analyse ne reprend ni les associations dépendant des services publics, ni les indépendants, ni les bénévoles. Il n’empêche que la grande majorité des hôpitaux du secteur privé (constitués en asbl, etc.) et 60% des maisons de repos s’y retrouvent, ce qui lui confère une représentativité certaine.

Soins de santé et médico-social en pointe

Avec une valeur ajoutée égale à 21,6 milliards d’euros ou 4,9% du produit intérieur brut (PIB), les Isbl contribuent à la création de richesse dans l’économie belge. Leur valeur ajoutée a également progressé plus rapidement que les autres secteurs jusqu’en 2014 – depuis, le secteur privé a connu une belle conjoncture, qui lui a permis d’équilibrer les comparaisons. Comme pour l’emploi, au sein de leur groupe, les soins de santé et le médico-social génèrent le plus de valeur ajoutée.

La valeur ajoutée du secteur associatif est égale à 21,6 milliards d’euros ou 4,9% du produit intérieur brut (PIB) de la Belgique.

Secteur à forte intensité de main-d’œuvre, les Isbl investissent relativement peu, à peine 3,3 milliards d’euros en 2017, soit 3,2% du total des investissements réalisés en Belgique. Et une large frange de leurs emplois sont à temps partiel et donnent droit à des des salaires moins élevés: raison pour laquelle ils ne représentent que 9,8% du total des rémunérations des salariés en Belgique.

Si les hôpitaux et les maisons de repos ont tant contribué à la valeur ajoutée et à l’emploi sur la dernière décennie, c’est en partie dû au vieillissement de la population, qui a accru le besoin de services de soins et d’accueil. Une tendance qui n’est pas près de s’inverser.

Le Covid-19 plaide pour un renforcement

Ces deux sous-secteurs sont à la pointe de l'actualité depuis le déclenchement de la crise du Covid-19. Si l'étude les met à l'honneur en relevant leur importance, elle ne permet pas d'actualiser les données à leur sujet au contact de la pandémie. "L'impact de la crise reste difficile à évaluer à l’heure actuelle, car toute une série d’Isbl ont dû fermer durant le confinement et que les branches de la santé et de l’aide aux personnes ont dû se concentrer sur la lutte contre le virus au détriment d’autres soins moins prioritaires", souligne Odile Biernaux, chef de la division, département Statistiques à la BNB. "À plus long terme, poursuit-elle, l’expérience de la crise pourrait conduire à une réévaluation de la place des soins aux personnes, de la santé et de l’action sociale". Ce qui se traduirait par un renforcement de la part du secteur associatif tout entier dans l’économie. "Mais ce ne sont que des hypothèses", nuance-t-elle.

"On ne peut pas imaginer qu’il y ait moins d’intérêt pour ces métiers-là après la crise."
Sophie Van Malleghem
Coordinatrice de projet à la Fondation Roi Baudouin

"On ne peut pas imaginer qu’il y ait moins d’intérêt pour ces métiers-là après la crise", commente de son côté Sophie Van Malleghem, coordinatrice de projet à la Fondation Roi Baudouin. Selon elle, le virus laissera aussi des traces sur les modes d’organisation des Isbl à l'avenir: "On sent un nouveau besoin de mise en réseau, de structuration de projets et de renforcement des capacités." Cela passera vraisemblablement par une accélération de la digitalisation du secteur associatif, des échanges de bonnes pratiques et, last but not least, des besoins de financement accrus.

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