Les petites entreprises face au casse-tête du télétravail

Le télétravail ne peut souvent pas être implémenté de façon optimale. ©Shutterstock

PME et TPE ne sont pas toutes armées pour instaurer le télétravail. Pour certains employés, la situation devient inconfortable. Une double problématique qui va en s'aggravant.

Alors que le spectre du port du masque obligatoire en entreprise plane, de nombreuses PME et TPE doivent, en attendant, jongler entre les consignes du Conseil national de sécurité, leur organisation interne et les craintes et désirs de leurs employés.

Et si le télétravail reste fortement recommandé, tant par le gouvernement que par les fédérations professionnelles, la réalité des affaires est telle qu'il ne peut souvent pas être implémenté de façon optimale. Les petites structures sont en effet moins bien équipées pour le travail à domicile et leur organisation repose plus fortement sur les interactions sociales que dans les grands groupes.

Technologie

Afin d'y voir plus clair quant à la manière dont le télétravail est organisé dans ces petites structures, nous avons lancé un appel à témoignages. Si, sur cette base, il nous est impossible d'extraire un pourcentage d'entreprises respectant les consignes du Conseil national de sécurité, il nous est tout de même possible d'observer une tendance quant aux raisons poussant les employeurs à forcer leurs équipes à être présentes physiquement sur leur lieu de travail.

Les petites structures ne disposent pas, pour la plupart, de l'architecture IT nécessaire à un télétravail optimal.

Ce qui ressort immédiatement, c'est que les petites structures ne disposent pas, pour la plupart, de l'architecture IT nécessaire à un télétravail optimal. Bien souvent, et c'est particulièrement le cas pour les métiers moins technologiques, l'organisation de la structure n'est pas pensée pour une gestion à distance. Ici, papiers, réunions physiques et photocopieuses sont au centre de l'activité et un passage au tout virtuel est trop délicat à implémenter. Un problème technologique, donc, auquel s'ajoutent des inquiétudes liées à la cybersécurité.

Pression managériale

Le deuxième point, et le plus saillant, ressortant des témoignages est la pression managériale. Ici, nos répondants rejoignent les conclusions d'une étude menée auprès de 30.000 personnes par l'Université d'Anvers, en collaboration avec l'UHasselt, la KU Leuven et l'Université libre de Bruxelles (ULB). Celle-ci démontre l'abandon progressif du télétravail par de nombreuses entreprises depuis le mois de mai et attribue ce recul en partie par "une pression du management et des cadres supérieurs qui ne cesse d'augmenter".

Ce sont les employés, souvent perdus entre les recommandations nationales et les consignes de bureau, qui estiment s'exposer au plus grand risque.

Parmi ces petites structures qui s'opposent au télétravail, nombreuses sont celles dont les employeurs ne s'estiment pas prêts technologiquement ou, tout simplement, considèrent la pratique comme incompatible avec leur organisation. En attendant, ce sont les employés, souvent perdus entre les recommandations nationales et les consignes de bureau, qui estiment s'exposer au plus grand risque.

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