Les salaires des CEO du Bel 20 ont reculé de 5%

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Les dirigeants des entreprises cotées sur Euronext Brussels sont toujours très bien payés, mais ils ont gagné un peu moins l’an dernier qu’en 2016, selon l’étude annuelle de la Vlerick Business School. Sauf les CEO des moyennes capitalisations. Au plan européen, les patrons belges ont touché moins que la plupart des pays de comparaison, mais cela tient surtout à la taille des entreprises.

Les CEO des grandes sociétés belges cotées en Bourse ont gagné moins l’an dernier qu’en 2016. Ils ont touché 1,975 million d’euros selon le montant médian calculé par l’Executive Remuneration Research Center de la Vlerick Business School, contre 2,08 millions un an plus tôt. Le recul est de 125.000 euros ou 5%. Précisons que ces montants combinent rémunération fixe et rémunération variable (stock-options, primes cibles…).

1,975
million d’euros
C'est ce qu'on gagné les CEO des grandes sociétés belges cotées en 2017. C'est 5% de moins qu'en 2016.


Le bilan est toutefois différent pour les dirigeants des moyennes capitalisations (indice Bel Mid) : ceux-ci ont reçu 865.000 euros (médiane toujours) contre 690.000 euros un an plus tôt. "Cela ne veut pas dire que tous les CEO des entreprises moyennes cotées ont perçu une augmentation significative", nuance le professeur Xavier Baeten, l’initiateur de cette étude annuelle. "Sur les 29 sociétés du Bel Mid pour lesquelles nous disposons de données pour 2016, douze ont affiché une rémunération plus faible ou stable. D’un autre côté, les CEO de 14 d’entre elles ont bien vu leur rémunération augmenter de plus de 10%. Il s’agit souvent dans ce cas d’entreprises qui n’avaient pas octroyé de rémunération liée aux actions en 2016 mais qui l’ont fait en 2017."

Les patrons des petites capitalisations (Bel Small) ont quant à eux touché également un peu moins l’an dernier: leur montant médian s’élève à 525.000 euros contre 560.000 un an plus tôt.

Les CEO allemands les plus gâtés

Au plan européen, les CEO belges semblent moins bien payés que la plupart des autres. L’étude de la Vlerick a passé en revue les pratiques " salariales " dans sept pays : Belgique, France, Pays-Bas, Allemagne, Royaume-Uni, Suède et Suisse. Il en ressort que les plus gâtés sont les CEO des sociétés cotées allemandes, avec un montant médian de 6,2 millions d’euros, devant les Français (4,44 millions) et les Britanniques (3,83 millions). Les Belges se classent sixièmes (1,975 million) et ne précèdent que les " malheureux " Suédois (1,74 million).

6,2
millions d’euros
C'est, en millions d'euros, le montant médian touché par les CEO des sociétés cotées allemands en 2017.


Il serait cependant erroné d’en déduire que nos dirigeants sont avec leurs homologues suédois les plus mal lotis d’Europe de l’Ouest, tempèrent les enquêteurs. Pourquoi ? Parce que la taille des entreprises influence fortement le niveau de rémunération des CEO et que, comme chacun sait, les grandes multinationales ne sont pas très nombreuses en Belgique comparativement à ses grands voisins. L’équipe de la Vlerick a calculé que chaque augmentation de 1% de la capitalisation boursière s’accompagne d’une hausse de 0,43% de la rémunération du CEO ! Du coup, si l’on module l’analyse statistique en fonction de ce constat, "seuls les CEO d’entreprises allemandes et britanniques gagnent nettement plus que les CEO d’entreprises belges cotées avec une différence de respectivement 35 et 29%".

CEO étranger avec actionnariat fragmenté : le bon plan

Les principaux autres critères qui interviennent dans le niveau de rémunération sont la nationalité du CEO (s’il est étranger au pays du siège et de la cotation, il gagnera souvent davantage) et le taux de fragmentation de l’actionnariat: au plus celui-ci est dispersé, au mieux le CEO sera payé. Les enquêteurs l’expliquent par le fait qu’il n’y a pas, en ce cas, d’actionnaire de contrôle prêt à surveiller attentivement les salaires des cadres supérieurs.

L’étude s’attache aussi à évaluer les critères appliqués par chacune des 844 entreprises analysées pour octroyer des primes à leurs cadres supérieurs. Ce sont les résultats financiers qui l’emportent ici, tous pays confondus, alors que les critères sociaux et environnementaux sont plutôt dédaignés. Ainsi, 87% des entreprises recourent-elles à des critères de rentabilité et 36% à des éléments stratégiques pour fixer les primes à court terme, tandis que seules 3% d’entre elles utilisent des mesures liées à l’environnement.
On retrouve les mêmes proportions pour les primes à long terme: 65% des sociétés les octroient sur la base de critères de rentabilité et 1% sur la base d’éléments environnementaux.
Si l’on abaisse l’analyse au niveau des pays, les Britanniques s’en tirent mieux que les autres: 61% de leurs entreprises cotées intègrent des critères liés aux travailleurs, à l’environnement, à leurs clients ou à la durabilité (développement durable), contre 41% pour les sociétés néerlandaises et 32% pour les belges. Les allemandes ferment la marche avec à peine 12%.
"Il est clair que les incitations des cadres supérieurs sont toujours fortement basées sur les résultats à court terme", déplore Xavier Baeten. L’enquête rappelle à ce propos que "la directive sur les droits des actionnaires a entre autres pour but d’encourager les entreprises à se concentrer sur la création de valeur à long terme et à intégrer des critères de durabilité". On n’y est pas encore…

©Mediafin


 

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