Les start-ups belges craignent l'asphyxie financière

La start-up Compliment, lancée par Victor Boels (à gauche) et William Detry et active dans les cures de compléments alimentaires, a levé 700.000 euros au début du mois. Toutes n'ont pas cette chance.

La pandémie du Covid-19 affecte les start-ups et les scale-ups belges. Elles sont nombreuses à anticiper un manque de liquidité dès septembre. Pourtant, peu d'entre-elles songent à réduire leur effectif.

Le gouvernement britannique a annoncé, ce lundi, dégager une enveloppe de 1,25 milliard de livres pour soutenir ses start-ups "innovantes" qui peinent à trouver des financements pendant cette pandémie de Covid-19. Le gouvernement belge devrait-il suivre cet exemple et prendre des mesures spécifiques au segment des start-ups? 

Selon une enquête menée au cours de ces 4 dernières semaines auprès de 194 start-ups belges, quatre acteurs belges sur cinq anticipent des difficultés financières. La moitié d'entre eux entrevoit un manque de liquidité en septembre. 

Début du mois, SupportOurStartups.be, une initiative soutenue par 980 start-ups et scale-ups, avait déjà appelé à un soutien financier sous forme de garanties d'État. 

La situation en chiffres

"Être en manque de liquidités est une disposition naturelle pour une start-up et une scale-up, mais une telle chute peut faire reculer notre écosystème de 5 à 10 ans", lit-on dans un communiqué de Support Our Start-Up.

L'association étaie ses propos: 

> Plus de 78% des start-ups font face à des pertes de revenus depuis mars. Elles sont même près de 24% à constater un recul des revenus de 75%. Sur l'ensemble de l'exercice 2020, 22% des sondés anticipent une perte de 50 à 75% de leurs revenus.  

> Plus de 75% des start-ups et scale-ups qui ont lancé une levée de fonds pendant la pandémie Covid-19 parlent d'un effet négatif.

La moitié des start-ups belges seront à court d'argent d'ici septembre, ce qui les oblige à cesser leurs activités.

"Avant le Covid-19, le manque d'argent se faisait sentir sur une période de plus de 24 mois pour 13% des sondés; sur 18 à 24 mois pour 9,8%; sur 12 à 18 mois pour 29,9%; sur 6 à 12 mois de 31,5%." 

Licencier n'est pas privilégié

Et pourtant, les entreprises interrogées affirment dans près de 75% des cas n'avoir aucune intention de supprimer du personnel. L'environnement des start-ups et scale-ups est un grand fournisseur d'emplois. De plus les acteurs sont conscients que la guerre des talents qui sévit dans leur secteur.

Ils sont toutefois près de 5% à affirmer qu'une réduction de l'effectif de 50% ou plus sera nécessaire.

Ne pas licencier ne veut pas dire qu'il n'y aura aucun impact social. Plus de 60% des acteurs interrogés n'excluent pas des réductions salariales. Ils sont près de 17% à envisager une baisse des salaires de plus de 50%.

L'appel

Face à un tel constat, SupportOurStartups.be appelle à trois mesures supplémentaires:

"Je pense que les garanties de liquidité à court terme, telles que demandées au gouvernement, sont raisonnables et aideront les start-ups à surmonter la tempête. Ils ont besoin d'un relais vers l'après-crise, pas d'un plan de sauvetage."
Olivier de Duve
Inventures Investment Partners

• Pour les acteurs jugés viables, un système de garantie d'État permettant aux start-ups d'obtenir 75% de leurs prêts relais de 6 à 12 mois via un prêt bancaire à moyen terme (garanti à 90%).

• Un système d'investissement public-privé pour les start-ups plus importantes.

• Un système étendu de Tax Shelter pour rendre l'investissement privé dans les start-ups plus attractif, en combinant une réduction d'impôt accrue de 60% sur les investissements et des montants limités aussi revus à la hausse (500.000 euros).

"Je pense que les garanties de liquidité à court terme, telles que demandées au gouvernement, sont raisonnables et aideront la start-ups à surmonter la tempête. Ils ont besoin d'un relais vers l'après-crise, pas d'un plan de sauvetage", indique Olivier de Duve, d'Inventures Investment Partners. 

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