Les Lippens déboursent près de 25 millions pour se diversifier

Finasucre investit dans la société Milkadamia, qui transforme la noix de macadamia en lait, huiles et crèmes de beauté. ©Milkadamia

Le holding familial vient d'investir dans une société active dans la nourriture infantile et dans deux autres actives dans la transformation de la noix de macadamia.

Finasucre poursuit dans sa volonté de croissance du côté du private equity. Le holding de la famille Lippens vient de signer trois opérations de taille, a-t-on appris, pour un montant total de près de 25 millions d'euros.

Il s'agit de prises de participation minoritaires, comme à chaque fois d'ailleurs pour cette branche d'activité du groupe. La première, d'un montant de 19,6 millions d'euros, va à la société française Global Baby, active dans la conception, la production et la commercialisation de produits et solutions nutritionnelles et alimentaires à destination des nourrissons, des enfants et des adultes. Les deux autres investissements, d'un total de 4,4 millions d'euros, vont aux sociétés américaines Milkadamia et Jindilli, produisant toutes deux des produits dérivés de la noix de macadamia (lait, huiles et crèmes de beauté).

Ces investissements arrivent un an après les dix millions injectés dans la société française productrice d'ingrédients premium, naturels et de haute qualité pour l'aquaculture et la nutrition animale Ynsect, suivis six mois plus tard de quelque 30 millions de dollars dans le fonds d'investissement JAB Consumer Fund (spécialisé dans l'agroalimentaire) de la discrète dynastie allemande des Reimann.

64
millions €
Depuis 2019, le holding de la famille Lippens a réinvesti 64 millions des 332 tirés de la vente du leader de l'extraction végétale Naturex.

L'ex-patron Olivier Lippens (qui a entre-temps été remplacé par son fils Jérôme) avait prévenu l'an dernier: "Le produit de la vente de Naturex (soit 332 millions d'euros, pour une plus-value de 152 millions, NDRL) va servir à nous diversifier davantage. D'autres investissements du type d'Ynsect suivront, mais toujours dans des entreprises liées à l'alimentation." C'est aujourd'hui chose faite.

Goût amer dans le sucre

Finasucre

  • Actifs nets de 539 millions d'euros.
  • Principalement actif dans le sucre et l'acide lactique.
  • 11.700 ha de canne à sucre en RDC et 14.700 ha de terres arables en Australie.
  • 2.320 employés permanents. Plus 2.100 en phase de production.
  • Chiffre d'affaires consolidé de 327 millions d'euros.
  • Aux mains Paul et Oliver Lippens.
  • Parmi les actionnaires des Galeries Saint-Hubert et de la Compagnie du Zoute.

Pour l'entreprise, il s'agit-là de pouvoir goûter un peu de fraîcheur, alors que le reste de l'activité a plutôt terminé l'année, en mars dernier, sur une note amère. Car au menu, c'est une perte d'un peu plus de 31 millions d'euros qui fut enregistrée sur la période, contre un bénéfice de plus de 104 millions un an auparavant – conséquence de la vente du leader de l'extraction végétale Naturex. Le chiffre d'affaires consolidé est en légère baisse, à 327 millions.

Une contreperformance qui s'explique notamment par la faiblesse du prix du sucre ces dernières années, principale activité du holding de la famille Lippens. Le groupe exploite une concession de quelque 11.700 hectares de culture de canne à sucre en République démocratique du Congo (RDC) et possède quelque 14.700 hectares de terres arables en Australie, ainsi que 4.900 hectares de terres à potentiel de développement.

Il dispose par ailleurs d'usines en Belgique, aux Pays-Bas, en RDC, en Australie, en Chine et aux États-Unis, et emploie de manière permanente 2.320 personnes dans le monde, auxquelles on ajoutera 2.100 employés ponctuels pendant la phase de production.

Renforcement en Australie

Finasucre a renforcé sa position dans le courant du mois de mars en acquérant, pour 59,2 millions de dollars, une propriété en Australie dotée de trois vergers (645 hectares) ainsi qu'une usine située en Nouvelle-Galles-du-Sud. Et ce, en raison de la "croissance attendue des productions australienne et mondiale", évoque le groupe.

La crise du coronavirus ne devrait pas être sans effet à l'avenir. À ce stade, le groupe fait déjà état de retards pris dans la construction de deux usines. La demande aussi a accusé le coup, signale le groupe , bien qu'un effet de rattrapage se fasse constater.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés