Les portes ont claqué à la Compagnie du Bois Sauvage

©debby termonia

François Blondel, le président du comité d'audit de la Compagnie du Bois Sauvage a démissionné à deux mois de l'échéance de son mandat. Que s'est-il passé au sein du holding? La FSMA semble se poser la même question.

Un président de comité d’audit qui claque la porte à deux mois de l’échéance de son mandat, avec effet immédiat, c’est plutôt rare. Et gênant. C’est précisément ce qui vient d’arriver au sein du holding Bois Sauvage. Et l’annonce de cette démission de François Blondel (photo), publiée en même temps que les résultats, est sèche comme un jour sans pain. Et sans eau. Le tout, sans la moindre ligne de remerciement, ce qui n’est pas courant. Que s’est-il passé derrière les murs feutrés du holding?

Conflit d'intérêt? 

Cette question, d’autres se la sont posée avant nous. Comme la FSMA, par exemple. Le gendarme des marchés a trouvé la chose tellement inhabituelle qu’il est allé à la pêche aux informations. Ce qui est remonté à la surface n’a pas rassuré le régulateur.

A priori, le holding aurait de plus en plus de mal à appliquer ses principes de bonne gouvernance. Le conflit d’intérêts ne serait pas loin. C’est particulièrement le cas avec la société Galactic, le deuxième producteur mondial d’acide lactique. Cette société est dirigée par Frédéric Van Gansberghe. Jusque-là, tout va bien. Où le bât commence à blesser, c’est lorsqu’on apprend que ce même Frédéric Van Gansberghe est également président du conseil d’administration de Bois Sauvage. Et que le holding détient 11,25% de Galactic. "Il n’est pas normal que l’administrateur-délégué d’une entreprise dans laquelle un holding a une participation soit également président de ce holding. En terme de gouvernance, il faudra qu’on me dise comment c’est possible", nous a expliqué un proche du dossier.

Manifestement, la FSMA n’a pas dit son dernier mot dans ce dossier. A priori, les principaux dirigeants du holding vont devoir se rendre prochainement chez le régulateur afin de l’éclairer sur ces questions de bonne gouvernance. Il n’est pas question d’une procédure visant à déboucher sur une sanction, mais bien d’une tentative de rectifier le tir en fonction de ce qui sera exposé à la FSMA.

Du côté de Bois Sauvage, on s’en doute, la version de l’histoire qui précède diverge un peu. Euphémisme. "Le mandat de François Blondel arrivait à échéance lors de la prochaine assemblée du mois d’avril. Il était certain qu’il serait reconduit comme administrateur, mais la société a réduit la voilure", nous a expliqué Frédéric Van Gansberghe, le président de Bois Sauvage. A priori, le holding cherche des nouveaux profils d’administrateurs indépendants, plutôt tournés vers la distribution (Neuhaus) ou vers l’industrie (Recticel). "Nous avons communiqué avant-hier à Monsieur Blondel que son mandat ne serait pas reconduit. Il l’a mal pris."

Pour le président du holding, il n’est pas question de conflit d’intérêts. "Au cours des 16 ans de vie commune (entre Bois Sauvage et Galactic), il n’y a jamais eu de conflit d’intérêts. Et si tel est le cas, il y a une procédure qui prévoit que les administrateurs indépendants participent au vote. Et pas moi", assure Frédéric Van Gansberghe. Et la FSMA? "Nous les informons régulièrement de la vie de notre entreprise. Mais ici, il s’agit d’un non-événement, d’un fait mineur dans la vie d’une entreprise."

Circulez, il n’y a rien à voir! L’avenir nous le dira.

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